Le samedi 17 juillet 2004 restera une date marquante dans l'histoire du Festival international de Carthage. Une date à marquer d'une pierre... noire tellement le spectacle présenté, ce soir là à l'amphithéâtre romain battait tous les records... de la médiocrité !
Non prévue dans le programme, cette soirée, a sonné le glas d'un festival prestigieux qui, avec quarante ans d'existence, a gagné ses galons depuis belle lurette et se trouve à l'âge adulte.
Appelé à confirmer sa réputation de haut lieu difficile et un passage obligé de toute star aspirant à la vraie gloire, notre cher festival risque de devenir, au contraire, un théâtre à quatre sous et où, business oblige, les considérations purement mercantiles, sont privilégiées au détriment des spectacles culturels et artistiques.
D'ailleurs, hormis quelques soirées, qui se comptent sur les doigts d'une main, la majorité des spectacles « proposés » sont réservés ou, plutôt, « offerts » à des pseudo chanteurs et chanteuses fabriqués de toutes pièces par les vidéos-clips dont nous gavent les dizaines de chaînes satellisables libanaises et égyptiennes.
Youri M'raqqadi, en manque de répertoire, s'est rabattu sur un cocktail de Abdelhalim qui a dû se retourner, ce soir-là, plus d'une fois dans sa tombe. Ce chanteur de clips s'est révélé, toutefois, un « génie » en comparaison avec la belle et pulpeuse Haïfa Wahbi. Celle-ci, à part un charme certain et une provocation voulue aidée par un corps de top model et une robe dénudante, n'a rien d'une chanteuse interprète.
Elle a eu beau appeler « Mustapha » et « Rajeb » à la rescousse. Rien à faire. On se demande, d'ailleurs, comment a-t-elle osé monter sur scène, une scène aussi mythique que celle de Carthage ? Sans un minimum de « SMIG » de voix, elle ne peut aspirer aller de l'avant. A moins qu'elle ait ses propres secrets pour lui ouvrir toutes les portes dont notamment celles du grand compositeur Elyès Rahabani. Mystère !
Sans remuer encore le couteau dans la plaie et maintenant que le mal est fait, il y a lieu de se demander si on peut arrêter l'hémorragie pendant qu'il en est encore temps. D'autres questions s'imposent. Qui dirige, en fait, le festival de Carthage ? Ce dernier, est-il, désormais, bradé voire carrément sacrifié au profit d'une chaîne satellitaire qui « achète » le nom et le prestige de notre festival pour faire la promotion de pseudo-stars de vidéo-clips meublant ses programmes ? Les responsables de notre culture sont-ils conscients des dégâts déjà causés, et qui vont l'être encore plus, à cette manifestation internationale ?
Jusque-là, on a bien compris et accepté qu'il y ait quelques spectacles dits à grande affluence, afin d'assurer un certain équilibre financier, mais il y a toujours des limites à tout.
Et la soirée de Haïfa Wahbi a été la goutte qui a fait déborder le vase. La côte d'alerte est déjà atteinte voire dépassée.
Tout notre espoir est qu'elle serve de signal d'alarme pour se ressaisir et revenir à une adéquate programmation.
Noureddine HLAOUI
Le temps
Non prévue dans le programme, cette soirée, a sonné le glas d'un festival prestigieux qui, avec quarante ans d'existence, a gagné ses galons depuis belle lurette et se trouve à l'âge adulte.
Appelé à confirmer sa réputation de haut lieu difficile et un passage obligé de toute star aspirant à la vraie gloire, notre cher festival risque de devenir, au contraire, un théâtre à quatre sous et où, business oblige, les considérations purement mercantiles, sont privilégiées au détriment des spectacles culturels et artistiques.
D'ailleurs, hormis quelques soirées, qui se comptent sur les doigts d'une main, la majorité des spectacles « proposés » sont réservés ou, plutôt, « offerts » à des pseudo chanteurs et chanteuses fabriqués de toutes pièces par les vidéos-clips dont nous gavent les dizaines de chaînes satellisables libanaises et égyptiennes.
Youri M'raqqadi, en manque de répertoire, s'est rabattu sur un cocktail de Abdelhalim qui a dû se retourner, ce soir-là, plus d'une fois dans sa tombe. Ce chanteur de clips s'est révélé, toutefois, un « génie » en comparaison avec la belle et pulpeuse Haïfa Wahbi. Celle-ci, à part un charme certain et une provocation voulue aidée par un corps de top model et une robe dénudante, n'a rien d'une chanteuse interprète.
Elle a eu beau appeler « Mustapha » et « Rajeb » à la rescousse. Rien à faire. On se demande, d'ailleurs, comment a-t-elle osé monter sur scène, une scène aussi mythique que celle de Carthage ? Sans un minimum de « SMIG » de voix, elle ne peut aspirer aller de l'avant. A moins qu'elle ait ses propres secrets pour lui ouvrir toutes les portes dont notamment celles du grand compositeur Elyès Rahabani. Mystère !
Sans remuer encore le couteau dans la plaie et maintenant que le mal est fait, il y a lieu de se demander si on peut arrêter l'hémorragie pendant qu'il en est encore temps. D'autres questions s'imposent. Qui dirige, en fait, le festival de Carthage ? Ce dernier, est-il, désormais, bradé voire carrément sacrifié au profit d'une chaîne satellitaire qui « achète » le nom et le prestige de notre festival pour faire la promotion de pseudo-stars de vidéo-clips meublant ses programmes ? Les responsables de notre culture sont-ils conscients des dégâts déjà causés, et qui vont l'être encore plus, à cette manifestation internationale ?
Jusque-là, on a bien compris et accepté qu'il y ait quelques spectacles dits à grande affluence, afin d'assurer un certain équilibre financier, mais il y a toujours des limites à tout.
Et la soirée de Haïfa Wahbi a été la goutte qui a fait déborder le vase. La côte d'alerte est déjà atteinte voire dépassée.
Tout notre espoir est qu'elle serve de signal d'alarme pour se ressaisir et revenir à une adéquate programmation.
Noureddine HLAOUI
Le temps





Abdelhalim Hafed - موعود
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