On n'a pas manqué, hier, de faire à Tony Blair, les honneurs de la maison. A peine eut-il débarqué à Bagdad qu'une explosion résonnait à quelques kilomètres au Nord, dans une base américaine.

Sur un ton empathique, rappelant vaguement celui de Churchill lors de la deuxième guerre mondiale, le Premier ministre britannique précisait que ce qui se passait en Irak était « un combat entre la démocratie et la terreur ». Et comme pour amortir le coup, il ajoute ceci : « Je pense que tout le monde comprend que la violence continuera même après l'élection ».
D'abord, la première remarque : de quelle démocratie et de quelle terreur parle Blair. Avant l'arrivée des Américains et des Britanniques, il n'y avait que la terreur d'un régime absolutiste, celui de Saddam, mais il n'y avait pas demande de démocratie, si ce n'est, peut-être, à travers une diaspora irakienne. Mais l'expérience montre que les opposants et les intellectuels arabes combattent contre leurs régimes mais drapent ce combat d'une démocratie à laquelle ils ne croient pas et qui n'est pas dans leur culture. Les modèles de démocratie, construits et façonnés de l'extérieur pour le monde arabe, sont voués à l'échec.
Ensuite, la deuxième remarque : la violence durera même après les élections, dit Blair. Rien de plus évident.
Sunnites et Chiîtes continueront de s'entre-tuer. Et Saddam et Bush en auront l'insigne honneur. Saddam pour avoir tétanisé les Sunnites. Et Bush pour avoir « libéré » les Chiîtes.
Raouf KHALSI
Le Temps

Sur un ton empathique, rappelant vaguement celui de Churchill lors de la deuxième guerre mondiale, le Premier ministre britannique précisait que ce qui se passait en Irak était « un combat entre la démocratie et la terreur ». Et comme pour amortir le coup, il ajoute ceci : « Je pense que tout le monde comprend que la violence continuera même après l'élection ».
D'abord, la première remarque : de quelle démocratie et de quelle terreur parle Blair. Avant l'arrivée des Américains et des Britanniques, il n'y avait que la terreur d'un régime absolutiste, celui de Saddam, mais il n'y avait pas demande de démocratie, si ce n'est, peut-être, à travers une diaspora irakienne. Mais l'expérience montre que les opposants et les intellectuels arabes combattent contre leurs régimes mais drapent ce combat d'une démocratie à laquelle ils ne croient pas et qui n'est pas dans leur culture. Les modèles de démocratie, construits et façonnés de l'extérieur pour le monde arabe, sont voués à l'échec.
Ensuite, la deuxième remarque : la violence durera même après les élections, dit Blair. Rien de plus évident.
Sunnites et Chiîtes continueront de s'entre-tuer. Et Saddam et Bush en auront l'insigne honneur. Saddam pour avoir tétanisé les Sunnites. Et Bush pour avoir « libéré » les Chiîtes.
Raouf KHALSI
Le Temps





Abdelhalim Hafed - موعود
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