14 années d'expérience politique : D'abord une présentation sommaire s'impose : PM Sebsi est un viel homme (84 ou 85 ans) qui a collaboré avec les régimes de Bourguiba et de Ben Ali (pas
longtemps). C'est un homme sage qui sait peser ses mots, s'exprime bien mais lentement signe évident d'une grande vieillesse. De plus il a fait parti du PSD, ancêtre du RCD.
Un premier ministre maladroitement choisi mais qui d'autres aurait pu faire l'affaire?
Ceci étant dit, moi je ne l'aurais jamais vu au poste de premier ministre pour plusieurs raisons:
1- Il est trop âgé, sa légitimité est contestée pour avoir travailler avec le régime de Ben Ali . Cependant je salue l'action du président par intérim Foued Mbazaa pour cette réaction vive et rapide. En effet même si la contestation pourrait monter, il nous aura au moins évité le vide constitutionnel, portes ouvertes à l'anarchie totale.
Donc moi je ne suis pas pour si Essebsi. MAIS je le soutiens (et il y a une grande différence). Essentiellement pour 3 raisons:
1- Aucune personnalité ne fera jamais consensus entre les différentes catégories des Tunisiens. A un moment donnée, il faut choisir quelqu'un pour mener nos revendications et surveiller son action de près.
2- La Tunisie a grand besoin de stabilité tant pour sauver ce qui reste de son tourisme que de sauver ce qui reste des projets initiés par les multinationales (ex: parc aéronautique qui emploi maintenant 1500 personne et qui devrait employer 3000 personnes d'ici 2 ans, mais sans stabilité il n'y aura pas d'investissement étranger et donc pas d'expansion). La bourse tunisienne (TUNINDEX) subit des chutes monumentales à chaque "agitation". Ce qui signifie une perte de liquidité et éventuellement de postes d’emploi. Il est donc primordial de réaliser une stabilité sociale rapidement pour limiter les dégâts.
3- Ne pas donner l'occasion aux fauteurs de trouble, via des manifestations non encadrées et éviter les dérapages sécuritaires.
C’est à quoi je me heurte dans cet article c'est que mes arguments n'ont pas de prise sur la masse. Celle ci n'est pas du tout sensible à la logique. Il est vrai que les Tunisiens ont acquis un certain niveau intellectuel et de conscience qui leur a permis de mener à bien le renversement du dictateur mais nous somme bien encore loin d'une véritable conscience politique. La foule est plutôt motivée par les sentiments …
J'en viens ici à mon cinquième point. L'UGTT et les partis politiques ont bien compris le jeu qui se passe et ils surfent sur la vague du terrorisme intellectuel et du complot général pour s'imposer. Leurs objectif commun est de s'imposer sur la scène médiatique politique (et donc gagner en pouvoir et notoriété) mais leurs motivations sont diverses:
- L'UGTT cherche à regagner son statut d'il y a longtemps (les années 50) quand ils tenaient la moitié des sièges du gouvernement (et plus précisément l'assemblée constituante). Sauf qu'on n'a jamais vu un syndicat au pouvoir dans un pays démocratique… Ces motivations sont d'autant plus douteuses, que monsieur Jrad à la tête du syndicat depuis plus de 11 ans, a longtemps collaboré avec le régime de Ben Ali.
- Les opposants politiques de Hamma Hammami à Ennahdha sont des opposants de longue date qui ont longtemps été réprimés. Leur existence se définissait par une opposition directe et frontale au gouvernement. La chute de Ben Ali leur a donc soutiré leur raison d'exister. Face à ce vide conceptuel inhérent à la chute du régime du dictateur, il a été plus facile de renier les faits que de les admettre, les assimiler et aller de l'avant. Il est regrettable de voir que ces partis politiques n'ont fait que remplacer dans leur conception politique (et donc la définition d'eux même) le gouvernement Ben Ali par le gouvernement transitoire, pour au moins se convaincre et convaincre de la légitimité de leur revendications. Ils n'ont pas cherché à aller de l'avant, à proposer un véritable projet politique ou une feuille de route pour le gouvernement. Ils se sont tût dans la contestation. Exception faite de Ennahdha qui lui cherche à renverser la situation à son avantage (face aux mutismes de la population devant leurs tentatives de victimisation) et ceux en appelant aux manifestations du vendredi 26/02 (pour la symbolique du jour ) et en investissant le ministère des affaires religieuses, comme première étape (d'un renversement minutieusement orchestré à mon avis et qui, même s'il n'est pas sûr d'aboutir, permettra d'assurer leur survies et leur pérennité au sein du peuple et de se préparer aux présidentielles de 2016).
Malheureusement, ces organisations, dans leur frustration, ont développé un talent oratoire que M.Ghanouchi n'avait pas (ni aucun ministre actuel à l'exception de Farhat rajhi) et maîtrisent l'art de la communication à la masse (je m'abstiens de dire manipulation).
Cette situation (et pour les raisons que j'ai évoqué) lance dores et déjà un défis de taille à M. Essebsi. Il y a une guerre d'influence menée par les opposants politiques et les syndicats, quitte à marcher sur les citoyens et leurs aspirations, que le gouvernement transitoire a perdu le moment même de sa création. La confirmation de ce que je dis est le refus de Jrad la nomination du PM (parce qu'on ne l'aurait pas consulté) et idem le refus de Hammami (sur Hannibal TV pour ne pas l'avoir consulté et parce que M. Essebsi fut un PSDiste, certainement différent des RCDistes, mais "RCDiste" quand même).
Un autre facteur qui pourrait entrer en jeux est le ressentiment des Tunisiens qui ont subi les événements, c'est à dire la majorité. C'est un facteur difficilement appréciable mais le sentiment du « y en marre » peut renverser la donne. Les citoyens pourraient vouloir revenir au travail et retourner la page sur les événements qui se sont passés, non pas parce qu'ils auraient perdu leurs convictions mais parce qu'ils chercheraient un brin de stabilité, de sécurité et de répit.
Je termine cet article par une brève remarque. Mon article est déjà suffisamment long comme ça, je ne voudrais pas trop en rajouter mais sachez que la manipulation médiatique qui se passe maintenant en Tunisie est un des facteurs déterminent de l'aggravation de la situation dans notre beau pays. Hannibal TV se veut révolutionnaire quitte à être anarchiste. Nessma TV sont dans la recherche de l'audiance. Avant tout il faut faire entendre aux gens ce qu'ils souhaitent entendre et ce qui pourrait les accrocher et rien de mieux que la théorie du complot, reprenant ainsi l'idée que plus on carbure à la catastrophe, plus on vend..
Les jours qui viennent vont être déterminants, soyons vigilent. Sauvons notre révolution des manipulateurs.
longtemps). C'est un homme sage qui sait peser ses mots, s'exprime bien mais lentement signe évident d'une grande vieillesse. De plus il a fait parti du PSD, ancêtre du RCD.Un premier ministre maladroitement choisi mais qui d'autres aurait pu faire l'affaire?
Ceci étant dit, moi je ne l'aurais jamais vu au poste de premier ministre pour plusieurs raisons:
1- Il est trop âgé, sa légitimité est contestée pour avoir travailler avec le régime de Ben Ali . Cependant je salue l'action du président par intérim Foued Mbazaa pour cette réaction vive et rapide. En effet même si la contestation pourrait monter, il nous aura au moins évité le vide constitutionnel, portes ouvertes à l'anarchie totale.
Pourquoi il faut soutenir M.Beji Caïeb Essebsi
Donc moi je ne suis pas pour si Essebsi. MAIS je le soutiens (et il y a une grande différence). Essentiellement pour 3 raisons:
1- Aucune personnalité ne fera jamais consensus entre les différentes catégories des Tunisiens. A un moment donnée, il faut choisir quelqu'un pour mener nos revendications et surveiller son action de près.
2- La Tunisie a grand besoin de stabilité tant pour sauver ce qui reste de son tourisme que de sauver ce qui reste des projets initiés par les multinationales (ex: parc aéronautique qui emploi maintenant 1500 personne et qui devrait employer 3000 personnes d'ici 2 ans, mais sans stabilité il n'y aura pas d'investissement étranger et donc pas d'expansion). La bourse tunisienne (TUNINDEX) subit des chutes monumentales à chaque "agitation". Ce qui signifie une perte de liquidité et éventuellement de postes d’emploi. Il est donc primordial de réaliser une stabilité sociale rapidement pour limiter les dégâts.
3- Ne pas donner l'occasion aux fauteurs de trouble, via des manifestations non encadrées et éviter les dérapages sécuritaires.
"Plus c'est gros mieux ca passe"
C’est à quoi je me heurte dans cet article c'est que mes arguments n'ont pas de prise sur la masse. Celle ci n'est pas du tout sensible à la logique. Il est vrai que les Tunisiens ont acquis un certain niveau intellectuel et de conscience qui leur a permis de mener à bien le renversement du dictateur mais nous somme bien encore loin d'une véritable conscience politique. La foule est plutôt motivée par les sentiments …
Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent
J'en viens ici à mon cinquième point. L'UGTT et les partis politiques ont bien compris le jeu qui se passe et ils surfent sur la vague du terrorisme intellectuel et du complot général pour s'imposer. Leurs objectif commun est de s'imposer sur la scène médiatique politique (et donc gagner en pouvoir et notoriété) mais leurs motivations sont diverses:
- L'UGTT cherche à regagner son statut d'il y a longtemps (les années 50) quand ils tenaient la moitié des sièges du gouvernement (et plus précisément l'assemblée constituante). Sauf qu'on n'a jamais vu un syndicat au pouvoir dans un pays démocratique… Ces motivations sont d'autant plus douteuses, que monsieur Jrad à la tête du syndicat depuis plus de 11 ans, a longtemps collaboré avec le régime de Ben Ali.
- Les opposants politiques de Hamma Hammami à Ennahdha sont des opposants de longue date qui ont longtemps été réprimés. Leur existence se définissait par une opposition directe et frontale au gouvernement. La chute de Ben Ali leur a donc soutiré leur raison d'exister. Face à ce vide conceptuel inhérent à la chute du régime du dictateur, il a été plus facile de renier les faits que de les admettre, les assimiler et aller de l'avant. Il est regrettable de voir que ces partis politiques n'ont fait que remplacer dans leur conception politique (et donc la définition d'eux même) le gouvernement Ben Ali par le gouvernement transitoire, pour au moins se convaincre et convaincre de la légitimité de leur revendications. Ils n'ont pas cherché à aller de l'avant, à proposer un véritable projet politique ou une feuille de route pour le gouvernement. Ils se sont tût dans la contestation. Exception faite de Ennahdha qui lui cherche à renverser la situation à son avantage (face aux mutismes de la population devant leurs tentatives de victimisation) et ceux en appelant aux manifestations du vendredi 26/02 (pour la symbolique du jour ) et en investissant le ministère des affaires religieuses, comme première étape (d'un renversement minutieusement orchestré à mon avis et qui, même s'il n'est pas sûr d'aboutir, permettra d'assurer leur survies et leur pérennité au sein du peuple et de se préparer aux présidentielles de 2016).
Malheureusement, ces organisations, dans leur frustration, ont développé un talent oratoire que M.Ghanouchi n'avait pas (ni aucun ministre actuel à l'exception de Farhat rajhi) et maîtrisent l'art de la communication à la masse (je m'abstiens de dire manipulation).
Cette situation (et pour les raisons que j'ai évoqué) lance dores et déjà un défis de taille à M. Essebsi. Il y a une guerre d'influence menée par les opposants politiques et les syndicats, quitte à marcher sur les citoyens et leurs aspirations, que le gouvernement transitoire a perdu le moment même de sa création. La confirmation de ce que je dis est le refus de Jrad la nomination du PM (parce qu'on ne l'aurait pas consulté) et idem le refus de Hammami (sur Hannibal TV pour ne pas l'avoir consulté et parce que M. Essebsi fut un PSDiste, certainement différent des RCDistes, mais "RCDiste" quand même).
Trop de revendications tue les revendications
Un autre facteur qui pourrait entrer en jeux est le ressentiment des Tunisiens qui ont subi les événements, c'est à dire la majorité. C'est un facteur difficilement appréciable mais le sentiment du « y en marre » peut renverser la donne. Les citoyens pourraient vouloir revenir au travail et retourner la page sur les événements qui se sont passés, non pas parce qu'ils auraient perdu leurs convictions mais parce qu'ils chercheraient un brin de stabilité, de sécurité et de répit.
Sur les média: une capacité de suggestion inquiétante
Je termine cet article par une brève remarque. Mon article est déjà suffisamment long comme ça, je ne voudrais pas trop en rajouter mais sachez que la manipulation médiatique qui se passe maintenant en Tunisie est un des facteurs déterminent de l'aggravation de la situation dans notre beau pays. Hannibal TV se veut révolutionnaire quitte à être anarchiste. Nessma TV sont dans la recherche de l'audiance. Avant tout il faut faire entendre aux gens ce qu'ils souhaitent entendre et ce qui pourrait les accrocher et rien de mieux que la théorie du complot, reprenant ainsi l'idée que plus on carbure à la catastrophe, plus on vend..
Les jours qui viennent vont être déterminants, soyons vigilent. Sauvons notre révolution des manipulateurs.
Mohamed Houssem KASBAOUI
France
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Om Kalthoum - أنساك
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