Le tsunami providentiel



Cet élan de solidarité internationale en faveur du Sud-Est asiatique fait paradoxalement penser à cette boutade d'un cynisme morbide : on ne prête qu'aux riches. Les dragons du sud-est asiatique - même s'ils ont provoqué une bulle catastrophique lors des années 90 - intéressent l'Occident au grand cœur.





Sauf que l'Amérique est trop occupée à dessiner les contours, à travers le continent (du nord au sud) de ce qui va être le premier marché du monde (Etats-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Argentine, Venezuela etc...) et que l'Europe ne s'en sort pas avec son élargissement horizontal.

Or voilà qu'un certain Tsunami vient comme un don de la Providence. Un élan de solidarité exceptionnel se crée (+ de deux milliards de dollars) au point que "Médecins sans frontières" demande qu'on ne leur envoie plus rien. Le Tsunami ouvre de grandes perspectives de délocalisations, d'externalisations et de marché pour cet Occident en mal de croissance. On prête donc aux riches alors que des Africains meurent du Sida et de la famine dans l'indifférence quasi générale sous couvert d'un beau prétexte : l'aide est détournée dans l'armement par des régimes et des milieux sanguinaires.


Raouf KHALSI


Le Temps


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