Syrie: une explosion et des victimes à  Damas



Selon la télévision « Al Arabiya », une explosion s’est produite ce matin dans la banlieue de Damas. La déflagration s’est produite dans le quartier Saïda Zeïnab, très fréquenté par les pèlerins chiites. Selon des témoins, l’attaque a visé des pèlerins iraniens.


Des Iraniens, en pèlerinage à Saïda Zeïnab, auraient été visés




Aucun détail n’est encore disponible concernant le nombre des victimes et leur nationalité, bien que des témoins interrogés par la télévision « Al Arabiya » évoquent que plusieurs personnes ont été tuées, et d’autres blessés, notamment parmi les Iraniens.


Selon le site libanais « Now Lebanon », Saïd Jalili, le chef du Conseil national iranien de Sécurité nationale et principal négociateur iranien dans le dossier nucléaire, en visite à Damas, a annulé une conférence de presse prévue dans la capitale syrienne, et s’est rendu sur le lieu de l’attentat. Jalili est arrivé hier soir en Syrie pour une visite de deux jours, qui, selon le quotidien syrien « Al Watan », vise à « renforcer l’alliance stratégique entre Damas et Téhéran, et à mettre les responsables syriens au courant des derniers développements du dossier nucléaire iranien ».


Plusieurs sources syriennes affirment que les forces de sécurité ont bouclé le quartier et interdit quiconque de s’en approcher. Après le bouclage de la zone, les médias iraniens et syriens ont tenté de minimiser l’importance de l’explosion. La télévision iranienne souligne en effet que « l’explosion de Damas serait accidentelle, due à une bouteille de gaz, et affirme que l’autocar qui a été soufflé par l’explosion était vide. Son chauffeur s’était rendu à une station-service pour faire le plein ». Selon les médias syriens, l’explosion a fait trois morts, un ressortissant iranien et deux syriens employés de la station-service. D’autres sources affirment au contraire que le bilan est plus lourd, évoquant au moins six morts. Le ministre syrien de l’Intérieur écarte à l’instant l’éventualité d’un acte terroriste, précisant qu’il s’agit de « l’explosion du pneu de l’autocar », qui a quand même soufflé les vitres des immeubles voisins !

La Syrie tente ainsi de minimiser l’importance de l’explosion. Généralement, les Syriens accusent, avec précipitation, Israël, les Etats-Unis ou les mouvements islamistes radicaux « qui ont proliféré en raison de la politique américaine et israélienne », selon la terminologie syrienne. Or, en attribuant l’explosion à une bouteille de gaz ou à un pneu, la Syrie semble avoir avalé une couleuvre. Dans ce cas de figure, deux hypothèses s’imposent :

- l’explosion pourrait avoir résulté de la lutte intestine qui oppose, au sein du régime syrien, le courant dit modéré qui souhaite prendre ses distances avec Téhéran et s’ouvrir sur l’Occident et les pays arabes d’une part, à l’aile radicale favorable à la pousuite et au renforcement de l’alliance avec la République islamique d’Iran d’autre part ;

- l’explosion serait l’œuvre de l’Iran, dans l’objectif de rappeler la Syrie à l’ordre. Téhéran craint en effet que le régime de Bachar Al-Assad, très courtisé notamment par la France, ne rompe l’alliance stratégique qui le lie à Téhéran depuis quatre décennies.

Ces deux hypothèses confirment l’existence de divergences entre Damas et Téhéran et relancent les interrogations sur la destination des armes iraniennes saisies par Israël, le 03 novembre dernier, à bord du cargo « Francop ». [Lire notre analyse à ce sujet, du 20 novembre 2009,
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Non  (Tunisia)  |Jeudi 03 Decembre 2009 à 10h 38m |