La Tunisie veut accroître les possibilités d'emplois pour les jeunes diplômés



Alors que le nombre de jeunes diplômés de l'université sans emploi a presque doublé en l'espace de dix ans en Tunisie, une conférence nationale de haut niveau consacrée aux mesures visant à résoudre cette crise du chômage a été organisée cette semaine.





Par Mona Yahia – Magharebia-
Des législateurs, des responsables politiques, des personnalités du monde des affaires et d'autres experts se sont réunis cette semaine à Gammarth pour un colloque sur l'emploi destiné à étudier la création d'emplois pour les jeunes diplômés qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Les recommandations émises par la Conférence Nationale sur l'Emploi, qui s'est achevée mercredi 8 octobre, ont repris les politiques de développement économique à long terme du pays et étudié l'objectif de création d'un million d'emplois d'ici 2016.

"L'emploi reste un défi", a reconnu le Premier Ministre tunisien Mohamed Ghannouchi dans son discours d'introduction, du fait du "pourcentage en hausse des diplômés de l'université".
"Cela ne nous a toutefois pas empêchés de réduire le taux de chômage de 15,6 à 14,1 pour cent, ce qui constitue en soi un succès", a-t-il ajouté.

Il y a plus d'un an, la Banque Mondiale publiait un rapport sur le nombre élevé de jeunes diplômés de l'université se retrouvant au chômage en Tunisie. Lors de la publication de ce rapport, en mars 2007, le nombre de demandeurs d'emplois était de 336 000 – près du double de ce qu'il était dix ans plus tôt.

La création d'emplois doit suivre le rythme de la croissance économique, ont souligné les législateurs. La politique en la matière doit assurer un équilibre entre les besoins d'éducation et de formation et les exigences du marché de l'emploi et de l'activité économique, a souligné M. Ghannouchi, en vue de promouvoir l'investissement et d'accélérer le rythme de la croissance.
"Il n'y a aucune raison pour que [la Tunisie] ne parvienne pas aux mêmes résultats que l'Irlande, qui a fait passer son taux de chômage de 16 à 5 pour cent en vingt ans", a-t-il ajouté.

Pour stimuler la création d'emplois, les participants à cette conférence de Gammarth ont souligné la nécessité de diversifier la base économique de la Tunisie et d'améliorer les possibilités d'emploi dans le secteur privé dans les différentes provinces, ainsi que de combler le fossé numérique existant dans les zones rurales, pour faciliter le travail et les services à distance.

Le gouvernement tunisien a indiqué que 600 000 emplois avaient été créés entre 2000 et 2007. Au cours de la seule dernière année, 160 000 nouveaux emplois ont été créés.
Pour de nombreux jeunes Tunisiens diplômés – et sans emploi –, cela n'est toutefois pas suffisant.

Des centaines de diplômés de l'université se rendent chaque jour dans les bureaux des agences de l'emploi, mais seuls quelques-uns d'entre eux en ressortent avec un emploi. Parfois, ils réussissent à décrocher des contrats de travail temporaire ou des postes en-dehors de leur domaine de qualification. Certains jeunes pensent même à émigrer pour l'Europe.

Cette conférence de haut niveau sur l'emploi pourrait ne pas proposer de solutions aussi rapidement que le souhaitent les jeunes Tunisiens, en dépit de son vaste programme de mise en place de nombreuses sous-commissions consacrées à différentes stratégies de création d'emplois.
"Cela fait maintenant quatre ans que je suis au chômage. C'est du travail que nous voulons, pas des recommandations", affirme Wahid Behedi, jeune professeur d'histoire de 30 ans.

"Je suis diplômée d'un institut de presse", a expliqué Ines, 27 ans, à Magharebia. "Je travaille aujourd'hui dans un centre d'appels, car je n'ai rien trouvé dans mon domaine de spécialisation."

Les représentants du gouvernement et des partis de l'opposition qui participaient à cette Conférence Nationale pour l'Emploi ont également fait part de leurs vues sur la question.
"Il n'existe aucune baguette magique pour résoudre le problème du chômage. Mais les initiatives économiques lancées en Tunisie ont réussi à faire passer le chômage de deux points", a déclaré Mohammed Ghariani, le secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le parti au pouvoir.

Monder Thabet, du Parti Social Libéral, a appelé à la création d'un fonds national de l'emploi, tandis que le chef du Parti Vert pour le Progrès (PVP), Mongi Khamassi, suggérait que les projets environnementaux pourraient contribuer à faire baisser le taux de chômage très élevé dans les régions nord-ouest et sud du pays.

Apporter une solution au problème de l'emploi nécessitera des mesures courageuses, "et non le discours plat que nous sommes habitués à entendre de la part des médias officiels", a expliqué le Docteur Mostapha ben Jafaar, du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL).
Pour Houda Ben Saleh, comme pour de très nombreux jeunes Tunisiens, il est temps devoir les résultats obtenus par les ministères et les responsables politiques.
"J'espère que ces recommandations ne seront pas que de simples idées jetées sur du papier", a-t-elle conclu.

Source : Magharebia.com




Commentaires


9 de 9 commentaires pour l'article 14239

Felten  (karakov3@hotmail.com)  |Mardi 14 Octobre 2008 à 21h 45m |           
Le chômage dans les pays riches fait partie du système. C'est fait pour dégraisser le système. Gros modo, les déclassés ou inadaptés sont indemnisés pour se reconvertir ou sortir du système et continuer à la charge de l'état et du contribuable : La sécurité sociale.
Dans nos pays, le chômage est une autre réalité, d’ailleurs on ne peut pas parler de chômage, puisque ces jeunes sont issues des meilleurs écoles Tunisiennes. Ils n'ont pas droit au premier job, parce qu’ils ne possèdent aucune référence. ça se mord la queue dans un cercle viscéral. Ils sont comme ceux qui attendent de gagner au Lotto, sans jamais y jouer.


Loud generation  (loud.generation@yahoo.fr)  |Mardi 14 Octobre 2008 à 17h 35m |           
Il ya un autre probleme dont on ne parle pas,c'est la sur evaluation des diplômes universitaires en tunisie! nos diplômés sont d'une grande incompetence,et les chefs d'entreprises preferent embaucher un vieux bachelier competent et experimenté qu'un maitrisard souvent arrogant et sans aucune connaissance dan son domaine.

Farid  (farid)  |Mardi 14 Octobre 2008 à 10h 47m |           
Officiellement 40 pour cent officieusement 75.
Je connais un licencie en his/geo ,qui decharge et range un semi plein de sacs de ciment chaque soir pour la somme de ...15dinars.
Il y a dans les usines de confection des filles avec bac 2.
DURE la réalité.

Chikibiki  (chiki)  |Lundi 13 Octobre 2008 à 23h 47m |           
Ah Bon ?? 40%



Serieusement Farid je veux dire que tt gouvernement veut remporter ce défit de combattre le chomage et ça viendra...
La ou je suis dans un pays tres riche pourtant, le chomage existe ... bonne chance à tt...

j'ai lu qlqe part que cette crise sera résolu vers les 2017 , on aura à faire appel à la main d'oeuvre étrangere, mais qu'il y'aura une crise coté caisses sociales (démographie ..),
Bonne nuit à tous



Farid  (farid)  |Lundi 13 Octobre 2008 à 23h 25m |           
@chkibiki,
Ca devient tres grave avec 40% de diplomes au chomage.Je crois que tu es HORS sujet.

Felten  (karakov3@hotmail.com)  |Lundi 13 Octobre 2008 à 15h 27m |           
C'est dramatique, la position des jeunes diplômés. Beaucoup de postes clés dans l'administration et les entreprises nationales, sont occupés par des non diplômés qui n'ont aucun intérêt à se faire entourer et débordés par des jeunes diplômés. Une "épaule" vaut mieux que 10 ans d'études. L'état devrait procéder à une audit de re-qualification et de réforme administrative à la hauteur des défis économiques et sociaux du pays.

Chikibiki  (chiki)  |Lundi 13 Octobre 2008 à 15h 10m |           
Farid,

n'a toujours rien compris,

relis l'article plus haut

Farid  (farid)  |Lundi 13 Octobre 2008 à 14h 15m |           
Ca me fait mal au coeur de voir des licencies voir des maitrisards au chomage.
L'etat ne fait rien pour eux.
Desole de le dire.Pourquoi ils ont fait de hautes etudes pour meubler les cafés et les jardins publics?
Il est grand temps que le gouvernement se penche sur cet epineux probleme.
Pourquoi l'etat ne cherche-t-il pas à les placer dans les pays du sud de l'afrique.Il y a des opportunités enormes.

Karra  (hamadikarra@yahoo.fr)  |Lundi 13 Octobre 2008 à 10h 05m |           
Il faut faciliter de vraie la tache pour les jeunes pour s'installer , pour fair de la production , ouvrir les frontières, faciliter l'accés commercial à l'europe, la france litalie , les immigrés peuvent y trouver toute leurs place , il faut simplifier ladministration au maximumù