Gouvernance et investissement en Afrique : 40 ans après



L’ancien président tanzanien, M. Benjamin Mkapa, était à Tunis les 11 et 12 décembre pour faire une communication sur « Gouvernance et investissement en Afrique : 40 ans après » dans le cadre de la série des conférenciers éminents du Groupe de la Banque africaine de développement. S’adressant à un parterre de hauts fonctionnaires et de cadres du Groupe de la Banque, il a indiqué que «les pays africains bénéficiaient aujourd’hui d’un contexte favorable à la croissance et à des transformations en profondeur, grâce à la convergence de facteurs politiques et économiques internes et externes au continent», ajoutant que « cette croissance et ce développement exigent des investissements ».

L’ancien chef d’Etat a partagé, en toute liberté, ses expériences en tant qu’ancien journaliste, diplomate, homme politique et homme d’Etat, soulignant que pour combattre la pauvreté avec succès, les investissements doivent viser trois secteurs clés : l’infrastructure, les petites et moyennes entreprises et l’agriculture. Il a insisté sur l’appropriation des programmes de développement par les pays : « Il n’existe pas de stratégie absolue en matière de réforme», a-t-il expliqué, « et nous devons veiller à ce que cette conditionnalité ne devienne pas un nouvel obstacle aux investissements ». Par ailleurs, il a mis l’accent sur le fait que la communauté internationale et les partenaires au développement en particulier « ont accepté le droit des pays engagés dans les réformes à s’approprier leur processus de réforme économique et de développement ».




Il a invité les Africains à jouer un rôle d’avant-garde dans la création d’un environnement favorable aux affaires s’ils veulent que la pauvreté soient endiguée du contient. « Selon la plupart des indices économiques et du développement humain, l’Afrique est le continent le plus pauvre du monde et son économie est, au mieux, stagnante. Mais elle pourrait être le continent le plus riche en termes de ressources naturelles et de potentiel humain. Les pays africains sont confrontés à un défi majeur : celui d’organiser leur patrimoine commun et leur volonté politique afin de transformer ce potentiel pour produire des biens et services pour leur peuple et pour l’humanité en général. Atteindre cet objectif nécessite beaucoup d’investissements et un partenariat stratégique entre les gouvernements africains, leurs citoyens, leurs secteurs privés et la communauté internationale. L’Afrique doit jouer un rôle d’avant-garde dans la création d’un environnement propice. La vitesse de la mondialisation nous informe que le temps n’est pas de son côte, mais elle peut toujours saisir l’occasion » a-t-il déclaré.



Dans un exposé ponctué d’humour, de rappels historiques, de proverbes et d’adages africains, cet homme d’Etat de premier plan a conclu que : « l’heure du changement a sonné… Rester immobile est inacceptable. Il ne suffit pas de faire quelque chose. Faire tout ce que nous pouvons n’est pas qu’une exigence, mais une obligation. Il est temps d’agir ».
Source: BAD

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