La couverture médiatique d'Al-Jazeera des manifestations de Sidi Bouzid suscite la controverse dans toute la Tunisie, certains faisant l'éloge du réseau qatari qui viendrait combler un vide médiatique, d'autres critiquant violemment les reportages de la chaîne en les accusant de partialité et de manque de professionnalisme.
Le réseau satellite de télévision pan-arabe a commencé à diffuser des reportages dès le début de la crise, le 18 décembre, journée où des affrontements ont eu lieu entre la police tunisienne et les jeunes de la ville. La manifestation contre le chômage trouvait son origine dans la tentative d'immolation par le feu d'un jeune commerçant, après que la police lui ait saisi ses biens. Le mouvement de protestation s'est depuis propagé dans d'autres villes.
Selon Abd Allah Kallel, porte-parole de la Chambre des Conseillers et membre du Ralliement Constitutionnel Démocratique (RCD), Al Jazeera s'est montrée "hostile" envers la Tunisie. S'exprimant le samedi 1er décembre, Kallel a déclaré que la chaîne avait profité des manifestations pour se détourner totalement de l'éthique de la profession journalistique, s'appuyant sur une méthode de composition et de désinformation pour répandre le mensonge et la calomnie sur la Tunisie et sur ses acquis.
Les partis tunisiens d'opposition ont également rejeté la relatation des faits telle qu'elle a été effectuée par Al-Jazeera, la considérant comme subjective avec une tendance à l'exagération des événements.
Le Parti des Verts pour le Progrès (PVP) a dénoncé "l'approche préjudiciable et les fausses allégations adoptées par Al Jazeera dans sa couverture des récents événements en Tunisie". Le Parti a aussi fait savoir dans un communiqué rendu public le 24 décembre que "la chaîne a délibérément exagéré les faits, en se concentrant sur des diffusions répétées, et pendant plusieurs jours, d'images provenant de source douteuse, s'appuyant sur des vidéos composées afin de placer ces événements au-delà de leur dimension réelle et de tromper les gens en leur faisant croire des faits qui dépendent de l'instigation". "
Selon Najia Ghenimi, journaliste à al-Khabeer, la couverture médiatique faite par Al Jazeera a comporté de nombreuses exagérations et une vraie désinformation en raison de la rareté de ses sources, ajoutant que la devise de la chaîne, "De tout angle - de tout côté" a manqué dans le traitement des événements survenus en Tunisie.
Ghenimi dit aussi qu'Al Jazeera a profité du "blackout" et du manque de reportages en profondeur et détaillés dans les médias tunisiens pour attirer l'attention des téléspectateurs tunisiens et arabes, dans une tentative d'augmenter sa présence médiatique.
"Selon moi, cela a été une réaction à l'interdiction faite à Al Jazeera d'ouvrir un bureau en Tunisie, et au blocage de son site Internet", conclut-elle.
Dans les reportages sur les manifestations diffusés dans ses bulletins d'informations et ses émissions de débat, Al Jazeera s'est appuyée sur des vidéos prises par des téléphones mobiles et publiées sur différents sites de réseautage social. Certains critiques de ces sites web ont clamé que ces nouvelles méthodes médiatiques manquaient de professionnalisme et de crédibilité dans leur manière de traiter des événements.
L'Union Démocratique Unioniste a déploré "la dépendance affichée par Al Jazeera dans sa couverture des manifestations à des vidéos et à des images publiées sur le site de réseau social Facebook, sans examen ni enquête préliminaire et sans vérifier l'authenticité de leur contenu". Le parti dit également que "la chaîne, de cette façon, a commis plusieurs délits professionnels, en particulier concernant l'ampleur des manifestations et leur origine réelle, exagérant leur importance sur le terrain".
Mais d'autre journalistes font toutefois l'éloge des techniques de reportage de la chaîne, qu'ils qualifient d'innovantes.
Abdelatif Jaballah, journaliste à al-Arab, dit ainsi qu'Al Jazeera a créé une nouvelle méthode dans sa couverture des manifestations, en s'appuyant sur des images et des vidéos publiées sur les sites de réseautage social, ajoutant que les reportages de la chaînes sur les mouvements de protestation ont été basés sur des images capturées par des témoins oculaires.
"Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nier que les sites de réeau social sont devenus une source majeure d'information pour les journalistes et pour les médias, étant donné qu'ils publient des informations accompagnées d'images et de sons sans aucune dénaturation des faits et des évènements", dit Jaballah.
Mais son collègue Manel Abdi pense qu'Al Jazeera a outrepassé les limites, en voulant expliquer les évènements "comme elle le voulait", en particulier en exagérant ses reportages sur les manifestations en Tunisie.
Des tunisiens interrogés par Magharebia disent que la couverture faite par Al Jazeera est conforme à la manière dont ils voient les évènements se déroulant dans leur propre pays, notamment parce que les médias tunisiens ne traitent pas des manifestations.
"Al Jazeera a couvert les manifestations telles qu'elles sont, en utilisant pour cela des images et des sons", dit Hassouna Badri à Magharebia. "Ses reportages ont traité de la majorité des protestations et des manifestations qui se sont déroulées à Sidi Bouzid et dans d'autres villes tunisiennes. Selon moi, la chaîne est parvenue à communiquer les informations portant sur ces événements aux téléspectateurs".
Badri ajoute que les critiques émises sur le réseau ne sont qu'une tentative de dissimulation des faits, disant qu'Al Jazeera a empêché les autorités de censurer les manifestations. Certains veulent "perpétuer le discours selon lequel tout est bien, et tout progresse", dit-elle.
"Nous ne devrions pas avoir honte des problèmes sociaux que nous affrontons, et nous devrions davantage tenter de les surmonter et de les régler. Nous devrions également être clairs en prenant notre part de responsabilité, plutôt qu'en blâmant les autres", déclare Badri.
D'un autre côté, d'autres tunisiens qualifient les reportages d'Al Jazeera de "critiques" et affirment que la couverture de la chaîne manque d'objectivité, d'intégrité et de professionalisme.
"Ce n'est pas raisonnable que cette chaîne arabe, qui a attiré la plus grande audience dans le monde arabe, puisse traiter d'une manière si horrible ces événements, en faisant de la Tunisie et des autres pays du Maghreb, qui sont actuellement les témoins d'une expérience de développement sidérante, sa principale préoccupation tout en évitant toute couverture des actualités venant des pays du Golfe", dit Fadhila Messadi.
De plus, le bureau exécutif du Syndicat National des Journalistes tunisiens a condamné Al Jazeera pour son recours à l'exagération, à la fabrication et à la défiguration des faits.
Dans un communiqué émis le 28 décembre, le syndicat a également fait savoir que le manque d'informations contenu dans les médias marocains a ouvert la porte aux interprétations et aux ruumeurs, en l'absence d'une couverture précise et objective des événements.
Monia Ghanmi ( Magharebia)
Le réseau satellite de télévision pan-arabe a commencé à diffuser des reportages dès le début de la crise, le 18 décembre, journée où des affrontements ont eu lieu entre la police tunisienne et les jeunes de la ville. La manifestation contre le chômage trouvait son origine dans la tentative d'immolation par le feu d'un jeune commerçant, après que la police lui ait saisi ses biens. Le mouvement de protestation s'est depuis propagé dans d'autres villes.
Selon Abd Allah Kallel, porte-parole de la Chambre des Conseillers et membre du Ralliement Constitutionnel Démocratique (RCD), Al Jazeera s'est montrée "hostile" envers la Tunisie. S'exprimant le samedi 1er décembre, Kallel a déclaré que la chaîne avait profité des manifestations pour se détourner totalement de l'éthique de la profession journalistique, s'appuyant sur une méthode de composition et de désinformation pour répandre le mensonge et la calomnie sur la Tunisie et sur ses acquis.
Les partis tunisiens d'opposition ont également rejeté la relatation des faits telle qu'elle a été effectuée par Al-Jazeera, la considérant comme subjective avec une tendance à l'exagération des événements.
Le Parti des Verts pour le Progrès (PVP) a dénoncé "l'approche préjudiciable et les fausses allégations adoptées par Al Jazeera dans sa couverture des récents événements en Tunisie". Le Parti a aussi fait savoir dans un communiqué rendu public le 24 décembre que "la chaîne a délibérément exagéré les faits, en se concentrant sur des diffusions répétées, et pendant plusieurs jours, d'images provenant de source douteuse, s'appuyant sur des vidéos composées afin de placer ces événements au-delà de leur dimension réelle et de tromper les gens en leur faisant croire des faits qui dépendent de l'instigation". "
Selon Najia Ghenimi, journaliste à al-Khabeer, la couverture médiatique faite par Al Jazeera a comporté de nombreuses exagérations et une vraie désinformation en raison de la rareté de ses sources, ajoutant que la devise de la chaîne, "De tout angle - de tout côté" a manqué dans le traitement des événements survenus en Tunisie.
Ghenimi dit aussi qu'Al Jazeera a profité du "blackout" et du manque de reportages en profondeur et détaillés dans les médias tunisiens pour attirer l'attention des téléspectateurs tunisiens et arabes, dans une tentative d'augmenter sa présence médiatique.
"Selon moi, cela a été une réaction à l'interdiction faite à Al Jazeera d'ouvrir un bureau en Tunisie, et au blocage de son site Internet", conclut-elle.
Dans les reportages sur les manifestations diffusés dans ses bulletins d'informations et ses émissions de débat, Al Jazeera s'est appuyée sur des vidéos prises par des téléphones mobiles et publiées sur différents sites de réseautage social. Certains critiques de ces sites web ont clamé que ces nouvelles méthodes médiatiques manquaient de professionnalisme et de crédibilité dans leur manière de traiter des événements.
L'Union Démocratique Unioniste a déploré "la dépendance affichée par Al Jazeera dans sa couverture des manifestations à des vidéos et à des images publiées sur le site de réseau social Facebook, sans examen ni enquête préliminaire et sans vérifier l'authenticité de leur contenu". Le parti dit également que "la chaîne, de cette façon, a commis plusieurs délits professionnels, en particulier concernant l'ampleur des manifestations et leur origine réelle, exagérant leur importance sur le terrain".
Mais d'autre journalistes font toutefois l'éloge des techniques de reportage de la chaîne, qu'ils qualifient d'innovantes.
Abdelatif Jaballah, journaliste à al-Arab, dit ainsi qu'Al Jazeera a créé une nouvelle méthode dans sa couverture des manifestations, en s'appuyant sur des images et des vidéos publiées sur les sites de réseautage social, ajoutant que les reportages de la chaînes sur les mouvements de protestation ont été basés sur des images capturées par des témoins oculaires.
"Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nier que les sites de réeau social sont devenus une source majeure d'information pour les journalistes et pour les médias, étant donné qu'ils publient des informations accompagnées d'images et de sons sans aucune dénaturation des faits et des évènements", dit Jaballah.
Mais son collègue Manel Abdi pense qu'Al Jazeera a outrepassé les limites, en voulant expliquer les évènements "comme elle le voulait", en particulier en exagérant ses reportages sur les manifestations en Tunisie.
Des tunisiens interrogés par Magharebia disent que la couverture faite par Al Jazeera est conforme à la manière dont ils voient les évènements se déroulant dans leur propre pays, notamment parce que les médias tunisiens ne traitent pas des manifestations.
"Al Jazeera a couvert les manifestations telles qu'elles sont, en utilisant pour cela des images et des sons", dit Hassouna Badri à Magharebia. "Ses reportages ont traité de la majorité des protestations et des manifestations qui se sont déroulées à Sidi Bouzid et dans d'autres villes tunisiennes. Selon moi, la chaîne est parvenue à communiquer les informations portant sur ces événements aux téléspectateurs".
Badri ajoute que les critiques émises sur le réseau ne sont qu'une tentative de dissimulation des faits, disant qu'Al Jazeera a empêché les autorités de censurer les manifestations. Certains veulent "perpétuer le discours selon lequel tout est bien, et tout progresse", dit-elle.
"Nous ne devrions pas avoir honte des problèmes sociaux que nous affrontons, et nous devrions davantage tenter de les surmonter et de les régler. Nous devrions également être clairs en prenant notre part de responsabilité, plutôt qu'en blâmant les autres", déclare Badri.
D'un autre côté, d'autres tunisiens qualifient les reportages d'Al Jazeera de "critiques" et affirment que la couverture de la chaîne manque d'objectivité, d'intégrité et de professionalisme.
"Ce n'est pas raisonnable que cette chaîne arabe, qui a attiré la plus grande audience dans le monde arabe, puisse traiter d'une manière si horrible ces événements, en faisant de la Tunisie et des autres pays du Maghreb, qui sont actuellement les témoins d'une expérience de développement sidérante, sa principale préoccupation tout en évitant toute couverture des actualités venant des pays du Golfe", dit Fadhila Messadi.
De plus, le bureau exécutif du Syndicat National des Journalistes tunisiens a condamné Al Jazeera pour son recours à l'exagération, à la fabrication et à la défiguration des faits.
Dans un communiqué émis le 28 décembre, le syndicat a également fait savoir que le manque d'informations contenu dans les médias marocains a ouvert la porte aux interprétations et aux ruumeurs, en l'absence d'une couverture précise et objective des événements.
Monia Ghanmi ( Magharebia)





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