Les femmes travaillant à l'usine et les femmes de ménage doivent faire face à de rudes conditions de travail en Tunisie. Militants et leaders syndicaux se sont retrouvés à Tunis pour envisager les aides à apporter à ce segment de la main d'oeuvre du pays.
Par Jamel Arfaoui - Magharebia-
Les militantes des droits des femmes et des leaders syndicaux ont exigé de meilleures conditions de travail, samedi 20 décembre à Tunis pour les jeunes femmes peu éduquées qui souffrent d'abus et d'exploitation sur leur lieu de travail.
Ce colloque, organisé à Tunis par l'Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement (AFTURD), en collaboration avec l'association Tanasoff et l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT), a discuté des répercussions économiques de la violence qui vise les jeunes travailleuses dans la zone du Grand Tunis.
Les participants ont parlé des traitements difficiles dont sont victimes de nombreuses femmes en usine, qui vivent sous la menace constante des licenciements et de la perte de leurs prestations sociales pourtant précisés dans le Code du travail en Tunisie. Ils ont également parlé de la violence et des mauvaises conditions de travail des aides ménagères.

Adnan ben Saleh, responsable de l'UGTT, a indiqué que bien que la constitution et le Code du travail tunisiens garantissent l'égalité des sexes, les femmes semblent être plus vulnérables en matière de licenciements.
"Les femmes sont toujours en tête de liste", a-t-il expliqué. "Pour le seul mois de décembre, tous les employés d'une usine textile italienne opérant en Tunisie ont été licenciés. Près de 80 pour cent d'entre eux étaient des femmes."
M. Ben Saleh a critiqué ce qu'il appelle le silence des organisations de la société civile et des partis politiques concernant les abus dont souffrent les femmes au travail, qui se voient dénier des droits pourtant garantis par la législation.
"La plupart d'entre elles doivent subvenir aux besoins de leurs familles, et elles ont un grand besoin de leurs salaires", a déclaré Radhia Ouizini, de l'AFTURD, ajoutant que son ONG leur offre une formation technique et des conseils juridiques par le biais d'avocats volontaires pour faire valoir leurs droits devant les tribunaux.
Les aides ménagères sont un autre groupe concerné par la violence sur le lieu de travail. Une étude conduite par Samira Ayed, professeur de sociologie à l'université de Tunis, montre que 94 pour cent des petites bonnes ne bénéficient d'aucune protection sociale, comme le prévoit la loi, et que 99 pour cent d'entre elles ne possèdent aucun contrat de travail.
Cette étude montre de plus que 52 pour cent des personnes interrogées étaient âgées de moins de 16 ans, 71 pour cent travaillent toute l'année sans congés annuels, et 2 pour cent travaillent 24 h/24. Un nombre considérable de femmes interrogées se plaignent de violences, 23 pour cent parlant de violences physiques et 11 pour cent de violence sexuelle. La majorité perçoivent des salaires inférieurs à 150 dinars, soit près de 100 dinars en dessous du salaire minimum.
Cette enquête a porté sur un échantillon de 130 petites bonnes travaillant dans le Grand Tunis. Elle a montré que 88 pour cent des personnes interrogées ne savent ni lire ni écrire.
Tahar Chagrouch, spécialiste en science sociale, souligne que la législation tunisienne garantis aux petites bonnes de droits qui ne sont pas respectés par les employeurs ni mis en oeuvre par les autorités. La loi stipule que l'âge minimum pour le travail des jeunes mineures est de 14 ans, à condition qu'un environnement de travail adéquat soit assuré. M. Chagrouch critique une politique d'éducation adoptée dans les années 1960, qui n'avait pas rendu l'école obligatoire, ainsi que des initiatives de développement non équitables, qui avaient laissé certaines régions appauvries.
Aucune statistique précise n'est actuellement disponible sur le nombre de petites bonnes travaillant en Tunisie. Al Hourria, le journal gouvernemental, affirmait en 2006 que leur nombre dépassait 78 000, et que 5 pour cent seulement d'entre elles bénéficiaient de prestations sociales.
Les participants à ce colloque ont proposé que le recensement de la population conduit en Tunisie tous les dix ans comporte des questionnaires concernant la situation des aides ménagères en Tunisie, pour identifier leurs conditions de vie, leur nombre et leurs niveaux d'éducation.
Source : Magharebia
Photo Credits: Jamel Arfaoui
Par Jamel Arfaoui - Magharebia-
Les militantes des droits des femmes et des leaders syndicaux ont exigé de meilleures conditions de travail, samedi 20 décembre à Tunis pour les jeunes femmes peu éduquées qui souffrent d'abus et d'exploitation sur leur lieu de travail.
Ce colloque, organisé à Tunis par l'Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement (AFTURD), en collaboration avec l'association Tanasoff et l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT), a discuté des répercussions économiques de la violence qui vise les jeunes travailleuses dans la zone du Grand Tunis.
Les participants ont parlé des traitements difficiles dont sont victimes de nombreuses femmes en usine, qui vivent sous la menace constante des licenciements et de la perte de leurs prestations sociales pourtant précisés dans le Code du travail en Tunisie. Ils ont également parlé de la violence et des mauvaises conditions de travail des aides ménagères.
Adnan ben Saleh, responsable de l'UGTT, a indiqué que bien que la constitution et le Code du travail tunisiens garantissent l'égalité des sexes, les femmes semblent être plus vulnérables en matière de licenciements.
"Les femmes sont toujours en tête de liste", a-t-il expliqué. "Pour le seul mois de décembre, tous les employés d'une usine textile italienne opérant en Tunisie ont été licenciés. Près de 80 pour cent d'entre eux étaient des femmes."
M. Ben Saleh a critiqué ce qu'il appelle le silence des organisations de la société civile et des partis politiques concernant les abus dont souffrent les femmes au travail, qui se voient dénier des droits pourtant garantis par la législation.
"La plupart d'entre elles doivent subvenir aux besoins de leurs familles, et elles ont un grand besoin de leurs salaires", a déclaré Radhia Ouizini, de l'AFTURD, ajoutant que son ONG leur offre une formation technique et des conseils juridiques par le biais d'avocats volontaires pour faire valoir leurs droits devant les tribunaux.
Les aides ménagères sont un autre groupe concerné par la violence sur le lieu de travail. Une étude conduite par Samira Ayed, professeur de sociologie à l'université de Tunis, montre que 94 pour cent des petites bonnes ne bénéficient d'aucune protection sociale, comme le prévoit la loi, et que 99 pour cent d'entre elles ne possèdent aucun contrat de travail.
Cette étude montre de plus que 52 pour cent des personnes interrogées étaient âgées de moins de 16 ans, 71 pour cent travaillent toute l'année sans congés annuels, et 2 pour cent travaillent 24 h/24. Un nombre considérable de femmes interrogées se plaignent de violences, 23 pour cent parlant de violences physiques et 11 pour cent de violence sexuelle. La majorité perçoivent des salaires inférieurs à 150 dinars, soit près de 100 dinars en dessous du salaire minimum.
Cette enquête a porté sur un échantillon de 130 petites bonnes travaillant dans le Grand Tunis. Elle a montré que 88 pour cent des personnes interrogées ne savent ni lire ni écrire.
Tahar Chagrouch, spécialiste en science sociale, souligne que la législation tunisienne garantis aux petites bonnes de droits qui ne sont pas respectés par les employeurs ni mis en oeuvre par les autorités. La loi stipule que l'âge minimum pour le travail des jeunes mineures est de 14 ans, à condition qu'un environnement de travail adéquat soit assuré. M. Chagrouch critique une politique d'éducation adoptée dans les années 1960, qui n'avait pas rendu l'école obligatoire, ainsi que des initiatives de développement non équitables, qui avaient laissé certaines régions appauvries.
Aucune statistique précise n'est actuellement disponible sur le nombre de petites bonnes travaillant en Tunisie. Al Hourria, le journal gouvernemental, affirmait en 2006 que leur nombre dépassait 78 000, et que 5 pour cent seulement d'entre elles bénéficiaient de prestations sociales.
Les participants à ce colloque ont proposé que le recensement de la population conduit en Tunisie tous les dix ans comporte des questionnaires concernant la situation des aides ménagères en Tunisie, pour identifier leurs conditions de vie, leur nombre et leurs niveaux d'éducation.
Source : Magharebia
Photo Credits: Jamel Arfaoui





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