Mouna Oueslati, 28 ans, est la plus jeune des nombreux candidats aux élections législatives du 25 octobre en Tunisie. La vision de cette jeune diplômée de l'université pour son pays inclut un changement démocratique et un renforcement de la participation des jeunes pour tracer l'avenir de la nation.
L'heure est peut-être propice à la candidature d'Oueslati, qui intervient dans un contexte de plus grandes chances pour les jeunes Tunisiens de participer à la vie politique. Le récent amendement au Code électoral, qui abaisse l'âge du vote de 20 à 18 ans, a conduit les partis politiques à rechercher les suffrages de la jeunesse.
Par Jamel Arfaoui ( Magharebiaà
Magharebia: Pourriez-vous vous présenter rapidement pour nos lecteurs ?
Mouna Oueslati: Je suis née le 28 décembre 1981. Je suis membre du bureau exécutif de l'Union générale des étudiants tunisiens (UGET). Je suis titulaire d'une maîtrise en comptabilité et suis inscrite en troisième cycle du programme de comptabilité.
Je suis fière d'être tunisienne. Comme la plupart des jeunes garçons et filles, je rêve de parvenir à la stabilité sociale et financière. Je crois aussi en la nécessité de l'introduction de réformes démocratiques et de permettre à la jeunesse tunisienne de disposer des ressources nécessaires pour réaliser ses rêves sur le territoire national.
Magharebia: Que signifie pour vous d'être la plus jeune candidate à ces élections législatives ?
Oueslati: Je suis citoyenne tunisienne, âgée de plus de 23 ans, qui est l'âge minimum pour une candidature au parlement.

Magharebia: Comment vous est venue l'idée de vous présenter ?
Oueslati: Du désir de jouer un rôle sur la scène publique et de ma croyance dans la nécessité d'un changement démocratique et de la revitalisation des institutions. Je voulais participer à ces élections législatives 2009. S'y ajoute le fait que je suis une jeune femme tunisienne et que j'ai foi dans le rôle de la jeunesse dans tout changement démocratique.
Ma participation a donc trouvé une double justification : d'abord une raison personnelle, à savoir développer ma propre expérience et ma conscience civique, pour faire entendre la voix des jeunes et exprimer leurs aspirations. Ensuite, les listes de la démocratie et de la justice sociale semblent refléter la véritable image de la nation tunisienne, dans toutes ses composantes, et exprimer sa composition, ses aspirations et ses demandes. La société tunisienne est jeune, il est donc naturel que la composition de ces listes reflète cette réalité, plutôt que de l'ignorer. Les jeunes, avec leur dynamisme, leur préparation et leur "pureté", peuvent tracer la voie au changement démocratique. Ils peuvent facilement refléter les diverses couches et forces de la nation pour y insuffler un espoir suffisant pour un avenir meilleur. Notre participation repose sur notre conviction que le système républicain est essentiellement basé sur la citoyenneté, qui, à son tour, se caractérise par le droit à élire et à choisir.
De ce fait, la participation aux élections sur les listes des candidats indépendants sous le slogan "A la recherche de la démocratie et de la justice sociale" est une étape que nous considérons essentielle pour développer nos pratiques civiques et démocratiques, pour sortir les Tunisiens de l'ornière du négatif et de la résignation politique, et les aider à gérer les affaires et participer au processus de décision politique.
Magharebia: Quel programme politique proposez-vous ?
Oueslati: Nous attendons encore la liste définitive, et n'avons donc pas encore commencé à forger notre programme. Mais voici un rapide condensé de nos propositions, qui visent à mettre en place une république démocratique, avec la séparation de la religion et de l'Etat, et le maintien de la neutralité de l'Etat vis-à-vis de la foi, empêchant la religion d'être manipulée à des fins politiques par de quelconques partis, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition. [Notre liste comprend :]
- Le respect des libertés publiques et individuelles, ainsi que de la liberté de croyance, le respect des droits de l'Homme et leur protection contre toute atteinte ;
- L'égalité parfaite entre les sexes, et la prévention de toute discrimination basée sur le sexe et les croyances entre tous les membres de la société ;
- La mise en place d'une république démocratique sur la base de l'entière citoyenneté ;
- L'organisation de scrutins publics directs comme seule source légitime de pouvoir ;
- Le respect de la société civile, en tant qu'espace de citoyenneté, de liberté et de contre-autorité ;
- La garantie de l'absence de préjugés gouvernementaux à l'égard des citoyens, quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions politiques ;
- Et la répartition des pouvoirs, la séparation de l'autorité, l'indépendance de la justice par rapport à l'exécutif, et la contrôle de l'exécutif par le pouvoir législatif.
Cette liste étant essentiellement composée de jeunes, nous chercherons à traiter le rôle de la jeunesse dans la gestion des affaires publiques, le problème du chômage et du recrutement des jeunes diplômés de l'université, l'activation du rôle des femmes dans la vie politique et le renforcement du principe de l'égalité entre les sexes.
Magharebia: Qui finance votre campagne ?
Oueslati: Notre campagne sera auto-financée, c'est-à-dire financée par les candidats présents sur nos listes, en plus du financement public prévu par le Code électoral. Cela est en soi conforme avec le principe fondamental de la liste, à savoir la dépendance sur les fonds publics et propres, et le rejet de toute source de financement étranger. C'est un aspect que nous avons défini lors de la préparation de cette liste, en ayant l'habitude de nous retrouver dans la rue ou dans les cafés de la capitale.
Magharebia: Si vous entrez au parlement, quelle sera la première législation que vous proposerez ?
Oueslati: Un amendement à la loi sur les partis, afin de lever les restrictions imposées au droit de former des instances et au droit aux pratiques politiques, syndicales et civiles.
L'adoption d'une loi en faveur des aides au chômage, ainsi qu'une couverture d'assistance sociale pour les sans-emplois, notamment les jeunes diplômés.
Magharebia: Pourquoi ne pas vous être présentée sur l'une des listes des partis existants ?
Oueslati: Aucun de ces partis ne propose des programmes répondant à mes convictions, notamment concernant le fait de considérer les jeunes comme une composante essentielle des processus décisionnels et de la défense de la démocratie – par le biais d'actions et de pratiques véritables – et les valeurs de la raison et du progrès.
J'ai été militante dans le cadre de l'initiative nationale pour la démocratie et le progrès, au comité des femmes et de l'égalité. J'ai ressenti un certain manque de sérieux dans la direction du Mouvement Ettajdid et son désir de monopoliser les décisions et de traiter les jeunes comme de simples chiffres, sans rôle à jouer dans les manoeuvres politiques.
Photo Jamel Arfaoui (Magharebiaà
L'heure est peut-être propice à la candidature d'Oueslati, qui intervient dans un contexte de plus grandes chances pour les jeunes Tunisiens de participer à la vie politique. Le récent amendement au Code électoral, qui abaisse l'âge du vote de 20 à 18 ans, a conduit les partis politiques à rechercher les suffrages de la jeunesse.
Par Jamel Arfaoui ( Magharebiaà
Magharebia: Pourriez-vous vous présenter rapidement pour nos lecteurs ?
Mouna Oueslati: Je suis née le 28 décembre 1981. Je suis membre du bureau exécutif de l'Union générale des étudiants tunisiens (UGET). Je suis titulaire d'une maîtrise en comptabilité et suis inscrite en troisième cycle du programme de comptabilité.
Je suis fière d'être tunisienne. Comme la plupart des jeunes garçons et filles, je rêve de parvenir à la stabilité sociale et financière. Je crois aussi en la nécessité de l'introduction de réformes démocratiques et de permettre à la jeunesse tunisienne de disposer des ressources nécessaires pour réaliser ses rêves sur le territoire national.
Magharebia: Que signifie pour vous d'être la plus jeune candidate à ces élections législatives ?
Oueslati: Je suis citoyenne tunisienne, âgée de plus de 23 ans, qui est l'âge minimum pour une candidature au parlement.

Magharebia: Comment vous est venue l'idée de vous présenter ?
Oueslati: Du désir de jouer un rôle sur la scène publique et de ma croyance dans la nécessité d'un changement démocratique et de la revitalisation des institutions. Je voulais participer à ces élections législatives 2009. S'y ajoute le fait que je suis une jeune femme tunisienne et que j'ai foi dans le rôle de la jeunesse dans tout changement démocratique.
Ma participation a donc trouvé une double justification : d'abord une raison personnelle, à savoir développer ma propre expérience et ma conscience civique, pour faire entendre la voix des jeunes et exprimer leurs aspirations. Ensuite, les listes de la démocratie et de la justice sociale semblent refléter la véritable image de la nation tunisienne, dans toutes ses composantes, et exprimer sa composition, ses aspirations et ses demandes. La société tunisienne est jeune, il est donc naturel que la composition de ces listes reflète cette réalité, plutôt que de l'ignorer. Les jeunes, avec leur dynamisme, leur préparation et leur "pureté", peuvent tracer la voie au changement démocratique. Ils peuvent facilement refléter les diverses couches et forces de la nation pour y insuffler un espoir suffisant pour un avenir meilleur. Notre participation repose sur notre conviction que le système républicain est essentiellement basé sur la citoyenneté, qui, à son tour, se caractérise par le droit à élire et à choisir.
De ce fait, la participation aux élections sur les listes des candidats indépendants sous le slogan "A la recherche de la démocratie et de la justice sociale" est une étape que nous considérons essentielle pour développer nos pratiques civiques et démocratiques, pour sortir les Tunisiens de l'ornière du négatif et de la résignation politique, et les aider à gérer les affaires et participer au processus de décision politique.
Magharebia: Quel programme politique proposez-vous ?
Oueslati: Nous attendons encore la liste définitive, et n'avons donc pas encore commencé à forger notre programme. Mais voici un rapide condensé de nos propositions, qui visent à mettre en place une république démocratique, avec la séparation de la religion et de l'Etat, et le maintien de la neutralité de l'Etat vis-à-vis de la foi, empêchant la religion d'être manipulée à des fins politiques par de quelconques partis, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition. [Notre liste comprend :]
- Le respect des libertés publiques et individuelles, ainsi que de la liberté de croyance, le respect des droits de l'Homme et leur protection contre toute atteinte ;
- L'égalité parfaite entre les sexes, et la prévention de toute discrimination basée sur le sexe et les croyances entre tous les membres de la société ;
- La mise en place d'une république démocratique sur la base de l'entière citoyenneté ;
- L'organisation de scrutins publics directs comme seule source légitime de pouvoir ;
- Le respect de la société civile, en tant qu'espace de citoyenneté, de liberté et de contre-autorité ;
- La garantie de l'absence de préjugés gouvernementaux à l'égard des citoyens, quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions politiques ;
- Et la répartition des pouvoirs, la séparation de l'autorité, l'indépendance de la justice par rapport à l'exécutif, et la contrôle de l'exécutif par le pouvoir législatif.
Cette liste étant essentiellement composée de jeunes, nous chercherons à traiter le rôle de la jeunesse dans la gestion des affaires publiques, le problème du chômage et du recrutement des jeunes diplômés de l'université, l'activation du rôle des femmes dans la vie politique et le renforcement du principe de l'égalité entre les sexes.
Magharebia: Qui finance votre campagne ?
Oueslati: Notre campagne sera auto-financée, c'est-à-dire financée par les candidats présents sur nos listes, en plus du financement public prévu par le Code électoral. Cela est en soi conforme avec le principe fondamental de la liste, à savoir la dépendance sur les fonds publics et propres, et le rejet de toute source de financement étranger. C'est un aspect que nous avons défini lors de la préparation de cette liste, en ayant l'habitude de nous retrouver dans la rue ou dans les cafés de la capitale.
Magharebia: Si vous entrez au parlement, quelle sera la première législation que vous proposerez ?
Oueslati: Un amendement à la loi sur les partis, afin de lever les restrictions imposées au droit de former des instances et au droit aux pratiques politiques, syndicales et civiles.
L'adoption d'une loi en faveur des aides au chômage, ainsi qu'une couverture d'assistance sociale pour les sans-emplois, notamment les jeunes diplômés.
Magharebia: Pourquoi ne pas vous être présentée sur l'une des listes des partis existants ?
Oueslati: Aucun de ces partis ne propose des programmes répondant à mes convictions, notamment concernant le fait de considérer les jeunes comme une composante essentielle des processus décisionnels et de la défense de la démocratie – par le biais d'actions et de pratiques véritables – et les valeurs de la raison et du progrès.
J'ai été militante dans le cadre de l'initiative nationale pour la démocratie et le progrès, au comité des femmes et de l'égalité. J'ai ressenti un certain manque de sérieux dans la direction du Mouvement Ettajdid et son désir de monopoliser les décisions et de traiter les jeunes comme de simples chiffres, sans rôle à jouer dans les manoeuvres politiques.
Photo Jamel Arfaoui (Magharebiaà





Saber - عز الحبايب
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