L'Internet et les internautes en Tunisie : premières leçons



Après les portails et les vortails, le dossier que nous publions sur les pages perso, continue notre grande enquête sur le web tunisien.


Mais avec les pages perso, nous revenons à un versant très intéressant du web. La page perso n'incarne-t-elle pas en effet l'esprit même du réseau et sa dimension réellement révolutionnaire. L'Internet introduit une réelle rupture dans l'histoire des médias. Si chacun de nous ne peut s'offrir le luxe d'une station de radio ou de télévision ou un journal, l'Internet offre à tous la possibilité de publier sur le web ses opinions.



La percée de la technologie appelée " peer-to-peer " que nous présentons dans notre dossier sur la page perso et qui permet une réelle décentralisation des échanges sur l'Internet vient renforcer de manière impressionnante cette logique fondatrice du réseau : " le pouvoir est aux mains des utilisateurs ".


Comment situer l'évolution du réseau en Tunisie par rapport à ce qui se passe dans le monde ? L'absence d'études et d'enquêtes scientifiques sur les usages du réseau en Tunisie rend la réponse à cette question particulièrement difficile. Mais on peut toutefois esquisser une première approche qui montre incontestablement que le réseau n'est plus l'affaire d'une élite branchée. Les utilisateurs sont de plus en plus nombreux (400.000 selon les statistiques officielles). Et en l'absence d'une présence massive et stratégique des entreprises tunisiennes sur le web, malgré l'émergence de certains sites web marchands, ce sont les gens ordinaires qui font l'Internet en Tunisie. Les entreprises, contrairement à ce qui se fait dans d'autres pays, n'ont presque rien fait pour rapprocher le réseau des Tunisiens !


Mais qu'est ce qui attire ces dizaines de milliers de jeunes ? la réponse est simple : C'est la " communication " qui captive le plus les Tunisiens. Et non l'Information uniquement. Comme partout dans le monde, les internautes tunisiens aiment " chatter ", utiliser le e-mail, participer à des forums de discussion, publier des pages perso, envoyer des cartes électroniques... Ce qu'il aime dans l'Internet, c'est le contact et l'échange. La rencontre de l'autre et l'ouverture sur l'ailleurs... et non uniquement l'aspect " documentaire " du réseau. La navigation sur le web, la recherche de l'Information ne créent pas cette véritable passion contagieuse, virale, du réseau qui s'empare des jeunes et des moins jeunes.





Ce qui se passe dans des Publinets, dont le nombre s'accroît à une vitesse vertigineuse (près de 300) et dans les foyers, montre bien aussi que les discours high-tech n'impressionnent plus personne. L'absence de formation n'est pas du tout un frein. Les gens apprennent par eux-mêmes, cafouillent, tentent, essaient... Et surtout ils apprennent.


La technologie ne fait plus peur, malgré les discours pompeux. C'est le triomphe de la sociologie. Car la technologie n'est qu'une " proposition ". C'est ceux qui vont l'utiliser qui lui donnent sens. Ils s'adaptent à elle.


Mais ils finissent par la soumettre à leurs besoins. Les ingénieurs font la technologie. Et les gens l'utilisent. Et on sait depuis toujours que l'invention n'est pas l'usage.
Partout, l'Internet devient donc l'affaire des gens. Un espace qui ressemble de plus en plus à la vie. Il est même son reflet le plus fidèle. On y trouve du business sous toutes ses formes, du savoir, de la connaissance. Mais on y rencontre aussi les gens.


De ce point de vue, il semble problématique de juger les usages et les utilisateurs. Pourquoi ? Parce vouloir idéaliser le réseau et un exercice intenable. L'Internet n'est-il pas une invention de l'homme qui doit nécessairement lui ressembler ?


Savez-vous quels sont les mots le plus cherchés au cours de l'année 2000 sur le web ? C'est tout simplement Britney Speers, la jeune star de musique adulée par les jeunes du monde entier, Pamela Anderson et Pokemon. Une découverte qui peut choquer plus d'un. Et décevoir ceux qui croient encore que l'Internet est un moyen au service du savoir et de la connaissance.


Les internautes tunisiens, qui sont-ils ? A quoi leur sert le réseau ? Comment l'utilisent-ils ? Des questions auxquelles on n'a aucune réponse précise ? On sait toutefois que le réseau fera désormais partie de notre vie sociale comme la télévision, la radio, le journal ou le portable. On sait aussi que les internautes tunisiens ont compris qu'au-delà de la technologie, il y a le social.
L'Internet, c'est la vie .


Hammami sadok

Réalités






Commentaires


0 de 0 commentaires pour l'article 574