Pour certains élèves tunisiens, la tricherie semble être la seule manière de répondre aux exigences des programmes scolaires modernes. D'autres expliquent qu'ils devraient passer plus de temps à étudier plutôt que de s'adonner à la solution de facilité.
Par Jamel Arfaoui- Magharebia -
De nombreux professeurs tunisiens constatent une aggravation du phénomène de la tricherie aux examens. A l'approche des épreuves annuelles du bac, ils sont nombreux à affirmer que même les bons élèves ont parfois recours à des méthodes peu orthodoxes. Certains élèves attribuent leur comportement à ce qu'ils estiment être un "calendrier peu équilibré des sujets" et affirment être "extrêmement surchargés".
Interrogés par Magharebia, ils sont prêts à fournir une explication.
"Croyez-moi, je suis quelques fois obligé de tricher sur certains sujets, pas tous", explique Nader, élève de terminale. "Les programmes sont surchargés en Tunisie et je dois obtenir de bons résultats pour faire plaisir à mes parents, qui ne savent pas et ne demandent pas comment j'ai obtenu tel ou tel résultat."
Un autre élève, Feras, explique avoir choisi une filière littéraire parce qu'il a horreur des maths. "Mais ce sujet continue de me hanter, ce qui me contraint à tricher. Je ne comprends pas pourquoi le ministère de l'Education insiste pour imposer des maths aux élèves de lettres."
Mais de nombreux élèves considèrent la fraude comme une tentative d'échapper à la réalité.

Senda Azizi explique que nombre de ses camarades préfèrent "se la couler douce" pendant toute l'année, mais "en fin d'année, quand le filet se resserre sur eux, ils choisissent la voie de la facilité – la tricherie et rien d'autre".
Elle explique à Magharebia que ces élèves "passent alors des nuits entières à préparer et organiser [la tricherie] au lieu d'étudier leurs cours."
Selon Mohamed Essid, inspecteur dans l'enseignement public, ce phénomène touche aussi bien les filles que les garçons, en particulier chez les élèves de lycée et les étudiants.
Il se dit cependant confiant dans le fait que la tricherie n'aura aucune incidence réelle sur le bac. "Les contrôles et le système des examens ne peuvent être contournés que dans des cas très rares", explique-t-il.
Chaque année, le ministère de l'Education publie les règlements de conduite lors des examens et la liste des sanctions encourues par les contrevenants. Selon ce règlement, élèves et étudiants doivent laisser tous les appareils électroniques, documents et livres à l'extérieur des salles d'examen. Au début de chaque session d'examen, ils doivent également montrer leurs cartes d'identité et leur convocation à l'examen, et remettre leurs cartes d'identité aux deux surveillants pour confirmation lorsqu'ils rendent leurs copies. Ils ne sont pas autorisés à quitter la salle pour quelque raison que ce soit avant d'avoir rendu leurs copies.
Ceux qui arrivent en retard ne peuvent entrer en salle d'examen. Si ce retard est dû à un cas de force majeure, ils doivent s'adresser au responsable du centre d'examen.
Malgré ces mesures strictes, les observateurs du ministère de l'Education ont pu constater deux cas de fraude lors des derniers examens du bac – un dans la province de Kairouan, l'autre dans celle de Sousse.
La fraude, la tentative de fraude ou l'aide à la fraude constituent des atteintes graves au règlement, qui peuvent entraîner l'annulation de la copie des élèves concernés. La fraude sur les notes peut également annuler un examen.
De plus, toute personne prise en train de tricher peut être expulsée de l'école publique et se voir interdire de repasser l'examen pour une durée pouvant, dans certains cas, être de cinq ans.
Pour certains enseignants, le temps des examens est synonyme de travail de police. "Chaque fois, nous découvrons une nouvelle manière d'utiliser la technologie moderne", explique Lamia.
"Dans la plupart des cas, nous réussissons à échapper à la surveillance", explique W.K., un étudiant, à Magharebia. Il décrit certaines des stratégies utilisées par les élèves, qui vont "de la copie d'anti-sèches à la saisie d'informations sur clavier".
D'autres utilisent leurs téléphones portables pour transmettre ou stocker des informations via SMS ou photos.
Meryam Manai, mère de deux lycéens, explique que les médias font de la tricherie un acte d'héroïsme. "Chaque année, à l'approche des examens, les journaux nous offrent un best-off de la tricherie que certains élèves affichent avec fierté. C'est néfaste pour l'avenir des élèves, parce que la tricherie est érigée en style de vie."
Selon elle, les fraudeurs devraient être dissuadés en "leur imposant des sanctions maximales, et en convoquant les parents pour leur présenter le comportement de leurs enfants."
magharebia.com
Par Jamel Arfaoui- Magharebia -
De nombreux professeurs tunisiens constatent une aggravation du phénomène de la tricherie aux examens. A l'approche des épreuves annuelles du bac, ils sont nombreux à affirmer que même les bons élèves ont parfois recours à des méthodes peu orthodoxes. Certains élèves attribuent leur comportement à ce qu'ils estiment être un "calendrier peu équilibré des sujets" et affirment être "extrêmement surchargés".
Interrogés par Magharebia, ils sont prêts à fournir une explication.
"Croyez-moi, je suis quelques fois obligé de tricher sur certains sujets, pas tous", explique Nader, élève de terminale. "Les programmes sont surchargés en Tunisie et je dois obtenir de bons résultats pour faire plaisir à mes parents, qui ne savent pas et ne demandent pas comment j'ai obtenu tel ou tel résultat."
Un autre élève, Feras, explique avoir choisi une filière littéraire parce qu'il a horreur des maths. "Mais ce sujet continue de me hanter, ce qui me contraint à tricher. Je ne comprends pas pourquoi le ministère de l'Education insiste pour imposer des maths aux élèves de lettres."
Mais de nombreux élèves considèrent la fraude comme une tentative d'échapper à la réalité.

Senda Azizi explique que nombre de ses camarades préfèrent "se la couler douce" pendant toute l'année, mais "en fin d'année, quand le filet se resserre sur eux, ils choisissent la voie de la facilité – la tricherie et rien d'autre".
Elle explique à Magharebia que ces élèves "passent alors des nuits entières à préparer et organiser [la tricherie] au lieu d'étudier leurs cours."
Selon Mohamed Essid, inspecteur dans l'enseignement public, ce phénomène touche aussi bien les filles que les garçons, en particulier chez les élèves de lycée et les étudiants.
Il se dit cependant confiant dans le fait que la tricherie n'aura aucune incidence réelle sur le bac. "Les contrôles et le système des examens ne peuvent être contournés que dans des cas très rares", explique-t-il.
Chaque année, le ministère de l'Education publie les règlements de conduite lors des examens et la liste des sanctions encourues par les contrevenants. Selon ce règlement, élèves et étudiants doivent laisser tous les appareils électroniques, documents et livres à l'extérieur des salles d'examen. Au début de chaque session d'examen, ils doivent également montrer leurs cartes d'identité et leur convocation à l'examen, et remettre leurs cartes d'identité aux deux surveillants pour confirmation lorsqu'ils rendent leurs copies. Ils ne sont pas autorisés à quitter la salle pour quelque raison que ce soit avant d'avoir rendu leurs copies.
Ceux qui arrivent en retard ne peuvent entrer en salle d'examen. Si ce retard est dû à un cas de force majeure, ils doivent s'adresser au responsable du centre d'examen.
Malgré ces mesures strictes, les observateurs du ministère de l'Education ont pu constater deux cas de fraude lors des derniers examens du bac – un dans la province de Kairouan, l'autre dans celle de Sousse.
La fraude, la tentative de fraude ou l'aide à la fraude constituent des atteintes graves au règlement, qui peuvent entraîner l'annulation de la copie des élèves concernés. La fraude sur les notes peut également annuler un examen.
De plus, toute personne prise en train de tricher peut être expulsée de l'école publique et se voir interdire de repasser l'examen pour une durée pouvant, dans certains cas, être de cinq ans.
Pour certains enseignants, le temps des examens est synonyme de travail de police. "Chaque fois, nous découvrons une nouvelle manière d'utiliser la technologie moderne", explique Lamia.
"Dans la plupart des cas, nous réussissons à échapper à la surveillance", explique W.K., un étudiant, à Magharebia. Il décrit certaines des stratégies utilisées par les élèves, qui vont "de la copie d'anti-sèches à la saisie d'informations sur clavier".
D'autres utilisent leurs téléphones portables pour transmettre ou stocker des informations via SMS ou photos.
Meryam Manai, mère de deux lycéens, explique que les médias font de la tricherie un acte d'héroïsme. "Chaque année, à l'approche des examens, les journaux nous offrent un best-off de la tricherie que certains élèves affichent avec fierté. C'est néfaste pour l'avenir des élèves, parce que la tricherie est érigée en style de vie."
Selon elle, les fraudeurs devraient être dissuadés en "leur imposant des sanctions maximales, et en convoquant les parents pour leur présenter le comportement de leurs enfants."
magharebia.com





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