« Il montrait des femmes nues avec des versets du Coran écrits sur la peau ». Theo Van Gogh, lointain rejeton du peintre « maudit », Vincent – celui qui faisait miroiter le soleil et la lumière à travers ses tournesols – a confondu entre obscurantisme, exégèse, et valeurs morales et sociales du Coran, comme on en trouve
d’ailleurs dans la Bible et les Evangiles.
Il y a une différence fondamentale entre critiquer des pratiques autour d’une religion, et dénigrer, tourner à la dérision, la sacralité d’une religion. Mais, en fait, que faisait ce cinéaste provocateur pourfendeur d’un « Islam » qui n’est pas le nôtre et qu’il ne connaît pas ? Il faisait simplement le jeu, donnait de succulents prétextes à la déferlante islamiste qui, elle, connaît parfaitement les versets et les préceptes du Coran, mais instrumentalise une vision erronée, rétrograde et finalement réductrice de la Chariaâ.
Par quelle myopie politique, sur quels supports s’appuient les radicalistes anti-islamistes (politiciens, écrivains, cinéastes confondus !) pour déblayer le terrain sur le chemin d’un nouveau choc des civilisations ? Au nom de la liberté d’expression ? Dans le fil droit de cette curieuse jurisprudence ayant absout (dans le temps et en Hollande même) le grand écrivain Gérard Reve poursuivi par les calvinistes pour avoir comparé « Dieu à un âne » ! Qu’est-ce qu’on entend par blasphème ?
Quelle est la ligne de démarcation entre l’athéisme et le blasphème ? Etre athée est-ce un acte blasphématoire ?
Mais être chrétien, protestant, orthodoxe, hébreu, bouddhiste et dénigrer avec autant d’obscénité et de désinvolture une religion révélée, sanctifiée par un livre – malheureusement méconnu bien qu’il serve de guide à la plus grande confession religieuse de la population mondiale – cela n’a qu’un seul mot : provocation. Nous avons encore en mémoire le tollé provoqué par Mel Gibson avec « La passion du Christ » - Et encore , il ne dénigrait pas les Evangiles, ni la Bible, mais la cupidité des Judas et des « intégristes » hébreux ayant acculé Pialat à crucifier le Christ. Or, Theo Van Gogh, comme bien d’autres parmi ses pairs cinéastes et intellectuels en Europe, a choisi de se moquer d’un Islam que chacun interprète à sa manière, croyant que le livre ordonne la flagellation des femmes et la décapitation des infidèles. Les femmes autour du Prophète ont joué un rôle déterminant dans l’Islam. Et ceux que Ben Laden appelle « les infidèles » n’avaient qu’un impôt à payer en terre d’Islam pour leur refus d’adhérer à la religion.
Mais aujourd’hui, la facture que doivent payer les Musulmans modérés - en fait les vrais Musulmans – vivant en Europe est autrement lourde et humiliante : précarité, marginalisation, chasse aux sorcières, incendies de mosquées… C’est ce que voulait et c’est ce que veut Ben Laden en tant qu’icône de la déferlante islamiste. D’ailleurs, il s’est invité dans la campagne américaine et Bush a gagné…Il lui doit une fière chandelle !
Raouf KHALSI
Le Temps
d’ailleurs dans la Bible et les Evangiles.Il y a une différence fondamentale entre critiquer des pratiques autour d’une religion, et dénigrer, tourner à la dérision, la sacralité d’une religion. Mais, en fait, que faisait ce cinéaste provocateur pourfendeur d’un « Islam » qui n’est pas le nôtre et qu’il ne connaît pas ? Il faisait simplement le jeu, donnait de succulents prétextes à la déferlante islamiste qui, elle, connaît parfaitement les versets et les préceptes du Coran, mais instrumentalise une vision erronée, rétrograde et finalement réductrice de la Chariaâ.
Par quelle myopie politique, sur quels supports s’appuient les radicalistes anti-islamistes (politiciens, écrivains, cinéastes confondus !) pour déblayer le terrain sur le chemin d’un nouveau choc des civilisations ? Au nom de la liberté d’expression ? Dans le fil droit de cette curieuse jurisprudence ayant absout (dans le temps et en Hollande même) le grand écrivain Gérard Reve poursuivi par les calvinistes pour avoir comparé « Dieu à un âne » ! Qu’est-ce qu’on entend par blasphème ?
Quelle est la ligne de démarcation entre l’athéisme et le blasphème ? Etre athée est-ce un acte blasphématoire ?
Mais être chrétien, protestant, orthodoxe, hébreu, bouddhiste et dénigrer avec autant d’obscénité et de désinvolture une religion révélée, sanctifiée par un livre – malheureusement méconnu bien qu’il serve de guide à la plus grande confession religieuse de la population mondiale – cela n’a qu’un seul mot : provocation. Nous avons encore en mémoire le tollé provoqué par Mel Gibson avec « La passion du Christ » - Et encore , il ne dénigrait pas les Evangiles, ni la Bible, mais la cupidité des Judas et des « intégristes » hébreux ayant acculé Pialat à crucifier le Christ. Or, Theo Van Gogh, comme bien d’autres parmi ses pairs cinéastes et intellectuels en Europe, a choisi de se moquer d’un Islam que chacun interprète à sa manière, croyant que le livre ordonne la flagellation des femmes et la décapitation des infidèles. Les femmes autour du Prophète ont joué un rôle déterminant dans l’Islam. Et ceux que Ben Laden appelle « les infidèles » n’avaient qu’un impôt à payer en terre d’Islam pour leur refus d’adhérer à la religion.
Mais aujourd’hui, la facture que doivent payer les Musulmans modérés - en fait les vrais Musulmans – vivant en Europe est autrement lourde et humiliante : précarité, marginalisation, chasse aux sorcières, incendies de mosquées… C’est ce que voulait et c’est ce que veut Ben Laden en tant qu’icône de la déferlante islamiste. D’ailleurs, il s’est invité dans la campagne américaine et Bush a gagné…Il lui doit une fière chandelle !
Raouf KHALSI
Le Temps





Abdelhalim Hafed - موعود
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