Tunis bloqué par des pluies torrentielles



Tunis était bloquée ce matin en raison des pluies torrentielles qui s'abattent sur le pays, en particulier le nord, depuis près de trois jours.


Fait exceptionnel: il a plu sans discontinuer sur Tunis et ses environs depuis mercredi soir. Jeudi, les précipitations continuaient de tomber et la météo ne prévoyait d'amélioration du climat que vendredi, voire samedi.



Du coup, le centre-ville est devenu inaccessible, les entrées nord et sud étant bouchés du fait de la montée des eaux. La circulation tant piétonne qu'automobile a été grandement perturbée. Elle était impraticable dans plusieurs quartiers totalement inondés.


Par mesure de précaution, les écoles ont été fermées dans le district du Grand-Tunis, sur un rayon de près de 20 kilomètres de la capitale. Les parents des élèves ont été prevenus par un communiqué radiodiffusé de garder leurs enfants à la maison, en attendant que les conditions atmosphériques s'améliorent.


Pour faire face à cette situation, les pouvoirs publics ont mobilisé les gros moyens. Les équipes de la protection civile et de l'Office national de l'assainissement (ONAS) s'activent sans interruption depuis deux jours pour évacuer les eaux des zones inondées.


Selon des témoins, l'armée a dû intervenir pour secourir les habitants de certains quartiers sinistrés.


On ignore pour le moment l'ampleur des dégats matériels causés par ces perturbations climatiques rares, ni si celles-ci ont fait des victimes. Toutefois, un homme a trouvé la mort au Kram, une banlieue située à environ 15km au nord de Tunis. Selon des témoins, il a été électrocuté en s'agrippant à un poteau électrique pour traverser une rue inondée.


Les quantités de pluies enregistrées jusqu'ici ont dépassé de deux à trois fois la moyenne ordinaire, atteignant des pointes de 200mm dans le nord.
Source:AP











Articles de presse Parus aujourd'hui



Pluies sur l’ensemble du pays



Il fallait s’y attendre. Les gros nuages gris menaçants qui se se sont amoncelés, hier, ont déversé de grosses quantités de pluie sur tout le pays, arrosant abondamment les villes et les quartiers. Si cette manne du ciel a suscité chez beaucoup un sentiment de joie, heureux de voir que la canicule a plié bagage, la pluie aura, toutefois, causé énormément de désagréments dans des cités non dotées d’une infrastructure appropriée, leur permettant de résister aux dommages provoqués par les eaux.

Du côté de l’arrondissement de Sedjoumi- Sidi Hassine où nous nous sommes rendus pour constater les dégâts, la route principale a été complètement submergée par l’eau provenant des bassins versants des montagnes environnantes inondant les commerces et rendant la circulation difficile par endroits.


A Sidi Hassine, adossé au mur de sa boucherie, F. a assisté, impuissant, à l’inondation de l’intérieur de son commerce. Le boucher qui n’a pu sortir la viande de la chambre froide pour l’exposer dans le présentoir n’aura réalisé aucune vente de toute la matinée.


«Chaque année, c’est le même problème qui se pose. Il suffit que des quantités importantes de pluie tombent pour que tout soit submergé et envahi par les eaux, souligne notre interlocuteur. Cela est dû au fait que le niveau de la chaussée est plus élevé par endroits – c’est d’ailleurs le cas de la boucherie que je possède – que celui du sol des commerces. Par conséquent, l’eau se déverse à l’intérieur des boutiques».


Un marchand de légumes, voisin du boucher, n’a pas pu non plus protéger ses légumes et ses fruits des eaux pluviales qui ont envahi son commerce. Celui-ci a, d’ailleurs, été dans l’obligation de tout entreposer sur des étagères collées au mur, en attendant que les clients se présentent pour venir acheter ses produits. «Je dois attendre que la pluie cesse pour évacuer l’eau de la boutique, a souligné ce dernier. C’est une journée perdue pour moi».


Les élèves de la cité auront également eu droit à leur lot de mauvaises surprises : ils sont nombreux, en effet, à être arrivés avec une heure de retard à leurs cours au lycée de Sidi Hassine, en raison de l’arrivée tardive du bus à la station due aux embouteillages causés par l’inondation des routes. Logeant à côté de l’établissement scolaires, certains se sont résignés à rester cloîtrés chez eux, tandis que d’autres ont pris leur courage à deux mains et ont retroussé leurs pantalons et se sont déchaussés pour enjamber les crevasses des routes remplies d’eau. «Chaque année, c’est la même chose. Mon quartier est inondé, raconte Samia, inscrite en 6e année secondaire. J’ai eu beaucoup de mal à quitter la maison. Le niveau de l’eau atteignait mes genoux. Avec cela, on n’a même pas voulu m’accorder de billet de retard». Nous avons poursuivi notre chemin jusqu’à la cité Bougatfa située dans l’arrondissement d’El Hraïria. Prévoyant de fortes précipitations à cette période de l’année, beaucoup de commerçants du quartier ont, quant à eux, construit de petits murs en brique et installé des barrières métalliques pour empêcher l’eau de pénétrer dans leurs commerces. A quelques kilomètres de là, dans le quartier Essalama, des propriétaires ont rempli de sable de gros sacs en plastique et les ont posés sur le pas de la porte de leurs maisons pour absorber au maximum les eaux pluviales. Malgré les précautions prises, certains comme Mme Hlimi ont dû évacuer l’eau qui a inondé leur logis. «Depuis quatre heures du matin, on est réveillé, a souligné son fils. L’eau a pénétré dans le salon et les chambres. En me réveillant, j’ai trouvé de l’eau sous mon lit, nous avons surtout essayer de déverser le maximum d’eau à l’extérieur pour la diriger vers les égouts pour qu’on puisse se rendre au lycée, mes frères et moi». Une équipe de l’Onas a été, par ailleurs, mobilisée pour nettoyer les canaux d’évacuation de l’arrondissement afin de faciliter l’évacuation des eaux. Cette dernière aurait ainsi reçu au niveau du siège plus de 40 réclamations, afin de vider l’eau dans les logements de certains quartiers qui ont été totalement inondés. «Ces eaux proviennent surtout de l’oued de Gueriana qui se déverse dans le lac de Sedjoumi. Lorsqu’il y a beaucoup de pluie comme aujourd’hui, il se remplit et déborde sur les quartiers qu’il traverse, explique un responsable de l’Onas. Nous avons travaillé sans interruption depuis hier pour aspirer l’eau dans la plupart des logements de ces quartiers. Espérons que les dégâts s’arrêteront là». Partout autour de la capitale, le même constat : les averses créent tout de suite des inondations. Le niveau de l’eau monte très vite et les chaussées se transforment en lacs. A Sidi Daoud, à La Marsa, aux cités des Juges et d’El Wifak, les habitants étaient isolés chez eux.


Le problème de ces cités marsoises dure depuis trente ans… sans solution…


Au fait, est-ce que le calibrage des réseaux d’évacuation des eaux pluviales a été partout mal calculé ?


I.HAOUARI

La Presse de Tunisie



Super manne…


La canicule version juillet-août 2003, pas forcément ordinaire, est déjà dans tous nos souvenirs. Une saison en cache une autre. Voici que les turbulences automnales s’installent escortées par des températures assez amicales.


Mardi soir, tard dans la nuit, les vannes du ciel se sont largement ouvertes pour lâcher des pluies surabondantes sur bien des régions. Hier à 20h00, ce déluge du bon vieux Noé jouait encore les prolongations à Tunis. Ce n’est pas parce que cette super «manne» a chahuté la circulation automobile, entravé quelques routes et perturbé notre quotidien banal que nous allons bouder l’épaisse chanson de la pluie. Certes, il a plu des hallebardes. De l’eau, encore de l’eau que saluèrent nos champs, nos oliviers, nos sillons de vigne, nos espaces-potagers, nos arbres fruitiers, y compris ces figuiers farouches, dits de «Barbarie». Saluée aussi par le bétail toujours friand d’herbage. En effet, lorsque le soleil se remettra à projeter sa lumière, se produira alors, entre la chaleur et l’eau, l’alchimie salvatrice que vous devinez.


Un peu partout, particulièrement dans la capitale et sa banlieue Nord, plusieurs sites ressemblaient à une région de petits lacs. Ajouter que cette douche céleste saura hydrater nos nappes phréatiques et notre bonne terre nourricière pour le plus grand bien de l’agriculture, «le premier et le respectable de tous les arts», dit-on.


Le même scénario aujourd’hui ? Seulement de possibles ondées «le matin sur les régions côtières», pensent nos météorologues. Puis le retour à la normale, avec en vue une amélioration des conditions atmosphériques «vendredi, samedi et dimanche».


Concluez enfin que de tels «arrosages» n’étaient rien d’autre qu’un rêve d’avenir. Immédiat.





Sadok BEN MAHMOUD

La Presse de Tunisie




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