Trois femmes endossent des rôles à la direction de la Banque Africaine de Développement



Donald Kaberuka, Président de l'AfDB, a annoncé, le 14 mai, que trois femmes ont été sélectionnées pour occuper des postes d'importance majeure à la Banque Africaine de Développement.

Cécilia Akintomide deviendra la toute première Secrétaire-Générale de la Banque, tandis qu'Hela Cheikhrouhou (photo) dirigera le Département des Energies Nouvelles, de l'Environnement et des Changements Climatiques. Gemina Archer-Davies sera à la tête de la Gestion des Ressources Humaines de l'institution.


"Je suis très heureux de faire ces nominations à des postes clés et d'augmenter le nombre de femmes aux plus hautes fonctions", a déclaré Kaberuka. Il y a 45% de femmes qui travaillent à l'AfDB, mais moins de 20% d'entre elles occupent des positions importantes.

"Ces trois nominations sont largement méritées", ajoute-t-il. "J'espère vraiment qu'elles tiendront lieu de modèles pour l'ensemble du personnel plus jeune dont je sais qu'il rengorge de potentiel".

Akintomide, du Nigeria, souligne le fait que ces nominations ont été faites sur la base de l'expérience professionnelle et non du sexe, et elle fait l'éloge de la banque, située à Tunis, pour avoir pris cette décision.

"Le continent africain est en train de connaître de grands changements et la Banque Africaine de Développement partage également cette tendance", ajoute-t-elle.

Archer-Davis, originaire du Sierra-Leone, affirme que sa promotion représente un exemple important.

"Ces nominations envoient un message positif aux états-membres et aux partenaires, en les encourageant à donner de la valeur aux compétences et à réaliser l'égalité entre les sexes", dit-elle.

Cheikhrouhou – née en Tunisie, ayant fait son éducation à Montréal - a exprimé le voeu d'incorporer des pratiques "vertes" au développement économique.

"Je suis très heureuse, et très excitée de commencer à travailler avec nos collègues, pour trouver dans les meilleurs délais des conditions appropriées à un développement qui respecte la nature".
Trois femmes endossent des rôles à la direction de la Banque Africaine de Développement
Les acteurs de la société civile à travers tout le Maghreb ont salué la décision de la nomination de trois femmes à de hautes fonctions.

"Toute femme nommée à un poste de décisionnaire, c'est une victoire sur ceux qui considèrent la femme comme un être humain imparfait. Toute femme nommée à un poste de décisionnaire, dans les organismes ou dans les organisations du continent africain, c'est une fenêtre de rêves colorés que nous ouvrons sur les pays plus riches, sur une vie qui soit plus juste", dit la journaliste marocaine Salma Jelassi.

Saloua Kerkri Belkziz, parlementaire marocaine, qualifie ces nominations de "grand pas en avant pour l’Afrique". Elle espère que ce sera un exemple pour le Maroc pour propulser de plus en plus de femmes dans les postes de décision notamment économiques et financiers.

"Au Maroc, on ne fait pas confiance aux femmes au niveau des responsabilités techniques et économiques", dit l'économiste Fadoua Bekkali, qui espère que la décision prise par l'AfDB participera au changement des mentalités locales.

Salika bent Mohammed, qui travaille dans la comptabilité et la gestion en Mauritanie, approuve elle aussi la décision prise par les responsables bancaires. Elle pense que ces nouvelles promotions mèneront à "de bons résultats qui serviront notre continent africain".

"De nombreux leaders, sur le continent, commencent à remarquer le grand potentiel des femmes. Et nous le savons bien en Mauritanie, parce que notre Ministre des Affaires Etrangères est une femme".

Bochra Belhaj Hmida, ancienne présidente de l'Association Tunisienne des Femmes Démocratiques, éprouve des sentiments mélangés sur ces nominations.

"Bien sûr, c'est une avancée postive vers l'égalité des sexes et un encouragement pour toutes les femmes qui désirent accéder à des postes de décisionnaires", dit-elle. "Alors félicitations à elles et à nous !"

Mais nommer des femmes à de hauts postes ne devrait pas avoir ce caractère de nouveauté, dit Belhaj Hmida. Pour elle, c'est la "confirmation qu'il y a encore beaucoup de travail à effectuer avant de réaliser l'égalité".

"Souligner que ces nominations sont un "dû", ce n'est rien d'autre que la preuve qu'il faut justifier continuellement les droits de la femme - ce n'est pas normal", ajoute-t-elle.

Le Président de l'association algérienne des Banques et des Institutions Financières déclare que les différences de sexe n'interviennent plus guère dans cette industrie.

"Les femmes tiennent généralement les postes clefs, de très haute technicité bancaire", dit Abderrahmane Benkhalfa. "Sur les 40 000 agents qui constituent la place bancaire et financière algérienne, les femmes tiennent les postes les plus sensibles" comme les systèmes de paiement, la gestion des compétences et la trésorerie said.

"C’est donc un mouvement naturel qu’elles soient aujourd’hui à la tête d’importantes institutions financières," ajoute-t-il.

Jamel Arfaoui à Tunis, Mouna Sadek à Alger, Siham Ali à Rabat et Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud à Nouakchott pour Magharebia
Photo Jamel Arfaoui (Magharebia)


Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 28035

Clubiste  (Tunisia)  |Lundi 24 Mai 2010 à 09h 52m |           
Voilà une vraie tunisienne qui nous honore tous bravo mme cheikhrouhou bonne chance et que dieu vous aide dans l'accomplissement de votre lourde tâche.