La lutte contre le cancer: Espoirs et attentes



Rencontre avec le Dr Chouaib Salem, Chercheur et Directeur de l’Unité 753 de L’INSERM, à l’Institut Gustave Roussy Centre de Recherche européen sur le cancer, de la journaliste franco tunisienne Fériel Berraies Guigny. Paris

La recherche sur le cancer est un des axes les plus importants de la recherche médicale contemporaine. Dépistage, prévention et traitement sont les maîtres mots de la campagne de lutte contre cette maladie, dans de nombreux pays et ce, depuis des années. Longtemps vécue comme une fatalité, elle est aujourd’hui le point d’ancre de toutes les actions scientifiques. Les nouvelles thérapies, les traitements contre la douleur, les accompagnements psychologiques et thérapeutiques, sont les corollaires de la recherche à court et moyen terme. Le Dr Salem Chouaib éminent chercheur franco-tunisien exerce depuis 1994 dans l’unité de recherches, « immunologie des tumeurs humaines » l’Unité INSERM 753 à l’institut Gustave Roussy, qui est également une des plus importantes institutions de recherche de ce type dans le Monde. Ses travaux de recherche ont permis le transfert de certains acquis fondamentaux vers des applications thérapeutiques. Ils concernent notamment l’exploration de certaines composantes du système immunitaire et leur utilisation potentielle comme outils thérapeutiques chez des patients souffrant d’un cancer.
Lauréat de la Ligue Contre le Cancer pour l’année 1991 pour ses travaux sur le Facteur de Nécrose Tumorale, il obtiendra le Prix de la recherche et de l’innovation en 1991 attribué à son groupe de recherche par le conseil régional de Val de Marne pour les contributions sur la cyto-toxicité tumorale induite par le Facteur de Nécrose Tumorale. Il recevra également l’Ordre du mérite national dans le domaine de la Science et de l’Education en Tunisie en 2001 et le prix présidentiel de la recherche scientifique et technologique en 2005. Le Dr Chouaib est également Chevalier de l’ordre des palmes académiques, (France 2005).


Entretien avec le Dr Chouaib :



La recherche thérapeutique est une des missions les plus importantes pour combattre la maladie cancéreuse, pouvez vous nous dire l’état de cette recherche en France et en Tunisie ?
SC : Avant d’aborder la recherche thérapeutique, permettez moi tout d’abord de situer la recherche fondamentale dans ces deux pays. La recherche thérapeutique trouve son essence dans la recherche fondamentale. En France comme vous le savez, la recherche scientifique a connu une crise sans précédent, due en partie à la mauvaise organisation des universités comme des institutions de recherche et à leur statut comme le CNRS et l’INSERM. Un diagnostic lucide sur la situation a permis de revisiter le dispositif de recherche et de formuler des propositions visant à traiter non seulement les symptômes mais également les causes profondes de cette crise. Quant à la situation en Tunisie, la recherche scientifique a également ses propres difficultés comme tous les pays émergeants. Toutefois, des atouts et des indicateurs encourageants témoignent d’une vraie volonté en vue d’impulser la recherche biomédicale :
-La mise en place de la démarche d’évaluation
-1% du PIB consacré pour la recherche
-5.7 % du PIB est consacré au secteur de la santé
Toutefois cette recherche a besoin d’être plus performante et mérite de tendre vers plus d’excellence pour s’adapter à un contexte international de haute compétitivité. Un continuum doit être assuré entre recherche et soin du malade, en associant médecins, chercheurs et patients. Le flux de connaissances doit être bidirectionnel : de la recherche cognitive vers le patient et du patient vers la recherche cognitive. La recherche thérapeutique actuellement se porte relativement bien grâce en partie, à l’implication de firmes pharmaceutiques, principaux promoteurs des essais cliniques. Néanmoins, s’agissant de la Tunisie, la recherche nécessite un plus grand élan. En cancérologie, plus que dans d’autres disciplines médicales, la recherche clinique et les soins sont très liés puisque l’objectif est de toujours progresser dans un domaine où beaucoup de traitements sont encore inefficaces.

Le cancer en Tunisie est la troisième cause de mortalité et nous venons de signer une convention de coopération dans le domaine de la santé avec la France, le 1er octobre 2005.Dont notamment la Convention entre l’Institut Salah AZAIEZ de Cancérologie et le cancéropôle du grand Sud Ouest de France. Quels sont selon vous, les avantages de cette coopération médicale bilatérale ?
SC : Le cancer, tant du fait de sa prévalence, que de l’extraordinaire effort de recherche pour tenter de le contrôler, que par son statut symbolique de maladie moderne, est emblématique de nos espoirs et de nos peurs face aux progrès scientifiques. La complexité de cette maladie dans l’intégralité de ses dimensions biologiques, humaines et sociales renforce la nécessité d’articuler sciences de la vie et sciences humaines et sociales. La convention signée est un exemple d’une bonne coopération entre les deux pays. Cela signifie que le cancer ne connaît pas de frontières. On ne peut que se réjouir de l’engagement de la Tunisie dans ce combat. La participation active, dans le cadre de ce partenariat, de ses oncologues et chercheurs dans l’apport de concepts nouveaux visant à améliorer le diagnostic et à imaginer les thérapies de demain, pourrait être le point de départ pour la constitution d’un pôle de cancérologie. Notre cancérologie pourrait par ailleurs, s’inspirer des évènements majeurs qui ont révolutionné la paysage cancérologique Français : la création de l’INCA (institut national du cancer) qui a élaboré une feuille de route de lutte contre le cancer. Prévention, dépistage, réorganisation de l’offre des soins, réorganisation de la recherche sont les principales actions à mener dans le cadre du plan de lutte contre le cancer. Si la recherche n’en est qu’une des composantes, elle y est clairement mentionnée comme « l’espoir pour les malades du cancer ». La convention entre le cancéropôle du sud ouest et l’institut de Salah Azaiez est une excellente initiative. Une telle coopération devrait permettre de réduire le gap existant entre la cancérologie Française et Tunisienne et favoriser l’égalité des chances pour les traitements et l’accès aux soins. Il faut rappeler que près de 70% des patients des pays « industrialisés » ne sont pas traités selon les meilleurs référentiels connus !
La situation dans les pays émergeants est certainement plus grave. Alors qu’on sait que le cancer de poumon est le plus meurtrier et que le principal responsable est le tabac, la prévalence du tabagisme en Tunisie chez l’homme est de 61.9 % ! Par ailleurs, 1000 nouveaux cas de cancer de sein par an ! Ces chiffres sont alarmants !. L’heure est à la mobilisation !
Aujourd’hui, la Tunisie fait face à d’importantes disparités régionales et une dispersion de l’offre de soins. S’ajoute à ces déficits, un accès aux soins de soutien psychologique insuffisant. Comprendre la fréquence de certains cancers qui augmente, instaurer une bonne stratégie de dépistage et de prévention, développer une recherche épidémiologique, mieux organiser notre registre des cancers sont des actions qui pourraient inéluctablement être renforcées grâce à cette coopération.

Pouvez vous nous parler de votre rôle au sein de l’Institut Gustave Roussy ?
SC : Comme responsable d’une structure de recherche, j’ai des obligations envers ma propre structure INSERM dont la mission est une recherche cognitive autour de l’implication du système immunitaire d’un patient ayant un cancer dans l’éradication de sa tumeur et surtout sur l’identification de nouvelles approches susceptible de doper ce système pour le rendre plus efficace.
Outre cette mission, je participe également de manière active à la vie scientifique et médicale de cet institut. J’assume des responsabilités au niveau de l’enseignement et de la formation. Je joue un rôle dans le transfert des connaissances fondamentales vers des applications thérapeutiques qui demeure une des principales missions de tout chercheur impliqué dans la recherche en cancérologie. Bien évidemment, notre mission dépasse largement le cadre géographique de notre institut et de la France car la recherche n’a pas de frontière. Je me sens utile un peu partout et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’apporte ma modeste aide à ceux qui me sollicitent dans les domaines ou j’estime posséder une certaine expertise.

Depuis 1998 vous dirigez l’Unité INSERM 487, pouvez vous nous décrire votre programme de recherche ainsi que votre équipe ?
SC : Notre équipe est composée d’une trentaine de personnes (6 nationalités). Nos travaux de recherche s’orientent vers l’élucidation des mécanismes moléculaires qui régissent la résistance des cellules tumorales à la destruction par les armes du système immunitaire.
C’est dans ce contexte que nous nous intéressons à :
- l’identification des fragments des tumeurs reconnus par le système immunitaire (antigènes et épitopes tumoraux) et à l’étude de leur capacité à le stimuler (immunogénicité),
- à l’altération de la réponse protectrice du système immunitaire chez certains patients,
- aux stratégies utilisées par la cellule tumorale pour échapper à la mort cellulaire.

Quel est le type d’essai thérapeutique que vous exercez dans votre équipe ?
SC : Mon laboratoire a apporté certaines contributions dans la compréhension du mode d’action cytotoxique du facteur de nécrose tumorale (TNF). Lors de la mise sur le marché de la molécule recombinante, en collaboration avec les cliniciens de l’Institut, nous avons mis en place un nouveau protocole clinique basé sur la perfusion isolée des membres (ILP) avec du TNF dans les sarcomes non extirpables des membres. Ce traitement représente un traitement néo-adjuvant permettant une chirurgie d’épargne de l’amputation dans 80 % des cas. Dans le mélanome malin, ce traitement est le meilleur traitement palliatif des métastases en transit récidivantes .
Nous participons également au sein de l’Institut au développement de protocoles de thérapie cellulaire pour certaines hémopathies malignes notamment la leucémie myéloïde chronique. Enfin grâce aux travaux fondamentaux que nous menons sur l’identification des antigènes tumoraux, nous espérons à très court terme, mettre en place des protocoles de vaccination anti-tumorale notamment dans le modèle de cancer bronchique.

On dit que l’IGR est un partenaire incontournable des études institutionnelles, françaises et internationales, pouvez vous nous expliquer en quoi ?
SC : De façon évidente, l’institut a montré au cours du temps, son potentiel d’innovation et de créativité dans la prise en charge de la pathologie cancéreuse. Je peux citer plusieurs indicateurs de performance mais je me limiterai par exemple au « diagnostic en un jour » : nous sommes désormais capables de rencontrer une patiente, examiner les radios, faire la ponction, discuter avec le chirurgien, refaire une ponction et son examen anapath pour enfin communiquer le diagnostic à la fin de la journée. Cette capacité de travailler ensemble dans une communauté de vision et de pensée justifient la position phare de l’IGR dans la cancérologie Française. Les valeurs fondamentales sont préservées dans un projet d’établissement fort, cohérent et réaliste. L’IGR est un établissement ouvert sur l’humanité de la prise en charge des patients, l’écoute des évolutions de la société et la réalité économique. Sans aucune exagération, l’IGR est un acteur incontournable de la cancérologie de demain dont une des principales missions demeure de savoir marier les sciences au service de l’Homme.
Pensez vous un jour que nous parviendrons à obtenir un vaccin contre le cancer d’une part et de l’autre à rendre le traitement moins coûteux ? on a plutôt l’impression dans nos pays que la prévention et le dépistage, voire le traitement sont également liés à des contraintes financières, qu’en pensez vous ?
SC :La lutte contre le cancer représente un grand engagement universel dont notre société ne saurait être absente. Même si les contraintes financières sont une réalité pour nos pays, il faut essayer de surmonter ces difficultés financières pour sauver les patients de leur souffrance et leur faire profiter du traitement approprié. Il nous appartient d’identifier et de mobiliser nos forces pour mener ce combat. L’un des grands enjeux de la lutte contre le cancer est la prévention qui, elle aussi nécessite une formidable synergie de compétences scientifiques, de techniques, pédagogiques et institutionnelles, pour parvenir à la réduction effective des substrats de comportement et d’environnement du risque cancéreux. Réduire l’incidence des cancers constitue pour notre société une forme d’évolution nécessaire de notre relation au monde et à l’autre.

Vos recherches ont permis de tester la résistance tumorale : pensez vous que cela amènera un meilleur traitement de la thérapie cellulaire ou chimiothérapique ?
SC : Un des handicaps majeurs de l’immunothérapie des cancers réside au fait que la plupart des cellules tumorales résistent à la mort que peut infliger le système immunitaire aux cellules cancéreuses. Une meilleure compréhension des relations entre les cellules tueuses et les cellules cancéreuses, dans le contexte de la tumeur et de son microenvironnement, nous permettra d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur la manipulation de certains paramètres du microenvironnement tumoral pour aider le système immunitaire à contrôler de manière plus efficace la progression tumorale. Nous nous sommes attachés à élucider les bases moléculaires de cette résistance tumorale à la mort et avons identifié récemment l’implication de certains gènes dont l’expression est associé avec l’acquisition du phénotype résistant. Il s’agit d’un champ d’investigation potentiellement porteur d’innovation car la manipulation de la résistance tumorale traitements cytotoxiques constitue un enjeu majeur de la thérapeutique oncologique de demain.
Votre objectif serait de faire évoluer la biothérapie des cancers ? Vous dites qu’à l’heure actuelle, elle est devenue la quatrième modalité thérapeutique, pouvez nous dire en plus ? et en quoi selon vous, cela élaborera des stratégies d’immunothérapie mieux adaptées et plus performantes ?
SC
: La stimulation non spécifique du système immunitaire a débuté en 1890 avec William Coley, un chirurgien qui a utilisé des toxines bactériennes pour traiter des patients atteints de sarcomes. Plus tard, en 1922, l’efficacité du BCG à stimuler la réponse immune, a été démontrée. Les progrès de la biologie moléculaire et des biotechnologies ont abouti au cours des deux dernières décennies à l’identification de molécules thérapeutiques anticancéreuses qui ont donné un regain d’intérêt à la biothérapie . Grâce a l’arsenal immunologique, les essais cliniques pour le traitement du cancer se sont multipliés et les résultats à ce jour ne sont qu’encourageants. Tous les progrès qui se font dans le domaine de l’immunologie des cancers laissent présager que l’immunothérapie prendra une place croissante dans l’abord thérapeutique du cancer.
Grâce à la disponibilité de cytokines recombinantes, l’immuno-intervention a connu un réel regain d’intérêt en thérapeutique oncologique notamment dans la manipulation fine de l’hématopoïèse et des réponses immunitaires. Ainsi, certaines cytokines sont devenues des standards thérapeutiques comme les facteurs de croissance (G-CSF, GM-CSF) dans la reconstitution hématopoïétique pour compenser la myélotoxicité ou l’interleukine-2, et l’interféron alpha, utilisés respectivement dans le traitement des adénocarcinomes du rein métastatique et les mélanomes malins à haut risque de rechute et de la leucémie myéloïde chronique. D’autres cytokines ont montré une efficacité thérapeutique quand elles sont utilisées en association avec des drogues anti-tumorales comme le TNF lors du traitement des sarcomes des membres. Les effets secondaires des cytokines, leur action en cascade et leur grande pléiotropie ont laissé la place à une immunothérapie antitumorale plus spécifique et mieux ciblée, visant l’optimisation de la réponse anti-tumorale locale. C’est grâce à la découverte des antigènes de rejet tumoral que l’immunothérapie est devenue très spécifique car leur utilisation dans les approches vaccinales s’accompagne d’une stimulation spécifique du système immunitaire sans induire d’effets secondaires. Il s’agit de stimuler les défenses immunitaires du patient contre des antigènes exprimés de façon spécifique par les cellules de sa tumeur. Ces molécules antigéniques constituent ce que l’on appelle des antigènes associés aux tumeurs. En théorie, les vaccins représenteraient un moyen non toxique d’induire des réponses immunitaires contre la tumeur primaire et les métastases. Ils pourraient également prévenir les récidives. La spécificité fine d’action des vaccins, à la base de leur non toxicité, représente un avantage par rapport à la chimiothérapie, qui atteint sans discrimination toute cellule en division. L’identification de nouveaux antigènes de rejet tumoral permet d’augmenter l’arsenal thérapeutique en immunothérapie et pourrait la rendre plus performante. C’est un des aspects de la recherche que nous développons avec l’espoir d’envisager une immunothérapie du cancer bronchique non à petites cellules.

La vaccination anti-tumorale est un thème d’actualité : les médias en parlent, les patients s’interrogent. Que recouvre-t-elle exactement ?
SC
: Chez un patient cancéreux, les défenses immunitaires spontanées suffisent rarement à contrôler la progression de la tumeur. Dans ce contexte, la vaccination vise à stimuler le système immunitaire du patient, réfractaire aux traitements conventionnels, afin d’activer ses défenses spécifiquement contre la tumeur primaire et les métastases. L’un des aspects inhabituels de la vaccination anti-tumorale est qu’elle est thérapeutique, et non préventive, c’est-à-dire qu’elle s’adresse à des patients porteurs de tumeur. En effet la vaccination fait l’objet d’une grande médiatisation qui, à mon sens, n’est pas à la hauteur de l’espoir attendu à l’heure actuelle. Si cette approche innovante a montré des résultats au niveau expérimental, chez l’homme les résultats sont très modestes et mitigés. Bien que la vaccination permette d’induire chez les patients des réponses immunologiques détectables, elle ne s’accompagne pas nécessairement de réponse clinique. A cet égard, il convient de signaler que le statut immunitaire du malade est souvent altéré par les traitements toxiques pour les cellules (comme la chimiothérapie) d’une part, et que les patients bénéficiant d’une vaccination sont souvent sélectionnés à un stade assez avancé de leur maladie.

Où en est la recherche aujourd’hui?
SC
: La recherche vise à augmenter l’arsenal des antigènes de rejet tumoraux, à trouver des modalités d’administration plus efficaces, à étudier les réponses immunologiques au niveau des tumeurs et à combiner la vaccination avec d’autres approches. Les chercheurs se mobilisent notamment pour comprendre le paradoxe entre la coexistence chez le malade d’une immunité induite par la vaccination et la poursuite de la progression tumorale. Même si des résultats expérimentaux encourageants ont été obtenus, les modèles animaux créés par l’induction expérimentale de tumeurs n’ont pas ou peu de valeur prédictive chez l’homme. A présent, notre connaissance du conflit qui existe entre le système tumoral et le système immunitaire chez l’homme reste parcellaire et très hypothétique. C’est dans ce champ d’investigation que s’orientent plusieurs laboratoires de recherche. Ainsi, une meilleure élucidation du microenvironnement tumoral pourrait permettre d’élaborer des approches mieux adaptées et plus efficaces.

Quels sont les freins que rencontre la recherche ?
SC
: Au niveau conceptuel, si des progrès déterminants ont été accomplis dans la manipulation de la réponse immune anti-tumorale, notre connaissance de la complexité de la cellule cancéreuse demeure très fragmentaire et constitue un des handicaps majeurs de la vaccination et de l’immunothérapie en général. Par ailleurs, un enjeu important du développement des vaccins anti-tumoraux est de les tester à un stade précoce de la maladie. Il est vrai que nous disposons d’outils immunologiques performants mais ceux-ci ne sont peut-être pas utilisés d’une manière optimale. Le progrès viendrait de l’approche multidisciplinaire de l’immunothérapie. La recherche dans ce domaine a réellement besoin d’une stratégie globale et d’un programme d’actions qui pourraient être favorisés en particulier par l’INCA.
Quels bénéfices thérapeutiques les patients peuvent-ils en attendre ?
SC
:Il est trop tôt et prématuré de parler de bénéfice thérapeutique même s’il y a une attente légitime des patients. Si la vaccination constitue un traitement non toxique, les réponses qu’on observe sont peut-être quantitativement insuffisantes ou qualitativement inadaptées. Les essais développés ont le mérite d’avoir validé le concept et d’avoir montré la faisabilité de cette approche innovante. Ils vont permettre, de surcroît, de réaliser un suivi immunologique qui probablement pourrait nous aider à expliquer l’échec actuel et de revisiter les approches de vaccination sous leur forme actuelle.
Une meilleure connaissance des modalités d’utilisation des vaccins, par exemple en association avec la chimiothérapie, permettra sans doute de concevoir des vaccins plus efficaces. Une meilleure sélection de patients sur la base des caractéristiques de leurs défenses immunitaires, des spécificités moléculaires de leur tumeur, mais aussi de l’importance de leur charge tumorale, pourrait permettre de proposer dans les prochaines années de tels vaccins.
La vaccination anti-tumorale, c’est pour quand ?
SC
: L’immunothérapie des cancers demeure certainement une voie de recherche prometteuse. La vaccination n’en est qu’à ses débuts et pourrait constituer à terme, une révolution dans le traitement du cancer mais de nombreuses étapes restent à franchir avant qu’elle ne prenne une vraie place dans l’abord thérapeutique du cancer. La collection d’échantillons biologiques, la création de vrais réseaux d’excellence cliniciens/chercheurs, la révolution technologique (transcriptome et protéome, bio-informatique, imagerie), la recherche multidisciplinaire, la biologie des tumeurs, pourraient être de réels enjeux pour l’innovation thérapeutique.
Merci Dr Chouiab.
Fragment d’antigène (séquence peptidique) présent à la surface des cellules tumorales, reconnu par le système immunitaire



Fériel Berraies Guigny

www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr



Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 8238

Jean-michel  (le.chaumoncel@gmail.com)  |Vendredi 30 Mai 2008 à 15h 33m |           
Grande journée Nationale des Nez Rouges à Paris Samedi 14 juin 2008 de 8h à 18h au Jardin du Luxembourg.
N'hésitez pas à venir vous joindre à nous et apporter un peu de réconfort à ceux qui en ont le plus besoin... Venez partager ce temps fort avec nous,
partager cette merveilleuse journée du coeur et de l'amour et n'hésitez pas non-plus à offrir quelques euros pour un petit Nez Rouge ! Je serai
présent sur l'esplanade devant le Palais du Luxembourg (Sénat) de 14h à 18h sur l'un des stands avec d'autres bénévoles, vous me reconnaitrez
facilement je porterai un petit "Nez Rouge". Je serai entièrement à votre écoute et me ferai une joie de répondre à toutes vos questions, du moins à
celles qui sont de mon ressort, et me ferai un grand plaisir de vous serrer la main ou de vous faire la bise.

http://www.maladies-orphelines.fr/petition/