Le secteur du bâtiment en Tunisie : Bâtir pour Stimuler



Un récent rapport sur le secteur du bâtiment en Tunisie a été publié le 15 juin par l’Oxford Busines Group.

L’Oxford Business Group est un cabinet d’intelligence dont la mission est de fournir aux investisseurs étrangers les informations et les indications les plus complètes sur les possibilités d’investissement dans 25 pays émergents.
L’équipe d’Oxford Business Group, composée d''analystes internationaux a débuté ses recherches en Tunisie en 2002. Ses études sont désormais indispensables à la communauté d’affaires internationale dans un contexte de compétition toujours plus ardue entre les pays émergents.


Bâtir pour Stimuler Par Oxford busines group

Le bâtiment est depuis longtemps la pierre angulaire de l''économie tunisienne et, cette année, de nouveaux projets contribueront à stimuler une économie qui risque de connaître un ralentissement découlant de la crise financière mondiale. Depuis que les investisseurs des pays du Golfe s''y intéressent, soit depuis 2006, le secteur a été largement dominé par des projets de développement diversifiés et haut de gamme, mais, cette année, les dépenses intérieures en matière d''infrastructure et de logement sont une priorité absolue.


En 2008, le secteur du bâtiment occupait la quatrième position en termes d''importance dans l''économie tunisienne et, selon Chokri Driss, le président de la Fédération nationale des entrepreneurs de bâtiment et de travaux publics, ce secteur représentait environ 7% du produit intérieur brut (PIB) et employait un tiers de la population active. Cependant, cette force est relativement récente. En effet, bien que le gouvernement encourage depuis un moment les investissements privés, jusqu''en 2006, le secteur manquait de financement et bénéficiait surtout d''investissements locaux à petite échelle. Ce sont les promesses d''investissement des pays du Golfe, s''élevant à presque 36 milliard d''euros qui ont amené de nouvelles compétences et qui ont revitalisé le secteur.

Il n''en est pas moins qu''en 2009 l''investissement étranger direct (IED) sera difficile à assurer, notamment pour les projets de luxe. Bien que les complexes résidentiels, commerciaux, de bureaux, de tourisme et de loisirs soient encore d''actualité, la récession ralentit leur avancement.

Malgré le ralentissement prévu dans les projets de luxe, l''IED demeure une des composantes principales du plan du gouvernement en matière d''amélioration des infrastructures et de stimulation du secteur du bâtiment, et l''expansion dans le domaine devrait se poursuivre. Ainsi, la construction de l''Aéroport d''Enfidha de 70 000 m2, un projet de 400 millions d''euros accordé à la société turque Tepe-Akfen-Vie Airports Holding (TAV) sur la base d''un contrat construction, exploitation et transfert ainsi qu''un acte de concession de 40 ans, devrait être terminée en octobre 2009. De même, le projet réalisé conjointement par l''Agence japonaise de coopération internationale et le gouvernement tunisien et visant à construire une autoroute de 12.65 km, un projet d''une valeur de 141 millions de dinars (77.4 millions d''euros) qui relie La Goulette à Radès, en est au dernier stade.

En janvier, Slaheddine Malouce, le ministre de l''Equipement, de l''Habitat et de l''Aménagement du territoire a organisé une conférence de presse pour annoncer que 421.7 millions de dinars (231.5 millions d''euros) seraient alloués aux dépenses liées au développement. Les projets compris dans le nouveau plan de dépenses comprennent l''expansion d''autoroutes existantes, telles que l''Autoroute du Sud reliant Tunis à Hammamet et celle reliant Sfax à Gabès, ainsi que l''amélioration de 374 routes, la consolidation de 634.5 km de routes et la construction de 14 nouveaux ponts.

Les investisseurs étrangers financent non seulement les infrastructures de transport, mais également les équipements énergétiques, tels que la centrale électrique à cycle combiné de 400 MW d''une valeur de 360 millions de dinars (197.6 millions d''euros) dont la construction a été confiée à la société française Alstom et qui devrait être opérationnelle à la fin 2009, le projet d''usine de transformation de gaz à cycle combiné à El Haouaria de 1 200 MW réalisé conjointement par la Tunisie et l''Italie d''une valeur de 1.5 milliard d''euros, ainsi que le projet hispano-tunisien de Bizerte visant à construire des éoliennes qui génèreront 120 MW.

Au cours de la conférence de presse susmentionnée, M. Malouce a également annoncé que le gouvernement projetait de construire des unités de logement destinées à la classe moyenne et aux ménages modestes en 2009. En effet, les logements abordables font défaut depuis longtemps en Tunisie et étant donné que la population croît à un taux de 1.21%, le manque se fait de plus en plus sentir. Ainsi, le 11e plan de développement, qui défend la construction de 300 323 logements, constitue l''élément clé de la stratégie gouvernementale. En 2009, la Société nationale immobilière de Tunisie prévoit de construire 2894 logements dans tout le pays, dont 58% seront destinés aux ménages modestes et 36% à la classe moyenne. Le gouvernement essaye aussi de construire un lotissement de logements sociaux dans le gouvernorat d''Ariana qui comprendrait 1700 logements.

Par ailleurs, on prévoit de dynamiser de vieilles communautés. Un programme de rénovation urbaine visera 200 000 habitants dans 56 circonscriptions de 2009 à 2012, en réglant avant tout le manque d''infrastructure de base. Le programme touchera l''assainissement, les services publics, il finance même quelques activités économiques dont 232 km de routes, une extension de 49 km des canalisations pour le traitement des eaux usées et une extension de 43 km des canaux d''égout pluvial. Bien que la plupart de ces investissements servent à améliorer les infrastructures, 30% de cet argent sera réservé aux microcrédits, aux formations et aux métiers; les propriétaires de petits commerces auront ainsi plus facilement accès au financement et les travailleurs non qualifiés seront mieux préparés au marché du travail.

Le gouvernement espère que les programmes globaux de développement communautaires permettront d''atténuer les difficultés engendrées par le ralentissement de la croissance en offrant à la population les compétences nécessaires pour trouver du travail. En faisant passer ces plans par des projets de construction, le gouvernement fait d''une pierre deux coups : il comble les besoins en logement et utilise les fonds publics pour stimuler l''économie en ces temps difficiles.


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