Débats: Nicolas Sarkozy a formé le cabinet de son second mandat



A un an et demi de l’élection présidentielle de 2012 en France, le président français Nicolas Sarkozy a, apparemment, décidé qu’il pouvait gagner en devenant encore plus à droite. A cet effet, il a réorganisé son cabinet, d’où il a éliminé pratiquement tous ceux qui ne seraient-ce que légèrement étaient susceptibles de tendre vers le centre. Le réaménagement a fait l’objet de discussions au cours des cinq derniers mois. Avant cela, certains espéraient que les changements au sein du cabinet seraient opérés pour le bien du pays, l’exécution des programmes économiques et pour faire baisser la tension au sein de la société après les manifestations contre la réforme des retraites en été et en automne. Mais plus personne n’est aussi naïf.


Vous êtes un sadique, monsieur le président!


Il s’est avéré ensuite que ce ne serait plus un cabinet, mais l’équipe préélectorale du président français.
Ce ne sont pas des changements, c’est le début de la campagne électorale de Sarkozy, la préparation pour 2012. Et ce n’est pas par hasard que le premier ministre François Fillon, le cerveau de la campagne de Sarkozy qui s’est conclue par son élection en mai 2007, a gardé son poste.

Monsieur Sarkozy a maintenu ses ministres sous pression si longtemps qu’au cours des six derniers mois ils étaient surtout préoccupés par la préservation de leurs postes, et non pas par l’avenir du peuple français. C’est l’idée exprimée par la chef du parti socialiste Martine Aubry après l’annonce de la nouvelle composition du ‘’ cabinet de Bonaparte. ‘’ Et député vert au Parlement européen, l’ancien leader de la révolution étudiante de 1968, Daniel Cohn-Bendit a carrément qualifié Sarkozy de sadique, qui traite ses ministres comme le roi traite ses serviteurs. L’image n’est pas tout à fait fausse.


Pour vaincre un concurrent, il faut l’intégrer dans son équipe
Le président a remplacé le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, plus ou moins centriste, par la ministre Débats: Nicolas Sarkozy a formé le cabinet de son second mandatde la Justice Michelle Alliot-Marie, très à droite. L’ancien premier ministre Alain Juppé a été nommé au poste du ministre de la Défense. Les deux ont reçu les portefeuilles de ministres d’Etat, ce qui est comparable aux postes d’adjoints du premier ministre. Juppé est un personnage très curieux de la politique française. Il avait déjà atteint des sommets, était premier ministre dans l’administration de gauche de François Mitterrand, et sous le conservateur Jacques Chirac, ministre des Affaires étrangères et titulaire d’autres portefeuilles. A une époque, Alain Juppé était si proche de jacques Chirac, qu’on le qualifiait de fils du président (Chirac n’a jamais eu de fils). Juppé a quitté la haute politique en 2004, lorsqu’il a fait l’objet d’une enquête et a été condamné, avec sursis, pour corruption lors de la collecte des fonds pour la caisse du parti. Pour la droite, il est toujours l’un des plus fiables appuis contre les socialistes et très populaire. Aujourd’hui, il occupe le poste du maire de Bordeaux.
Dans l’ensemble, Nicolas Sarkozy a remplacé 16 ministres et a réduit le cabinet de 37 à 30 portefeuilles. Les nouveaux ‘’ aménagements ‘’ du cabinet ne devraient pas conduire à des changements notables dans la politique du président français. Cela est également valable pour sa politique étrangère. Il s’agirait plutôt de ‘’ l’ablation des tissus superflus ‘’ et de la mise en place d’une force de droite efficace.


Nicolas Sarkozy est bien conscient qu’après les ‘’ guerres des retraites ‘’ et sa réputation perdue, il ne réussira pas à remporter la victoire dans la lutte pour les voix des Français, qui balancent entre la droite et la gauche (ils sont plus d’un tiers). Il a misé seulement sur la droite qui devrait s’allier contre la force croissante des socialistes. Et selon l’idée de Nicolas Sarkozy, ils devront s’unir autour de lui.
C’est la raison pour laquelle le premier ministre actuel François Fillon et l’ancien premier ministre Alain Juppé ont été embarqués. En fait, la cote de popularité du premier est actuellement bien supérieure par rapport à Nicolas Sarkozy (moins de 30% selon les derniers sondages, et 48% pour Fillon). Et Juppé est plus populaire que Sarkozy au sein de l’électorat de droite. Une bonne vieille méthode : pour se débarrasser de ses rivaux, il faut les inviter à rejoindre son équipe.
Andreï Fediachine, RIA Novosti

Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 30702

Anis  (Tunisia)  |Mercredi 17 Novembre 2010 à 14h 50m |           
Il peut toujour réver

NASS  (Tunisia)  |Mercredi 17 Novembre 2010 à 12h 25m |           
Je pense qu avec 30% d opinions favorables .il aura du mal a remonter la pente qqc soit les actions qu il va entammer.
a mon avis c est termine pour lui en 2012.
francois fillon est bien place pour prendre la releve s il ne fait pas de grosses erreurs d ici 2012.
mais la politique en france c est comme un match de foot il ne faut crier victoire que lorsque l arbitre siffle la fin du match.
sinon tout est possible.