Le chanteur libanais Ragheb Alama a enflammé les gradins de l'amphithéâtre romain de Carthage, ce dimanche 22 juillet 2001.Devant un public très nombreux ( étaient-ils 10000 ou 12000?), le chanteur grand public a repris presque tous ses clips à succès, des pseudo-romances tournant vite aux rythmes endiablés et dansants. Comme nombre d'autres stars pour qui le succès doit être plus spectaculaire qu'artistique, plus à cheval sur les principes du marché que ceux de la musique pure, il a tout investi dans la chanson de charme en y réussissant d'une façon exemplaire. Ragheb Alama se conduit sur scène en véritable crooner, qui sait mobiliser les arguments de la séduction propres à assurer l'adhésion inconditionnelle du public: danse, conversation plaisante avec le public, salutations répétées à gauche et à droite et brassées de jasmin jetées aux spectateurs, dont une majorité est constituée de la gent féminine. Ce dimanche, il a même su improviser le numéro imprévu qui allait être le clou de la soirée quand, se pliant à la volonté d'une jeune fan, il l'invita sur scène et la laissa chanter avec lui "Ghannayt".
Toutes les chansons de Ragheb Alama sont des complaintes amoureuses altérées par une manière de chanter et de rythmer tout à fait en contradiction avec les thèmes élégiaques ou dramatiques. Qu'importe si on sautille de bonheur, sous la bannière de la chanson chababia, tout en disant sa flamme et ses nuits blanches à la bien-aimée?
Sur le fond, pourtant, Ragheb Alama possède une voix peu banale et bénéficie d'un timbre assez porteur. Ce n'est pas une voix à grande performance, certes, ni à grande technique, mais elle contient les résonances et les moduations naturelles qui la prédestinent à chanter les romances et les mélodies lyriques.
Il est donc dommage que ces atouts essentiels soient si allégrement escamotés pour faire place au vacarme racoleur qui convient parfaitement bien à un "certain" public de Carthage.
On aura déploré particulièrement le début sur un extrait de "Gana al Hawa" de Abdelhalim, joué par l'orchestre de Ragheb Alama et, disons-le, "massacré" par une distribution qui aurait révolté plus d'un puriste amoureux du rossignol inégalé. L'interprétation de " Maououd", vers la fin du spectacle confirmera que l'ascendant de ce dernier est pour l'éternité, complexe dont aucun jeune dindon des clips actuels ne pourra guérir. Mais qu'est-ce qui a pris Ragheb Alama de chanter "Maououd"? Car ce fut encore une fois un vrai massacre d'adaptations gratuites et de dissonances qu'aurait évitées un débutant.
En un mot, ce gala fut un exemple de contraste entre la réussite spectaculaire que l'on sait et la faillite artistique dont on a que faire.
Dr Nebil RADHOUANE
Toutes les chansons de Ragheb Alama sont des complaintes amoureuses altérées par une manière de chanter et de rythmer tout à fait en contradiction avec les thèmes élégiaques ou dramatiques. Qu'importe si on sautille de bonheur, sous la bannière de la chanson chababia, tout en disant sa flamme et ses nuits blanches à la bien-aimée?
Sur le fond, pourtant, Ragheb Alama possède une voix peu banale et bénéficie d'un timbre assez porteur. Ce n'est pas une voix à grande performance, certes, ni à grande technique, mais elle contient les résonances et les moduations naturelles qui la prédestinent à chanter les romances et les mélodies lyriques.
Il est donc dommage que ces atouts essentiels soient si allégrement escamotés pour faire place au vacarme racoleur qui convient parfaitement bien à un "certain" public de Carthage.
On aura déploré particulièrement le début sur un extrait de "Gana al Hawa" de Abdelhalim, joué par l'orchestre de Ragheb Alama et, disons-le, "massacré" par une distribution qui aurait révolté plus d'un puriste amoureux du rossignol inégalé. L'interprétation de " Maououd", vers la fin du spectacle confirmera que l'ascendant de ce dernier est pour l'éternité, complexe dont aucun jeune dindon des clips actuels ne pourra guérir. Mais qu'est-ce qui a pris Ragheb Alama de chanter "Maououd"? Car ce fut encore une fois un vrai massacre d'adaptations gratuites et de dissonances qu'aurait évitées un débutant.
En un mot, ce gala fut un exemple de contraste entre la réussite spectaculaire que l'on sait et la faillite artistique dont on a que faire.
Dr Nebil RADHOUANE





Abdelhalim Hafed - موعود
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