Jean Ping déplore l'absence de l'Afrique au sommet de Washington sur la crise financière



APA-Tunis. Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, a déploré mercredi l’absence de l’Afrique à la rencontre de Washington réunissant les leaders des grands pays industrialisés et ceux des économies émergentes sur la crise financière internationale.

Le président Ping s’est plaint que l’Afrique, "forte de ses 53 Etats et de ses 850 millions d’âmes, n’ait pas été invitée aux travaux du G9 prévus le 15 novembre à Washington ».


L’Afrique devra néanmoins «faire entendre sa voix », a indique le responsable de l’organisation panafricaine pour qui une solution globale et mondiale s’impose devant une "situation globale et mondiale ».

Du Groupe G20, rassemblant les économies émergentes de l’ hémisphère sud, seule l’Afrique du sud est présente au titre de pays africain, ce qui est, aux yeux de nombreux responsables africains, largement insuffisant pour être représentatif des vues du continent.

«L’Afrique risque d’être pénalisée davantage mais elle ne doit pas baisser les bras, en attendant qu’il y ait des gestes en sa faveur », a expliqué, pour sa part le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, qui a souligné l’importance de la réunion de Tunis au regard des développements en cours de la crise financière internationale.

Selon M.Ghannouchi le spectre de la récession guette, estimant qu’il s’agit bien d’une «crise de confiance dans laquelle les bilans et les transactions des opérateurs financiers ne reflètent pas les réalités».

«C’est une responsabilité partagée que nous devons tous assumer, souligne le Premier ministre tunisien, même si quelques uns seulement en sont la cause principale ».

Les travaux de la conférence ministérielle africaine 2008 ont démarré mercredi à Tunis, avec un appel général à la mobilisation et la réflexion sur des solutions concrètes et urgentes.

A l’ouverture des travaux qui se tiennent sous l’égide de la BAD, son président, Donald Kaberuka a appelé les Africains à être «prudents » et à «approfondir les réformes au lieu de les alléger, mais aussi d’adopter une stratégie qui tienne compte de cette évolution ou, à tout le moins, qui nous prépare à faire face au pire, tant à court terme qu’à moyen terme ».

La Conférence économique pour l’Afrique, qui se poursuit à Gammarth dans la banlieue nord de Tunis jusqu’au 14 novembre, est organisée par le groupe de la Banque africaine de Développement (BAD), l’Union africaine (UA) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA).

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