Le spectacle d'al-Hadra conclut le festival de la médina de Tunis



Le 28ème festival annuel de la médina, organisé à l'occasion du Ramadan, a refermé ses portes le 7 septembre à Tunis par la présentation de l'al-Hadra 2010.

Fadhel al-Jaziri, créateur de l'al-Hadra 2010, a surpris les participants par un spectacle plein d'entrain qui présentait à la fois le patrimoine populaire et soufi de manière moderne. Ce spectacle comportait 101 jeunes répartis en plusieurs tableaux. Ce groupe se composait de 54 chanteurs, 16 musiciens et 31 danseurs, pour recréer la scène de chants soufis et présenter une célébration combinant joie et prières.


Ces tableaux proposaient des voix basses, des voix faibles, de la douceur, puis de la force. On y retrouvait la diversité de la nature et le contrôle du mouvement. Il y avait aussi des instruments de musique modernes affichant la nature de l'époque actuelle et témoignant de la modernité.

"J'adore assister à ces spectacles soufis, notamment pendant le mois du jeûne, qui est un mois de recueillement et de proximité avec Dieu", a expliqué Manel bel Aid, membre du public de ce concert. "Ces spectacles sont liés à tout ce qui est religieux et spirituel par le biais de chants religieux et de dhikrs (invocations)."

Ce n'est pas la première fois qu'al-Jaziri tente de donner un caractère artistique ouvert à la nature spirituelle de l'al-Hadra. En 1991, il s'était associé avec le musicien Samir al-Aqrabi et un certain nombre de sheikhs et de leaders Salamiya, Qadiriya and Tijaniya de différents groupes de chants religieux pour présenter un grand spectacle intitulé "al-Hadra."

"J'accorde personnellement plus d'attention aux aspects artistiques et théâtraux du spectacle qu'aux aspects spirituels et soufis", a expliqué Adnen Jabnoun. "Je trouve le spectacle correct. L'auteur tente de combiner le chant religieux, la danse et certains tableaux qui expriment l'atmosphère de l'al-Hadra tel que le vivent les Tunisiens, tout en s'attachant plus à l'aspect esthétique."

"L'al-Hadra est comme un spectacle de théâtre. C'est une nouvelle vision contemporaine similaire à ce que nous voyons maintenant en Tunisie. Il crée un nouveau genre de musique soufie", a expliqué Marouia Bennour. "Les Tunisiens aiment ces ambiances spirituelles, parce qu'elles font partie de leurs habitudes."

Houda Said Allah, une autre spectatrice, a souligné le mélange du spirituel et du moderne avec des interprétations modernes. "C'est par la louange et les invocations de l'esprit de Dieu et du Prophète de Dieu." Et d'ajouter : "En fait, j'ai vécu cette atmosphère de l'al-Hadra comme celle que nous connaissions et avec laquelle nous avons grandi, bien qu'avec certains changements et une touche artistique supplémentaire."

"L'al-Hadra est un rassemblement pour l'invocation et la louange dans un cercle organisé en lignes ouvertes fermées par nom. Il comporte des chants religieux interprétés d'une voix légère, puis plus forte. Il propose également des contractions et des louanges qui décrivent la nature de l'amour, la passion, la mort, la tombe, le jour du Jugement, le paradis et l'enfer", a expliqué al-Jaziri.

“Il comprend aussi des danses et des mouvements jusqu'à ce que les participants atteignent l'extase. C'est le sens de la pureté spirituelle et de la gratitude. Il résume le voyage de l'homme, où qu'il aille. Il montre le caractère tunisien sous ses meilleurs aspects", a-t-il ajouté, décrivant le fondement soufi sur lequel se base son projet.

"C'est un spectacle différent en termes de vision et de performance. Il n'a rien à voir avec l'idée qu'a généralement le public de l'al-Hadra comme un spectacle basé sur les chants religieux et soufis, dans un cadre impliquant un certain nombre de rituels, dont l'apparition et les mouvements des chanteurs. Bien qu'ils soient censés être assis, nous les trouvons dans une position debout”, a expliqué Mohamed Kraeim.

Malgré ce changement radical, le spectacle a été magnifique, a expliqué à Magharebia Bilel ben Fadhel, un spectateur.

"Ce changement a rendu le spectacle plus universel et ouvert à toutes les cultures", a-t-il ajouté. "Il comporte également un message de rejet de l'extrémisme et de l'étroitesse d'esprit."
Houda Trabelsi (Magharebia)

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