Tunisie - Energie : la Subvention du budget de l'Etat s'élève à  environ 1500 MD



L'année 2005 a vu la poursuite de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché international. Ces prix se sont
ainsi stabilisés à un niveau élevé (environ 60 dollars le baril) par rapport à 2004 (40 dollars/baril) et 2003 (moins
de 30 dollars). La hausse est également restée substantielle par rapport au prix de 45 dollars le baril pris pour référence lors de la préparation de la loi de finances de l’année en cours et qui était déjà considéré comme élevé par rapport aux prévisions des institutions internationales qui tablaient sur environ 36 dollars le baril.



En dépit du caractère prudent de ces prévisions, les autorités espéraient une régression de cette hausse en 2005 et
un retour des prix à des niveaux raisonnables de manière à préserver l’équilibre du budget sans avoir à recourir à des mesures supplémentaires. Or, les prix enregistrés demeurent en hausse, atteignant un prix record de 67 dollars le baril le 31 août d e r ne r.

L’augmentation vertigineuse des prix au niveau mondial a engendré des coûts très élevés qui ont fait apparaître des
besoins de financement supplémentaires que l’Etat a veillé à ne pas répercuter directement sur les prix intérieurs
afin de préserver la compétitivité des entreprises d’une part, et le pouvoir d’achat du citoyen, d’autre part. Ceci a nécessité, pour la deuxième année consécutive, une révision des premières estimations du budget. Une loi de finances complémentaire, a été ainsi adoptée en 2004 en vertu de laquelle une subvention exceptionnelle de 203
millions de dinars a été allouée au titre de soutien au secteur des hydrocarbures.


En 2005, une subvention de soutien supplémentaire a été également allouée lors de la préparation du budget, relevant
ainsi le montant global de la subvention exceptionnelle de soutien direct à 508 millions de dinars, soit 1,4% du Produit intérieur brut (PIB), sans compter la subvention indirecte qui représente le double de ce montant et qui provient des prix préférentiels appliqués en faveur de la Société tunisienne des industries de raffinage (STIR) et la
Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG). Parallèlement et outre un suivi constant de l’évolution de la conjoncture économique et de la flambée des prix sur le marché mondial et une évaluation permanente de ses retombées sur les équilibres financiers d’un côté et la poursuite du processus de développement d’un autre côté, des mesures ont été mises en œuvre afin de contenir les e ffets négatifs de la hausse des prix et d’en limiter l’impact, dans le cadre d’une politique visant à préserver les équilibres financiers, éviter une augmentation
de la dette et du déficit budgétaire, autant de facteurs qui auraient pu affecter négativement la poursuite du processus de développement et occasionner une réduction du rôle du budget dans la consolidation de ce processus .


A cet égard, il faut mentionner que l’effet des différents ajustements décidés au cours de cette année au niveau
des prix intérieurs, s’est limitée à 30% du coût, compte tenu du pouvoir d’achat du consommateur et de la
compétitivité de l’entreprise. Partant, l’Etat a supporté le plus grand fardeau, soit 70% des efforts directs et indirects.
C’est dire que le soutien de l’Etat demeure à la fois effectif et important.


Ainsi, si l’on se réfère aux hypothèses adoptées et devant assurer l’équilibre de l’exercice 2006, ce soutien dépasse la
moitié du coût d’une bouteille de gaz. Il en est de même pour la moitié du coût d’une bouteille de gaz. Il en est de
même pour le pétrole lampant. Il atteint 32% pour le gasoil et 16%, pour l’essence.


Par ailleurs étant donné la rétrocession de la part de l’Etat en gaz naturel à la STEG et celle en pétrole brut à la Société tunisienne des industries du raffinage (STIR), à des prix bas par rapport aux prix mondiaux, le soutien total,
direct et indirect, de l’Etat au secteur de l’énergie, atteint près de 1500 millions de dinars, soit 57% des dépenses de
développement pour l’année 2006. C’est pourquoi, eu égard à la place de premier plan qu’occupe désormais le secteur de l’énergie dans les préoccupations du pays, les mesures pratiques mises en œuvre et consistant notamment en la maîtrise de l’énergie et la rationalisation de sa consommation nécessitent, pour leur réussite, la conjugaison des efforts de tous les intervenants dans ce secteur. Et si le budget a apporté sa contribution dans ce domaine, à travers la multiplication des incitations financières et fiscales en faveur des projets et programmes d’économie d’énergie, il
n’en demeure pas moins que la prise de conscience de tout un chacun quant à l’impératif de rationalisation de l’économie d’énergie, qui prend de ce fait la dimension d’un véritable devoir national est une condition sine qua non pour atteindre les objectifs escomptés à travers ces programmes et projets.



Le Renouveau



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