Ce soir ouverture du Festival de Carthage : Zaza



Tout commence avec la lumière. Les quelque 150 protagonistes de la Zaza de Fadhel Jaziri sont, en ce moment, des faisceaux — de bleu, des taches de rose, des éclats de jaune — quand on «donne» le bleu, c’est que le pianiste commence. Et quand le jaune se lève, c’est que le soliste chante. Dans cette polyphonie colorée, on entrevoit des ombres sur les gradins : Lotfi Bouchnaq, en tenue africaine, en chaussures sahariennes, attend calmement son tour.





Latifa Arfaoui, qui vient d’arriver du Caire, ravissante et emmitouflée dans un chèche de coton, raconte en riant, ses derniers concerts, et sa prochaine rencontre avec son public tunisien le 14, qu’on se le dise. Après, elle ira en Jordanie où elle chantera avec Richy Martin.


Sonia Mbarek, discrète et délicate, se concentre. Elle écoute les autres, mais on a l’impression qu’elle écoute surtout une voix intérieure.


Plus loin, Ahmed Hamza ascétique, blanchi mais guère vieilli, piaffe d’impatience. Il a envie de chanter.


C’est l’avant-dernière répétition. Et si personne ne s’énerve, tout le monde s’agite.


Lotfi Bouchnaq, qui a pris le micro, traque un do dièse récalcitrant, et réclame un retour de sonorisation.


Fadhel Jaziri, entre deux directives sur le son et la lumière, corrige l’ourlet d’un pantalon, remonte l’encolure d’une jebba que l’on soumet à son jugement.


Malek Sebaï, qui n’a pas encore accouché — mais qui fera certainement un bébé chanteur — affine la mise en place de ses danseurs. Latifa Arfaoui revient des coulisses, elle est ravie, la robe verte qu’elle portera ce soir est superbe.
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source: La Presse

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