L’Afrique n’est pas à l’abri de la crise financière internationale, selon le président de la BAD



APA, Tunis (Tunisie) «Personne ne pourra échapper aux effets de cette crise », a déclaré mercredi le président de la Banque africaine de Développement, Donald Kaberuka, à l’ouverture à Tunis des travaux de la conférence ministérielle africaine 2008 consacrée à l’impact de la crise financière internationale sur les économies des pays d’Afrique.

La rencontre a démarré sur avec un appel général à la mobilisation et la réflexion sur des solutions concrètes et urgentes à apporter à cette crise, a constaté APA sur place.


Le président de la BAD a salué, devant un parterre de financiers, de diplomates et des représentants des organisations financières internationales et régionales, «la détermination des organismes africains à conjuguer leurs efforts pour trouver des solutions communes » aux problèmes de développement qui se posent au continent.

«Cette conférence arrive à point nommé, compte tenu de l’urgence de la situation », a souligné M. Kaberuka qui a rappellé que «pour l’essentiel, l’Afrique a été épargnée jusque-là par les premiers effets de la contagion".

"Nos institutions bancaires sont demeurées relativement solides et les risques à court terme restent limités pour nous. Les réformes économiques et financières engagées ces deux dernières décennies ont consolidé nos banques », a-t-il affirmé.

M. Kaberuka a appelé les Africains à être «prudents et à approfondir les réformes au lieu de les alléger, mais aussi d’adopter une stratégie qui tienne compte de cette évolution ou, à tout le moins, qui nous prépare à faire face au pire, tant à court terme qu’à moyen terme ».

«Nous constatons déjà la difficulté qu’il y a à accéder à des ressources financières", a admis le patron de la BAD, souligne que, le ralentissement de l’économie mondiale "entraînera une contraction générale du secteur privé et des faillites, notamment dans les secteurs tributaires de la demande internationale".

Selon lui, cette situation ne peut qu’affecter la santé du secteur bancaire qui enregistrera une augmentation des défaillances.

Avant la crise, poursuit-il, l’économie africaine progressait au taux moyen annuel de 6,5 %, alors qu’il serait maintenant ramené à 5 %.

"Les perspectives économiques sont désormais très sombres. Nous avons connu dix années de croissance continue, notamment à la faveur de l’intégration plus marquée de notre continent au commerce et aux marchés financiers internationaux ", a observé le président Kaberuka.

Pour sa part, Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, traitant de la crise mondiale et de l’importance de la réunion de Tunis, a parlé de «conseil de guerre » pour qualifier «la gravité des enjeux" de ces assises qui s’inscrivent "dans un contexte international de crise financière systémique sans précédent depuis le crash boursier des année 30 ».

«Cette crise a obligé les grands du monde à revoir leurs certitudes », a affirmé M. Ping, qui se félicite d’ une "prise de conscience planétaire" de la nécessité d’une gestion collective et solidaire de la crise et de ses conséquences.

"Aucun Etat, fût-il le plus puissant ou le plus riche, n’est seul et ne peut se suffire à lui-même dans ce monde où chaque Etat a sa place et a besoin des autres et de partenaires fût-il le plus petit », a martelé M. Ping.

La Conférence économique pour l’Afrique, qui se poursuit à Gammarth dans la banlieue nord de Tunis jusqu’au 14 novembre, est organisée par le groupe de la Banque africaine de Développement (BAD), l’Union africaine (UA) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA).

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