De la journaliste franco-tunisienne. Fériel Berraies Guigny
Qui est responsable du drame au Liban et à Canaa ? Serait ce un accident comme le prétend Israël, un dommage collatéral comme voudrait le réduire les Etats-Unis ? Pas de cessez le feu immédiat pour les Américains ? Contre un cessez le feu durable pour l’UE ? Qui aura le dernier mot ? Intégrité des territoires (territoires occupés, fermes de Shebba, plateau du Golan…), sécurité des deux côtés de la frontière, application des résolutions de l’ONU, peut on vraiment encore y prétendre ?
Les Etats Arabes ne sont pas dupes par rapport à une supercherie politique, mise en place sous couvert de lutter contre le terrorisme islamiste dans la région.
Le Liban est un prétexte, l’enclenchement de toute une stratégie mûrement réfléchie, Israël le vassal militaire américain dans la région, est en train de procéder à un nettoyage du terrain pour mieux asseoir un dessein encore plus grand : l’édification du nouveau moyen orient américain de demain.
Une politique des Etapes qui se fera au moyen de l’éradication dans le sang des Etats
« réfractaires ».
« L’Acte de guerre » du Hezbollah selon les termes de Ehud Olmert, n’a jamais été la véritable raison de la démesure israélienne actuelle, pourtant qualifiée de défensive !
Un discours opaque et pourtant lourd de sens, qui signe de véritable bombes à retardement, comme celles qui pleuvent ces trois dernières semaines sur le peuple libanais. Il avait suffi d’un prétexte, pour légitimer toute une stratégie d’élimination. Le dialogue n’avait aucune chance d’être, car il n’a jamais été question de dialoguer.. Les Etats « Parias » doivent tomber selon la coalition américano israélienne, de l’Irak, à la Palestine, au Liban et peut être même, prochainement la Syrie et l’Iran. Tous des pions à abattre dans une politique des étapes qui ne fait plus de dupes.
Pour les théoriciens du « chaos constructeur », il est nécessaire de faire couler le sang pour imposer un ordre nouveau dans une région riche en hydrocarbures. Ainsi, le drame libanais, aurait été planifié de longue date, et l’offensive de Tsahal contre le Liban bien supervisée !
A Washington et à Tel-Aviv, on se réjouit des opérations militaires en cours au Moyen-Orient. Selon l’expression de Condoleezza Rice, les
douleurs du Liban sont les « contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient « mais de quel Moyen Orient s’agit-il ? et Quels Etats seront rayés définitivement ?!Le point presse de Rice au Département d’Etat ce 21 juillet 2006, est clair pas de langue de bois : il n’y aura pas de paix au Liban et la situation est une nécessité politique, en ces termes elle a déclaré « « Je ne vois pas l’intérêt de la diplomatie si c’est pour revenir au status quo ante entre Israël et le Liban. Je pense que ce serait une erreur. Ce que nous voyons ici, d’une certaine manière, c’est le commencement, les contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient et quoique nous fassions, nous devons être certains que nous poussons vers le nouveau Moyen-Orient et que nous ne retournons pas à l’ancien » [1].
Vu de Washington, ce qui se passe aujourd’hui au Liban n’a aucun rapport avec la récupération de soldats capturés par le Hezbollah. Ce dont il s’agit, c’est de la mise en pratique de la théorie longuement mûrie du « chaos constructeur ». Selon les adeptes du philosophe Leo Strauss, dont la branche médiatique est connue sous la dénomination de « néo-conservateurs », le vrai pouvoir ne s’exerce pas dans l’immobilisme, mais au contraire par la destruction de toute forme de résistance. C’est en plongeant les masses dans le chaos que les élites peuvent aspirer à la stabilité de leur position.
Toujours selon les adeptes de Leo Strauss, ce n’est que dans cette violence que les intérêts impériaux des Etats-Unis se confondent avec ceux de l’État juif. La volonté israélienne de démanteler le Liban, d’y créer un mini État chrétien et d’annexer une partie de son territoire n’est pas nouvelle. Elle fut énoncée, en 1957, par David Ben Gourion dans une célèbre lettre, publiée en annexe de ses mémoires posthumes [2].
Surtout, elle fut insérée dans un vaste projet de colonisation du Proche-Orient qui fut rédigé en 1996 sous le titre : Une rupture propre : une nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume [d’Israël] [3].
Ce document, rédigé au sein d’un think tank néo-conservateur, l’IASPS, a été préparé par un groupe d’experts réuni par Richard Perle et remis à Benjamin Netanyahu. Il est représentatif de la pensée du sionisme révisionniste de Vladimir Jabotinsky [4].
Il prévoyait :
- l’annulation des accords de paix d’Oslo,
- l’élimination de Yasser Arafat,
- l’annexion des territoires palestiniens,
- le renversement de Saddam Hussein en Irak pour déstabiliser en chaîne la Syrie et le Liban,
- le démantèlement de l’Irak avec création d’un État palestinien sur son territoire,
- l’utilisation d’Israël comme base complémentaire du programme états-unien de guerre des étoiles.
Ce document inspira le discours prononcé le lendemain par Benjamin Netanyahu au Congrès des États-Unis [5]. On y trouve tous les ingrédients de la situation actuelle : menaces contre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, avec en prime la revendication d’annexion de Jérusalem-Est.
Ce point de vue rejoint celui de l’administration états-unienne. Le contrôle des zones riches en hydrocarbures queZbignew Brzezinki et Bernard Lewis appelaient « l’arc de crise », c’est-à-dire l’arc rejoignant le Golfe de Guinée à la mer Caspienne en passant par le Golfe persique, suppose une redéfinition des frontières, des États et des régimes politiques : un « remodelage du Grand Moyen-Orient », selon l’expression de George W. Bush.
C’est ce nouveau Moyen-Orient dont Mlle Rice « prétend être la sage-femme et qu’elle regarde naître dans la douleur ».
L’idée est simple : substituer aux États hérités de l’effondrement de l’Empire ottoman des entités plus petites à caractère mono ethniques, et neutraliser ces mini États en les dressant en permanence les uns contre les autres.
En d’autres termes, il s’agit de revenir sur les Accords conclus secrètement, en 1916, par les empires français et britanniques, dit Accords Sykes-Picot [6] et de consacrer la domination désormais totale des Anglo-Saxons sur la région. Mais pour définir de nouveaux États, encore faut-il détruire ceux qui existent. C’est ce à quoi s’emploient l’administration Bush et ses alliés depuis cinq ans et qui a amené les résultats suivants :
- La Palestine occupée a été rognée de 7 % de son territoire ; la Bande de Gaza et la Cisjordanie ont été séparées physiquement par un mur ; l’Autorité palestinienne a été ruinée, ses ministres et ses parlementaires ont été enlevés et sont séquestrés.
- L’ONU a enjoint le Liban de se désarmer en expulsant les forces syriennes et en dissolvant le Hezbollah ; l’ancien Premier ministre Rafic Harriri a été assassiné et l’influence française a disparu avec lui ; les infrastructures économiques du pays ont été rasées ; plus de 500 000 réfugiés supplémentaires errent dans la région.
-La dictature de Saddam Hussein a été remplacée en Irak par un régime plus cruel encore qui fait plus de 3000 morts par mois ; en pleine anarchie, le pays est prêt à la fragmentation en trois entités distinctes.
-Le pseudo émirat taliban a laissé place à une pseudo démocratie où sévit toujours l’interprétation la plus obscurantiste de la charia, la culture du pavot en plus. De facto, l’Afghanistan est déjà divisée entre seigneurs de la guerre et les combats se généralisent. Le gouvernement central a renoncé à se faire obéir y compris dans sa capitale.
A Washington, les disciples de Leo Strauss, de plus en plus impatients, rêvent d’étendre leur chaos au Soudan, à la Syrie et à l’Iran. Dans cette période transitoire, il n’est plus question de « démocratie dialoguée », juste de sang et de larmes.
Jacques Chirac, qui souhaitait intervenir au Liban pour y défendre les derniers intérêts français et y avait envoyé sonPremier ministre Dominique de Villepin, a dû déchanter : lors du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, George W. Bush lui en a fait interdiction en lui disant qu’il ne s’agissait pas d’une opération israélienne approuvée par les États-Unis, mais d’une opération états-unienne exécutée par Israël. Du coup, M. de Villepin n’avait d’autre chose à déclarer à ses interlocuteurs à Beyrouth que de bonnes paroles et son impuissance.
Plus précisément, le projet de destruction du Liban a été présenté par Tsahal à l’administration Bush,
il y a un peu plus d’un an, comme l’a révélé le San Francisco Chronicle [7].
Il a fait l’objet de discussions politiques au cours du Forum mondial que l’American Enterprise Institute organisait comme chaque année, les 17 et 18 juin 2006 à Beaver Creek. Benjamin Netanyahu et Dick Cheney s’en sont longuement entretenu en compagnie de Richard Perle et Nathan Sharansky. Le feu vert a été donné dans les jours suivants par la Maison-Blanche.
Il faut en effet rappeler, que les opérations militaires de Tsahal sont en général, supervisées par le département états-unien de la Défense. Celui-ci détermine l’essentiel de la stratégie et le choix des cibles.
Allez les Arabes, continuez à boire du Coca Cola et à acheter des jeans Levis!!!
[1] « But I have no interest in diplomacy for the sake of returning Lebanon and Israel to the status quo ante. I think it would be a mistake. What we’re seeing here, in a sense, is the growing — the birth pangs of a new Middle East and whatever we do we have to be certain that we’re pushing forward to the new Middle East not going back to the old one ». Source : Special Briefing on Travel to the Middle East and Europe, Département d’État, 21 juillet 2006.
[2] « Lettre de David Ben Gourion à Moshe Sharett sur la constitution d’un État maronite au Liban », document consultable dans la bibliothèque électronique du Réseau Voltaire.
[3] A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm, IASPS, 8 juillet 1996. Une version abrégée est disponible sur le site de l’IASPS. Le contenu complet du document est connu par les compte rendus que le Guardian en fit à l’époque.
[4] Le père de Benjamin Netanyahu, Ben-Zion Netanyahu était le secrétaire particulier de Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme révisionniste. Ehud Olmert appartient au même courant.
[5] Discours au Congrès des Etats-Unis par Benjamin Netanyahu, 9 juillet 1996.
[6] Ce traité secret fut signé le 16 mai 1916 par Sir Mark Sykes et François Georges-Picot, pour le Royaume-Uni et la France, puis approuvés par l’Italie et la Russie.
[7] « Israel set war plan more than a year ago. Strategy was put in motion as Hezbollah began gaining military strength in Lebanon » par Matthew Kalman, San Francisco Chronicle, 21 juillet 2006.
Lire aussi:
Liban: Chronique d’un massacre non annoncé!
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Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr
Qui est responsable du drame au Liban et à Canaa ? Serait ce un accident comme le prétend Israël, un dommage collatéral comme voudrait le réduire les Etats-Unis ? Pas de cessez le feu immédiat pour les Américains ? Contre un cessez le feu durable pour l’UE ? Qui aura le dernier mot ? Intégrité des territoires (territoires occupés, fermes de Shebba, plateau du Golan…), sécurité des deux côtés de la frontière, application des résolutions de l’ONU, peut on vraiment encore y prétendre ?
Les Etats Arabes ne sont pas dupes par rapport à une supercherie politique, mise en place sous couvert de lutter contre le terrorisme islamiste dans la région.
Le Liban est un prétexte, l’enclenchement de toute une stratégie mûrement réfléchie, Israël le vassal militaire américain dans la région, est en train de procéder à un nettoyage du terrain pour mieux asseoir un dessein encore plus grand : l’édification du nouveau moyen orient américain de demain.
Une politique des Etapes qui se fera au moyen de l’éradication dans le sang des Etats
« réfractaires ».

« L’Acte de guerre » du Hezbollah selon les termes de Ehud Olmert, n’a jamais été la véritable raison de la démesure israélienne actuelle, pourtant qualifiée de défensive !
Un discours opaque et pourtant lourd de sens, qui signe de véritable bombes à retardement, comme celles qui pleuvent ces trois dernières semaines sur le peuple libanais. Il avait suffi d’un prétexte, pour légitimer toute une stratégie d’élimination. Le dialogue n’avait aucune chance d’être, car il n’a jamais été question de dialoguer.. Les Etats « Parias » doivent tomber selon la coalition américano israélienne, de l’Irak, à la Palestine, au Liban et peut être même, prochainement la Syrie et l’Iran. Tous des pions à abattre dans une politique des étapes qui ne fait plus de dupes.
Pour les théoriciens du « chaos constructeur », il est nécessaire de faire couler le sang pour imposer un ordre nouveau dans une région riche en hydrocarbures. Ainsi, le drame libanais, aurait été planifié de longue date, et l’offensive de Tsahal contre le Liban bien supervisée !
A Washington et à Tel-Aviv, on se réjouit des opérations militaires en cours au Moyen-Orient. Selon l’expression de Condoleezza Rice, les
douleurs du Liban sont les « contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient « mais de quel Moyen Orient s’agit-il ? et Quels Etats seront rayés définitivement ?!Le point presse de Rice au Département d’Etat ce 21 juillet 2006, est clair pas de langue de bois : il n’y aura pas de paix au Liban et la situation est une nécessité politique, en ces termes elle a déclaré « « Je ne vois pas l’intérêt de la diplomatie si c’est pour revenir au status quo ante entre Israël et le Liban. Je pense que ce serait une erreur. Ce que nous voyons ici, d’une certaine manière, c’est le commencement, les contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient et quoique nous fassions, nous devons être certains que nous poussons vers le nouveau Moyen-Orient et que nous ne retournons pas à l’ancien » [1].Vu de Washington, ce qui se passe aujourd’hui au Liban n’a aucun rapport avec la récupération de soldats capturés par le Hezbollah. Ce dont il s’agit, c’est de la mise en pratique de la théorie longuement mûrie du « chaos constructeur ». Selon les adeptes du philosophe Leo Strauss, dont la branche médiatique est connue sous la dénomination de « néo-conservateurs », le vrai pouvoir ne s’exerce pas dans l’immobilisme, mais au contraire par la destruction de toute forme de résistance. C’est en plongeant les masses dans le chaos que les élites peuvent aspirer à la stabilité de leur position.

Toujours selon les adeptes de Leo Strauss, ce n’est que dans cette violence que les intérêts impériaux des Etats-Unis se confondent avec ceux de l’État juif. La volonté israélienne de démanteler le Liban, d’y créer un mini État chrétien et d’annexer une partie de son territoire n’est pas nouvelle. Elle fut énoncée, en 1957, par David Ben Gourion dans une célèbre lettre, publiée en annexe de ses mémoires posthumes [2].
Surtout, elle fut insérée dans un vaste projet de colonisation du Proche-Orient qui fut rédigé en 1996 sous le titre : Une rupture propre : une nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume [d’Israël] [3].
Ce document, rédigé au sein d’un think tank néo-conservateur, l’IASPS, a été préparé par un groupe d’experts réuni par Richard Perle et remis à Benjamin Netanyahu. Il est représentatif de la pensée du sionisme révisionniste de Vladimir Jabotinsky [4].
Il prévoyait :
- l’annulation des accords de paix d’Oslo,
- l’élimination de Yasser Arafat,
- l’annexion des territoires palestiniens,
- le renversement de Saddam Hussein en Irak pour déstabiliser en chaîne la Syrie et le Liban,
- le démantèlement de l’Irak avec création d’un État palestinien sur son territoire,
- l’utilisation d’Israël comme base complémentaire du programme états-unien de guerre des étoiles.
Ce document inspira le discours prononcé le lendemain par Benjamin Netanyahu au Congrès des États-Unis [5]. On y trouve tous les ingrédients de la situation actuelle : menaces contre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, avec en prime la revendication d’annexion de Jérusalem-Est.
Ce point de vue rejoint celui de l’administration états-unienne. Le contrôle des zones riches en hydrocarbures queZbignew Brzezinki et Bernard Lewis appelaient « l’arc de crise », c’est-à-dire l’arc rejoignant le Golfe de Guinée à la mer Caspienne en passant par le Golfe persique, suppose une redéfinition des frontières, des États et des régimes politiques : un « remodelage du Grand Moyen-Orient », selon l’expression de George W. Bush.
C’est ce nouveau Moyen-Orient dont Mlle Rice « prétend être la sage-femme et qu’elle regarde naître dans la douleur ».
L’idée est simple : substituer aux États hérités de l’effondrement de l’Empire ottoman des entités plus petites à caractère mono ethniques, et neutraliser ces mini États en les dressant en permanence les uns contre les autres.
En d’autres termes, il s’agit de revenir sur les Accords conclus secrètement, en 1916, par les empires français et britanniques, dit Accords Sykes-Picot [6] et de consacrer la domination désormais totale des Anglo-Saxons sur la région. Mais pour définir de nouveaux États, encore faut-il détruire ceux qui existent. C’est ce à quoi s’emploient l’administration Bush et ses alliés depuis cinq ans et qui a amené les résultats suivants :
- La Palestine occupée a été rognée de 7 % de son territoire ; la Bande de Gaza et la Cisjordanie ont été séparées physiquement par un mur ; l’Autorité palestinienne a été ruinée, ses ministres et ses parlementaires ont été enlevés et sont séquestrés.
- L’ONU a enjoint le Liban de se désarmer en expulsant les forces syriennes et en dissolvant le Hezbollah ; l’ancien Premier ministre Rafic Harriri a été assassiné et l’influence française a disparu avec lui ; les infrastructures économiques du pays ont été rasées ; plus de 500 000 réfugiés supplémentaires errent dans la région.
-La dictature de Saddam Hussein a été remplacée en Irak par un régime plus cruel encore qui fait plus de 3000 morts par mois ; en pleine anarchie, le pays est prêt à la fragmentation en trois entités distinctes.
-Le pseudo émirat taliban a laissé place à une pseudo démocratie où sévit toujours l’interprétation la plus obscurantiste de la charia, la culture du pavot en plus. De facto, l’Afghanistan est déjà divisée entre seigneurs de la guerre et les combats se généralisent. Le gouvernement central a renoncé à se faire obéir y compris dans sa capitale.
A Washington, les disciples de Leo Strauss, de plus en plus impatients, rêvent d’étendre leur chaos au Soudan, à la Syrie et à l’Iran. Dans cette période transitoire, il n’est plus question de « démocratie dialoguée », juste de sang et de larmes.
Jacques Chirac, qui souhaitait intervenir au Liban pour y défendre les derniers intérêts français et y avait envoyé sonPremier ministre Dominique de Villepin, a dû déchanter : lors du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, George W. Bush lui en a fait interdiction en lui disant qu’il ne s’agissait pas d’une opération israélienne approuvée par les États-Unis, mais d’une opération états-unienne exécutée par Israël. Du coup, M. de Villepin n’avait d’autre chose à déclarer à ses interlocuteurs à Beyrouth que de bonnes paroles et son impuissance.
Plus précisément, le projet de destruction du Liban a été présenté par Tsahal à l’administration Bush,
il y a un peu plus d’un an, comme l’a révélé le San Francisco Chronicle [7].
Il a fait l’objet de discussions politiques au cours du Forum mondial que l’American Enterprise Institute organisait comme chaque année, les 17 et 18 juin 2006 à Beaver Creek. Benjamin Netanyahu et Dick Cheney s’en sont longuement entretenu en compagnie de Richard Perle et Nathan Sharansky. Le feu vert a été donné dans les jours suivants par la Maison-Blanche.
Il faut en effet rappeler, que les opérations militaires de Tsahal sont en général, supervisées par le département états-unien de la Défense. Celui-ci détermine l’essentiel de la stratégie et le choix des cibles.
Allez les Arabes, continuez à boire du Coca Cola et à acheter des jeans Levis!!!
[1] « But I have no interest in diplomacy for the sake of returning Lebanon and Israel to the status quo ante. I think it would be a mistake. What we’re seeing here, in a sense, is the growing — the birth pangs of a new Middle East and whatever we do we have to be certain that we’re pushing forward to the new Middle East not going back to the old one ». Source : Special Briefing on Travel to the Middle East and Europe, Département d’État, 21 juillet 2006.
[2] « Lettre de David Ben Gourion à Moshe Sharett sur la constitution d’un État maronite au Liban », document consultable dans la bibliothèque électronique du Réseau Voltaire.
[3] A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm, IASPS, 8 juillet 1996. Une version abrégée est disponible sur le site de l’IASPS. Le contenu complet du document est connu par les compte rendus que le Guardian en fit à l’époque.
[4] Le père de Benjamin Netanyahu, Ben-Zion Netanyahu était le secrétaire particulier de Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme révisionniste. Ehud Olmert appartient au même courant.
[5] Discours au Congrès des Etats-Unis par Benjamin Netanyahu, 9 juillet 1996.
[6] Ce traité secret fut signé le 16 mai 1916 par Sir Mark Sykes et François Georges-Picot, pour le Royaume-Uni et la France, puis approuvés par l’Italie et la Russie.
[7] « Israel set war plan more than a year ago. Strategy was put in motion as Hezbollah began gaining military strength in Lebanon » par Matthew Kalman, San Francisco Chronicle, 21 juillet 2006.
Lire aussi:
Liban: Chronique d’un massacre non annoncé!
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Fériel Berraies Guigny
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