Tunisie : La baisse des inscriptions scolaires révèle de profonds changements dans la population tunisienne



La baisse des inscriptions à l'école élémentaire enregistrée cette année est un indicateur visible du vieillissement de la population et de la baisse du taux de natalité en Tunisie. Bien que le ratio enseignants-élèves se soit amélioré, les plans de retraite actuels et les mesures d'incitations à la naissance sont examinés à la loupe.

Par Jamel Arfaoui -Magharebia - Les nouvelles inscriptions à l'école élémentaire en Tunisie sont en baisse de près de 45 000 élèves par rapport à l'an dernier, selon les chiffres publiés récemment par le Ministère de l'Education et de la Formation.
Le Ministre de l'Education Hatem Ben Salem a attribué cette baisse le 12 septembre à la chute du taux de natalité par rapport à la décennie précédente.

La réduction du nombre d'élèves, a-t-il précisé, "ne s'accompagne pas d'une baisse simultanée du nombre d'enseignants."
"Au contraire, le nombre de professeurs est en hausse dans tous les compartiments de l'enseignement, entraînant une amélioration des indices de surveillance et des conditions de travail", a conclu le ministre.

Cette réduction des effectifs d'élèves signifie des classes moins lourdes ; les chiffres du Ministère de l'Education indiquent une moyenne de 22,2 élèves par classe à l'école élémentaire, contre 29,8 au collège et 27,5 au lycée. De plus, le taux de surveillance s'améliore sensiblement, avec un surveillant pour 195 élèves.
Au vu de ces indicateurs, certains Tunisiens s'inquiètent que la population ne vieillisse plus rapidement et demandent un réexamen de la politique de contrôle des naissances longtemps considérée comme un succès par le gouvernement.
L'ancien Président Habib Bourguiba avait lancé un programme de planning familial en 1966 pour garantir de meilleures conditions de vie aux Tunisiens. Cette politique interdisait aux familles d'avoir plus de quatre enfants, codifiait le mariage, interdisait la polygamie et acceptait l'avortement. Grâce à ces mesures, Bourguiba avait pu réaliser ces plans de développement et d'éducation dans un pays aux faibles ressources, qui venait neuf ans auparavant seulement de gagner son indépendance sur la France.

Le recensement démographique de 2004 avait confirmé les soupçons de vieillissement de la population tunisienne, avec une espérance de vie passant à 73 ans, contre 46 ans en 1956.
La croissance du revenu des Tunisiens, le plus élevé dans le monde arabe à l'exception des pays du Golfe, a été le résultat de l'arrivée des femmes sur le marché du travail, dont certaines disent qu'elles limitent le nombre d'enfants qu'elles portent. Selon les statistiques de 2007, le taux de fécondité est de 1,9 enfant par femme, assez conforme aux chiffres enregistrés en Europe continentale et en Scandinavie.
En février dernier, un rapport publié par l'Office National de la Famille et de la Population avait montré une augmentation du nombre de seniors et de femmes célibataires dans la population. Vingt-trois pour cent des familles tunisiennes comptent au moins un membre âgé de plus de 70 ans, et trente-neuf pour cent comptent des membres de la familles âgés de plus de 60 ans.
De même, 93,6 pour cent des femmes tunisiennes entre 15 et 24 ans ne sont pas mariées. Ce chiffre tombe à 52,6 pour cent seulement dans la classe d'âge des 25 à 34 ans.
Ce rapport montre également que seuls 31 pour cent des femmes âgées de 25 à 34 ans ont eu des enfants, contre 40 pour cent en 1994.
Face à de tels chiffres, Fethi Ghdira, directeur de l'Association Tunisienne de Santé Reproductive, n'exclut pas la possibilité que les autorités tunisiennes encouragent les familles à avoir plus d'enfants. "Cela a été le cas de plusieurs pays européens, qui ont offert des primes et des mesures d'incitation aux couples mariés, pour les encourager à avoir des enfants", explique-t-il.
M. Ghdira ajoute que les autorités sont conscientes du problème et cherchent à y apporter la bonne solution. Le gouvernement a récemment revu sa priorité de contrôle des naissances en "amélioration des naissances", explique-t-il, conformément aux projections qui indiquent que la Tunisie comptera 14 millions d'habitants d'ici 2030.
Les familles tunisiennes restent cependant sceptiques sur les mesures gouvernementales envisagées. Selon Noura Touati, mère d'une fille et femme au travail, les primes au nouveau-né sont "minces".
"Pensez-vous vraiment qu'une allocation mensuelle de sept dinars par enfant incitera les gens à avoir plus d'enfants ?", demande-t-elle. Pour elle, un problème supplémentaire réside dans la faible qualité des services proposés par les crèches en Tunisie.
Les fonds sociaux offrent près de vingt dinars par trimestre pour chaque nouveau-né, à condition toutefois que les familles n'aient pas plus de trois enfants. Celles qui en ont un quatrième ne perçoivent aucune allocation supplémentaire.
Pour traiter le problème de l'accroissement des retraites chez une population vieillissante, le gouvernement envisage de faire passer l'âge de la retraite de 60 à 63 ans. Parmi les autres options envisagées, on retrouve l'augmentation des contributions des salariés et une réduction des allocations de retraite.

Source magharebia.com
Photo credits Jamel Arfaoui


Commentaires


6 de 6 commentaires pour l'article 14126

WAEL  (b)  |Dimanche 21 Septembre 2008 à 07h 58m |           
Salut tout le monde a mon avis la solution est simple c'est le droit de se marié avec deux femme pour commencer croyer moi ça aura des résultat béféfique sur la sociéte

7affa  (7affa@hotmail.com)  |Vendredi 19 Septembre 2008 à 11h 21m |           
Effectivement, avec ce systeme, la femme ne va pas oser de casser la tete de son mari. Sinon elle risque d'avoir une autre femme legitime dans la maison

Tounsi  (tounsi)  |Jeudi 18 Septembre 2008 à 21h 38m |           
Quelle polygamie ??? Une femme est deja un casse tete, , en avoir quatre s`est d`aller directement a l`enfer ...

7affa  (7affa@hotmail.com)  |Jeudi 18 Septembre 2008 à 13h 45m |           
Et pourquoi pas retourner a la polygamie.... deja 52.6% des femmes entre 25 et 34 ans ne sont pas mariees... donc plus de la moitie des femmes tunisiennes ont tres peu de chances de se marier... a resoudre

Anonymous  (kpg@kpg.com)  |Jeudi 18 Septembre 2008 à 02h 01m |           
"...une politique qui interdisait d'avoir plus de quatre enfants en Tunisie?"
c'est quoi cette connerie? **********

Farid  (farid)  |Jeudi 18 Septembre 2008 à 00h 44m |           
Le beurre et l'argent du beurre.
Les statistiques disent qu'a partir de 2050,notre pays fera appel a la main d'oeuvre etrangere.Moi je vois deja des ouvriers etrangers travailler en Tunisie maintenant.Pour vous dire que le compte a rebours a deja commence.
C'est vrai que Bourguiba etait lucide et a pris une sage decision,mais apres 40 ans de planning,il est GRAND temps de rectifier .