Tunisie : Le budget de l'Etat 2009 face aux défis de l'heure



tap - (TAP)-Le budget de l'Etat pour l'exercice 2009 est évalué à 17,2 milliards, soit une hausse de 12% en comparaison avec les estimations de 2008 (15,342 milliards de dinars sans tenir compte de la loi de finances complémentaire dont l'élaboration avait été ordonnée par le chef de l'Etat et qui comprend notamment l'augmentation des crédits alloués au titre de la compensation des hydrocarbures et des produits de consommation).
Le budget de l'Etat est un évènement important dans les économies des pays et constitue le mécanisme principal à travers lequel l'Etat fixe ses objectifs pour la nouvelle année.
L'année 2009 représente, quant à elle, un tournant décisif pour l'économie tunisienne.
Elle est la dernière année de l'exécution du programme présidentiel "Pour la Tunisie de demain" ainsi qu'une année référence pour l'élaboration du plan dynamique sur la période 2010-2014.

L'Etat veillera à travers le budget général qui a été au centre du conseil des ministres, tenu mercredi sous la présidence du chef de l'Etat, à renforcer ses ressources propres, à rationaliser les dépenses et à accroître les crédits alloués au développement.


Renforcement de l'infrastructure, impulsion de l'investissement et poursuite de la politique de compensation
Le budget conservera son role dans la dynamisation de l'emploi, le renforcement de l'infrastructure de base et l'impulsion de l'investissement, outre la poursuite de la politique de compensation des hydrocarbures et des produits de consommation.
Un montant d'environ 850 millions de dinars sera consacré à la caisse générale de compensation et une subvention directe de 890 millions sera réservée, dans ce contexte, à la compensation des carburants afin de préserver le pouvoir d'achat du citoyen, d'une part, et d'améliorer la compétitivité de l'entreprise, d'autre part.
Partant, les estimations des finances publiques pour l'année prochaine exigent la limitation du déficit net à 3% du PIB, sans tenir compte des opérations de privatisation.
Ces mêmes estimations reposent sur la réduction de la dette publique et la mobilisation des ressources d'emprunt sur le marché local, d'autant que la banque centrale de Tunisie (BCT) affirme qu'il n'y aura pas de sortie de la Tunisie sur le marché international tant cette année, que la suivante.


Renforcement du système fiscal
La loi de finances pour l'année prochaine comporte ainsi un ensemble de mesures et dispositions visant à renforcer le système fiscal dans le cadre du respect des impératifs de la transparence et de la justice, de manière à contribuer au développement des ressources propres du budget.
Le shéma de développement sur la base duquel a été fixé le budget de l'Etat pour l'année prochaine a pour objectif de réaliser un taux de croissance de l'ordre de 6% à prix constants contre un taux de 5,1% prévu pour 2008.
Cet objectif repose sur la progression de la valeur ajoutée du secteur agricole de 2,8% contre une baisse de 0,5% attendue pour 2008 et la croissance des industries manufacturières (5%) à la faveur de l'augmentation importante de la valeur ajoutée du secteur des industries mécaniques et électroniques (IME).
Le schéma de développement se base également sur la réalisation d'un taux de croissance de 9,8% pour les secteurs non manufacturiers et l'évolution du secteur des services de 8,1%.
La réalisation de niveaux de croissance élevés demeure le pari essentiel pour dynamiser le rythme de création d'emplois conformément aux objectifs du plan, soit la création de 84 mille emplois afin de répondre à 95% des demandes additionnelles.
L'accomplissement de ces objectifs nécessite, l'impulsion de l'investissement, notamment dans les secteurs porteurs et à haute valeur, outre la promotion des exportations dans un contexte international marqué par une concurrence accrue.
L’investissement global devrait progresser en 2009 de 9,9%, pour établir ainsi le taux d'investissement à 26,7 % du PIB contre un taux de 25,1% prévu pour 2008.


Le secteur privé impliqué
La contribution du secteur privé à ces investissements devrait s'élever à 61% à la lumière de l'avancement de la réalisation des mega-projets dans le cadre de la concession et eu égard à l'importance des mesures décidées pour renforcer le rôle du privé.
Le schéma de développement pour 2009 s'appuie également sur l'augmentation de 6,4% des exportations tandis que les importations s'accroîtraient de 6,3%.
Les différentes estimations ont été fixées en tenant compte d'une limitation du déficit courant aux alentours de 3% du PIB.
Ce déficit, outre le remboursement du principal de la dette et la consolidation des avoirs en devises étrangères devant couvrir 135 jours d'importations, sera financé grace à la mobilisation de ressources sous formes de dons et de prêts de différentes sources ainsi que par les investissements directs étrangers (IDE).
Le volume de la dette extérieure se réduirait à 36,1% du PIB et le principal de la dette à 7,2% des recettes courantes contre un taux de 7,6% initialement fixé pour 2008.
L'ensemble de ces choix repose sur la corrélation entre les dimensions sociale et économique du schéma de développement tunisien et confirme la solidité de l'économie nationale face à la crise financière internationale dont le président Ben Ali a ordonné le suivi conformément à la vision prospective qui caractérise la politique tunisienne dans moult domaines.


Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 14227

Zigzeg  (zigzeg@aa.tn)  |Vendredi 10 Octobre 2008 à 12h 54m |           
Il faut donner un place important pour le transport public dans le budget