Tunisie : les entreprises accusent du retard dans le commerce électronique



APA, Tunis Le marché du commerce en ligne est encore peu développé en Tunisie, mais il gagne lentement en importance, selon des observations concordantes d’experts et d’économistes.

Dans le domaine du commerce électronique, la Tunisie est à la traîne et tarde à utiliser les outils de marketing ou d’achat de biens et de services en ligne.


Les données disponibles confirment que de nombreuses entreprises tunisiennes considérent le commerce électronique comme la forme de commerce la plus efficace et celle qui connaît la croissance la plus rapide.

Toutefois, les firmes tunisiennes avancent avec précaution car elles appréhendent les problèmes culturels et technologiques, les activités en ligne s’étant révélées impopulaires auprès des sociétés de vente au détail.

Seul un petit nombre d’entre elles envisagent de faire leur entrée sur ce marché, bien que l’aventure se soit avérée payante pour celles qui s’y sont lancées plus tôt.

Les économistes pensent que la Tunisie dispose d’un bon potentiel de croissance dans les technologies de l’information et dans le secteur du commerce électronique, à condition toutefois que les infrastructures et les fondements adéquats soient en place.

Magasin Général, un géant du commerce de détail, et la Poste Tunisienne, deux entreprises publiques, ont toutes deux pris le risque de mettre en place un service d’achat en ligne.

"Pour l’instant, nous ne souffrons d’aucune concurrence sur ce marché, et nous nous portons très bien", nous a déclaré un représentant de Magasin Général.

"Nous voyons arriver entre huit et douze commandes par jour et nous avons enregistré une croissance raisonnable de la demande depuis que nous avons lancé cette activité, il y a deux ans", a-t-il ajouté.

L’un des problèmes auquel se trouve confronté le commerce en ligne est que le shopping est une partie importante de la vie familiale en Tunisie.

"Les gens envisagent le shopping comme un passe-temps en Tunisie", a déclaré le gérant d’une entreprise d’habillement. "Si nous disposions d’un site web en ligne, nous leur enlèverions une grande partie de leur plaisir d’achat", fait-il remarquer.

Un responsable d’une société de services électroniques bien connue estime que cinq raisons majeures empêchent le commerce en ligne de prendre son envol en Tunisie.

La première est que les banques n’ont pas développé un système en ligne efficace, ce qui ne permet pas aux entreprises de vérifier rapidement le crédit d’un acheteur en ligne avant d’autoriser une transaction.

La deuxième est le nombre relativement faible de personnes en ligne. Le pourcentage en Tunisie est très faible par rapport aux normes occidentales. Cependant, le nombre d’utilisateurs augmente sans cesse.

La sécurité de l’Internet est la troisième raison. Faysal Habib, spécialiste du commerce en ligne à Tunis, affirme que le réseau actuel n’est pas très sûr et peut facilement être piraté. Le vol d’identité et le piratage sont des préoccupations réelles.

Le quatrième obstacle est le fait que les entreprises elles-mêmes ne sont pas intéressées par le commerce électronique. "J’ai demandé à un client s’il souhaitait faire de la publicité en ligne, il a répondu que l’Internet ne l’intéressait pas", rapporte un représentant en publicité.

"Les chefs d’entreprises sont plus intéressés par des formes de publicité plus traditionnelles", ajoute-t-il.

La cinquième et dernière raison est que le développement et la maintenance d’une entreprise en ligne sont difficiles et onéreux pour la majorité des petites et moyennes entreprises.

"Les sociétés ne sont pas disposées à dépenser des centaines de milliers de dinars chaque année uniquement pour actualiser et mettre à jour leurs logiciels et leurs sites web", affirme le directeur d’une société de services électroniques.

Mais les choses pourraient bien changer. "Si la tendance continue à montrer des signes positifs et si les Tunisiens surmontent leurs obstacles et tirent parti d’une législation favorable, il n’y a aucune raison pour que les entreprises en Tunisie ne puissent pas se lancer dans le commerce en ligne", affirme M. Faysal Habib.


Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 9897

Incognitard  (incognitard@gmail.com)  |Lundi 05 Février 2007 à 11h 01m |           
A mon avis, l'un des facteurs majeurs qui influe sur la marginalisation du commerce électronique est le manque d'ouverture sur le marché
internationnal et donc une barrière douanière extrêmement restrictive pour le moindre produit (culturel, électronique) sous prétexte "infondé" que
ça puisse toucher la sureté nationale, on aurait pu bénéficier de l'expérience en la matière de l'occident et de l'asie là où le commerce
électronique fait des ravages.
Un manque d'ouverture et un sentiment d'isolement induit forcément une réticence sociale.

La tunisie dispose d'un potentiel énorme en matière d'artisanat qu'elle aurait pu exploiter à travers la vitrine du commerce électronique et
l'ironi edu sort fait que le maroc a pris conscience de cet atout et s'est mis à la page.

Bref, tout est une question de volonté et liberté !

Mohamed  (Mohamed.lassoued@gmail.co)  |Lundi 05 Février 2007 à 08h 54m |           
Bonjour,
votre article est assez intérresent mais il contient des informations qui ne sont pas assez correctes: par exemple 1) le système de paiement : il y
en a deux (sps et edinar) qui sont assez intérresent; 2)la sécurité de ce paiement en ligne en Tunisie est assez élévé que se soit pour le edinar ou
le SPS.
Cependant il ya d'autre facteurs à citer ...