Après des années d'imbroglio judiciaire, le Royaume-Uni a finalement décidé la semaine dernière d'extrader l'escroc milliardaire Abdelmoumen Rafik Khalifa vers l'Algérie. Certaines de ses victimes ont déjà demandé que le gouvernement algérien les indemnisent pour les pertes qu'ils ont encourues.
Mais certains demandent aussi que le gouvernement poursuive un ancien haut responsable dont ils estiment qu'il n'a pas arrêté cette fraude.
Le Home Office britannique a approuvé le 28 avril l'extradition de Khalifa, cet ancien milliardaire qui était autrefois à la tête d'un empire dans la banque et dans d'autres affaires. En 2007, un tribunal de Blida l'avait condamné par contumace à la prison à vie pour conspiration criminelle, vol aggravé, détournement de fonds et fraude dans l'affaire de la Khalifa Bank. Il avait été par la suitearrêté au Royaume-Uni, qui avait accédé l'année dernière à la demande d'extradition présentée par l'Algérie.
Mais de nombreux Algériens estiment que l'origine du scandale remonte plus haut. Dans une lettre rendue publique le 30 avril, un groupe de victimes de cette fraude a demandé au Président Abdelaziz Bouteflika de prendre "des décisions courageuses" qui leur permettent de récupérer leur argent.
Ces victimes se demandent également pourquoi l'ancien Gouverneur de la Banque d'Algérie Abdelouahab Keramane n'a pas été arrêté alors qu'il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.
"Tout le monde parle de Khalifa, alors que le vrai coupable est [Keramane]", a déclaré à Magharebia Omar Abed, un représentant du collectif des clients spoliés par la banque.
"[Keramane] savait très bien que la banque Khalifa était en faillite, mais il n’a rien fait pour sauver les clients de cette banque", ajoute-t-il. "Pire, il a sauvé sa peau en laissant derrière lui plusieurs milliers de clients spoliés par une arnaque préparée à l’avance."
Le tribunal de Blida avait condamné Keramane, qui vivait alors apparemment en France, à vingt ans de prison. Son frère Abdennour Keramane, ancien ministre de l'Industrie et représentant de Khalifa Airways à Milan, avait pour sa part écopé de dix ans.
Khalifa avait fondé la Khalifa Bank en 1998. Ce groupe bancaire, qui avait également créé Khalifa Airways, comptait quelque 20 000 salariés. En 2002, après avoir détecté des irrégularités, les autorités avaient interdit à la banque de s'engager dans le commerce international. La Khalifa Bank s'était déclarée en faillite en 2003.
Pour Abed, la décision d'extrader Khalifa ne résoudra pas les problèmes des victimes de la fraude, qui attendent toujours de récupérer leur argent.
"Ce n'est pas l'extradition de Khalifa qui nous intéresse", a expliqué Abed. "Il détenait une Banque agréée par l’Etat et son extradition ne concerne que le gouvernement."
"C’est la Banque d’Algérie qui est responsable de notre spoliation, parce que c’est elle qui a permis à cette banque d’opérer en toute légalité", ajoute-t-il. "C’est donc à la Banque d’Algérie de nous rembourser."
L'effondrement de la Khalifa Bank avait entraîné la ruine financière de nombreux déposants. Abed explique que certaines des victimes de cette fraude sont "épuisées par la pression et le désespoir" et ajoute que ce scandale a entraîné des suicides, des divorces et de nombreux cas de dépression.
Khalifa devrait faire appel de son extradition.
"Il faudrait d’abord savoir si la cour d’appel a statué pour pouvoir juger de la possibilité de son extradition. Khalifa peut désormais introduire un recours devant la Cour suprême dans un délai qui ne saurait dépasser les quatorze jours", a expliqué Me Mokrane Ait Larbi à Magharebia. "Au cas où Khalifa échouerait à toutes les voies de recours, l’affaire deviendrait alors diplomatique et irait nettement plus vite. D’autant que le gouvernement britannique a allégé les procédures d’extradition depuis l’affaire du terroriste réfugié à Londres."
"Dans la mesure où l’Algérie et le Royaume-Uni ont déjà signé une convention d’extradition, il ne devrait plus y avoir de couacs supplémentaires", a ajouté cet avocat.
Mais certains demandent aussi que le gouvernement poursuive un ancien haut responsable dont ils estiment qu'il n'a pas arrêté cette fraude.

Le Home Office britannique a approuvé le 28 avril l'extradition de Khalifa, cet ancien milliardaire qui était autrefois à la tête d'un empire dans la banque et dans d'autres affaires. En 2007, un tribunal de Blida l'avait condamné par contumace à la prison à vie pour conspiration criminelle, vol aggravé, détournement de fonds et fraude dans l'affaire de la Khalifa Bank. Il avait été par la suitearrêté au Royaume-Uni, qui avait accédé l'année dernière à la demande d'extradition présentée par l'Algérie.
Mais de nombreux Algériens estiment que l'origine du scandale remonte plus haut. Dans une lettre rendue publique le 30 avril, un groupe de victimes de cette fraude a demandé au Président Abdelaziz Bouteflika de prendre "des décisions courageuses" qui leur permettent de récupérer leur argent.
Ces victimes se demandent également pourquoi l'ancien Gouverneur de la Banque d'Algérie Abdelouahab Keramane n'a pas été arrêté alors qu'il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.
"Tout le monde parle de Khalifa, alors que le vrai coupable est [Keramane]", a déclaré à Magharebia Omar Abed, un représentant du collectif des clients spoliés par la banque.
"[Keramane] savait très bien que la banque Khalifa était en faillite, mais il n’a rien fait pour sauver les clients de cette banque", ajoute-t-il. "Pire, il a sauvé sa peau en laissant derrière lui plusieurs milliers de clients spoliés par une arnaque préparée à l’avance."
Le tribunal de Blida avait condamné Keramane, qui vivait alors apparemment en France, à vingt ans de prison. Son frère Abdennour Keramane, ancien ministre de l'Industrie et représentant de Khalifa Airways à Milan, avait pour sa part écopé de dix ans.
Khalifa avait fondé la Khalifa Bank en 1998. Ce groupe bancaire, qui avait également créé Khalifa Airways, comptait quelque 20 000 salariés. En 2002, après avoir détecté des irrégularités, les autorités avaient interdit à la banque de s'engager dans le commerce international. La Khalifa Bank s'était déclarée en faillite en 2003.
Pour Abed, la décision d'extrader Khalifa ne résoudra pas les problèmes des victimes de la fraude, qui attendent toujours de récupérer leur argent.
"Ce n'est pas l'extradition de Khalifa qui nous intéresse", a expliqué Abed. "Il détenait une Banque agréée par l’Etat et son extradition ne concerne que le gouvernement."
"C’est la Banque d’Algérie qui est responsable de notre spoliation, parce que c’est elle qui a permis à cette banque d’opérer en toute légalité", ajoute-t-il. "C’est donc à la Banque d’Algérie de nous rembourser."
L'effondrement de la Khalifa Bank avait entraîné la ruine financière de nombreux déposants. Abed explique que certaines des victimes de cette fraude sont "épuisées par la pression et le désespoir" et ajoute que ce scandale a entraîné des suicides, des divorces et de nombreux cas de dépression.
Khalifa devrait faire appel de son extradition.
"Il faudrait d’abord savoir si la cour d’appel a statué pour pouvoir juger de la possibilité de son extradition. Khalifa peut désormais introduire un recours devant la Cour suprême dans un délai qui ne saurait dépasser les quatorze jours", a expliqué Me Mokrane Ait Larbi à Magharebia. "Au cas où Khalifa échouerait à toutes les voies de recours, l’affaire deviendrait alors diplomatique et irait nettement plus vite. D’autant que le gouvernement britannique a allégé les procédures d’extradition depuis l’affaire du terroriste réfugié à Londres."
"Dans la mesure où l’Algérie et le Royaume-Uni ont déjà signé une convention d’extradition, il ne devrait plus y avoir de couacs supplémentaires", a ajouté cet avocat.





Kadhem Essaher - سلّمتك بيد الله
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