Tunisie: Les chefs d'entreprises du Maghreb appellent à l'intégration économique



Les pays du Maghreb devraient mettre en place un climat économique qui garantisse la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux, ont déclaré les chefs d'entreprises réunis les 10 et 11 mai à Tunis.

Les participants au 2ème Forum des chefs d'entreprises du Maghreb, organisé en collaboration avec l'Union maghrébine des employeurs (UME) et l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA), ont affirmé que l'intégration régionale pouvait être renforcée.


"Les volumes des échanges entre les pays du Maghreb ne dépassent pas 3 pour cent du volume du commerce international, ce qui est négligeable comparé aux 70 pour cent avec l'Union européenne et aux 21 pour cent avec les pays de l'Asie de l'Est", a déclaré le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi à l'ouverture de ce forum.

En dépit des efforts visant à stimuler le commerce intra-maghrébin, les résultats restent en-deçà des attentes et des objectifs, a ajouté le Premier ministre.

Plus de 630 entreprises du Maghreb participaient à ce forum, dont 394 de Tunisie, 116 de Libye, 47 du Maroc, 45 d'Algérie et 30 de Mauritanie. Les ministres de plusieurs pays du Maghreb et leurs ambassadeurs en Tunisie, ainsi que les responsables de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), étaient également présents.

Ghannouchi a expliqué que les gouvernements avaient joué un rôle important dans la promotion des investissements maghrébins en supprimant les barrières que rencontraient les entrepreneurs, en simplifiant les procédures douanières et en abaissant les droits de douane.

Mais le processus de création d'une union commerciale du Maghreb reste encore instable, a déclaré le président du Forum des chefs d'entreprises du Maghreb, Ibrahim Hafeth.

Il a appelé à "plus d'efforts pour réaliser... l'intégration dans la région du Maghreb", notamment la création de sociétés de construction maghrébines et la mise en place d'un fort secteur alimentaire.

Une récente étude parrainée par la Banque africaine de développement a montré que la création d'un environnement économique maghrébin libre et unifié et la mise en place d'un réseau de ressources humaines permettrait d'apporter jusqu'à 1,84 point de PIB à chacun des pays, tout en contribuant à résoudre des problèmes tels que le chômage.

De nombreux participants ont cité la coopération tuniso-libyenne comme un modèle pour l'action du Maghreb.

"Il existe des intérêts mutuels et des accords entre la Tunisie et la Libye, ainsi que des réunions régulières de la commission tuniso-libyenne qui examine les opportunités d'investissement et le commerce bilatéral", a expliqué à Magharebia Mohamed Haweij, secrétaire du Comité populaire général libyen pour l'industrie, l'économie et le commerce.

Il a expliqué qu'une action rapide sur le front maghrébin "ne sera pas possible tant que des questions comme la contrebande, la fraude commerciale, la contrefaçon et la distorsion des processus économiques ne seront pas traitées, en plus du fait de supprimer les barrières, notamment à la liberté de circulation".

Pour Mahdi Maawiya, un chef d'entreprise marocain, "il est impossible de bâtir l'intégration économique du Maghreb tant que les frontières entre le Maroc et l'Algérie resteront fermées à cause de la question du Sahara Occidental".



"Je pense que l'Algérie et le Maroc devraient porter la responsabilité du blocage de l'unité du Maghreb, et du développement de l'économie maghrébine, car ils représentent près de la moitié du total de la région et la moitié de sa population", a ajouté cet entrepreneur.

Le ministre marocain de l'Economie et des Finances Salah Eddine Mezouar a affirmé que "les deux parties sont déterminées à régler ce conflit aussi rapidement que possible."

Mezouar a appelé le secteur privé à élargir ses activités, intensifier ses investissements et adopter une approche basée sur l'intégration et le partenariat.

Pour sa part, le président du Forum des chefs d'entreprises (FCE) algérien, Redha Hamiani, a ajouté que "la région du Maghreb dispose d'une grande opportunité d'intégration".
Monia Ghanmi (Magharebia)

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