Les plages de Hammamet et les ruines de Carthage ne sont plus les principales attractions des visiteurs étrangers qui se rendent en Tunisie. Les touristes viennent désormais dans le pays pour une liposuccion, des implants mammaires et autres traitements de chirurgie esthétique. Ces seules dernières années, la Tunisie a enregistré une augmentation de 7500 pour cent du phénomène du "tourisme-santé".

Par Jamel Arfaoui -Magharebia - . La salle d'attente de la clinique du Dr Taher Djemal, chirurgien esthétique à Tunis, ne désemplit plus. Elle est remplie de Tunisiens, de Marocains et d'Européens de tous poids et de tous âges. Mais en dépit de cette grande variété de langues et de nationalités, les futurs patients ont une chose en commun : ils sont tous là pour se faire arranger le visage, remodeler le corps ou corriger un défaut néfaste à l'image qu'ils veulent donner d'eux-mêmes. Nombre d'entre eux sont nerveux, mais trois peintures accrochées au mur représentant Vénus, la déesse de la beauté, sont censées leur redonner force et espoir.
Pour le tout premier rendez-vous d'un patient, les assistants du Dr Djemal s'efforcent de créer une ambiance confortable. "Nous voulons mettre le client à l'aise psychologiquement", explique l'anesthésiste Noureddine Azri. "Le stress qu'il ou qu'elle ressent est tout à fait normal et naturel, et notre rôle est de répondre à toutes les questions, même si certaines sont ennuyeuses", ajoute-t-il.
La majorité des clients de chirurgie plastique en Tunisie sont des Européennes dont les visites sont scrupuleusement planifiées par des agences de voyage tunisiennes exclusivement spécialisées dans un créneau qui s'est très rapidement fait appeler le "tourisme-santé". Il y a trois ans, le nombre de touristes se rendant en Tunisie pour des raisons de santé ne dépassait pas les deux mille. Dans le droit fil de la croissance du secteur du tourisme en Tunisie, les agences de voyage ont rapidement perçu le potentiel du marché de la chirurgie esthétique et ont ouvert des agences spécialisées dans la capitale et dans villes comme Nabeul et Djerba. En 2007, 150 000 des quelque 6,4 millions de touristes en Tunisie étaient des touristes-santé, selon un rapport publié en janvier par la Chambre Nationale Syndicale des Cliniques Privées.
Le concept de tourisme-santé n'a rien de nouveau ; cela fait longtemps que les Britanniques se rendent au Pakistan ou aux Philippines pour des opérations de chirurgie plastique. Mais avec l'entrée de la Tunisie sur ce marché, de nombreux étrangers choisissent désormais des cliniques comme celle du Dr Djemal du fait de leur proximité et des prix abordables qui y sont pratiqués.
Il est vrai qu'à quelques heures seulement d'avion de l'Europe, la Tunisie attire ceux dont le temps et l'argent sont comptés. Ainsi par exemple, le coût d'un lifting facial en Tunisie est de 3 200 euros. En France, la même opération coûterait 5 000 euros ou plus. Les implants mammaires coûtent 6 000 euros en France, en Tunisie, le prix d'une telle opération est de 2 600 euros.
La rumeur selon laquelle la Tunisie offre une chirurgie esthétique à des prix modérés a tôt fait de se répandre dans les autres pays européens et au-delà. Aujourd'hui, les clients à la recherche d'un package relookage et vacances n'hésitent plus à venir de Suède, de Russie et des Etats-Unis. Rym El Balti, responsable du marketing chez Estetica Tour, une agence de voyage leader dans le domaine du tourisme esthétique, explique à Magharebia que la majorité des éventuels patients vient de France, de Belgique et de Suisse.
Agréés et réglementés par les Ministères tunisiens du Tourisme et de la Santé, les spécialistes du tourisme esthétique organisent les séjours des visiteurs jusque dans leurs moindres détails, de la réservation des billets d'avion aux rendez-vous avec les médecins, en passant par le lieu de séjour, habituellement dans des stations balnéaires, pour pemettre aux patients de passer une convalescence agréable.
Il y a quelques années, le Dr Djemal pouvait compter sur les doigts d'une seule main le nombre de patients par semaine. La plupart d'entre eux venaient du Maghreb, ajoute-t-il, ou étaient des "Européens à faible revenu" incapables de s'offrir des chirurgies esthétiques dans leurs pays. Il en va tout autrement aujourd'hui.
Aujourd'hui, dit-il, "[Nous] effectuons des opérations de chirurgie plastique tous les jours après nous être fait connaître dans le milieu et avoir gagné la confiance de nos clients, qui [à leur tour] se chargent de nous faire connaître. Un grand nombre de personnes qui prennent contact avec ma clinique sont des gens qui ont vu les changements dans la vie d'un voisin, d'un ami ou d'un collègue de travail." Il reconnaît que "les médias occidentaux, en particulier en France, jouent un rôle important pour faire connaître la chirurgie plastique en Tunisie, ce qui change radicalement la logique de la 'médecine du Nord' comparée à la 'médecine du Sud'."
Le Dr Djemal reconnaît qu'il a parfois des doutes quant à son travail, parce qu'il est "un chirurgien d'un pays en développement". Et d'ajouter : "En tant que chirurgien plastique d'un pays du Sud, je me devais de réussir. Je dois m'imposer par ma pratique de cette profession, dans laquelle la science chirurgicale se mélange à l'art du dessin et à la psychologie."
Une reconnaissance croissante à la fois des compétences des chirurgiens tunisiens et des bonnes infrastructures du pays dans le secteur de la santé a contribué au récent essor du tourisme-santé, selon Abou Bakr Zeghama, président de la Chambre Nationale Syndicale des Cliniques Privées.
Helen K., venue de Suisse en Tunisie pour une liposuccion abdominale, a parlé à Magharebia alors qu'elle était en convalescence dans un hôtel des quartiers nord de Tunis. "J'ai l'impression que l'on a retiré des tonnes de graisse de mon corps. Ma vie a changé, et je suis heureuse du résultat", affirme-t-elle. Elle avait envisagé de faire faire une chirurgie esthétique en Tunisie après avoir remarqué la différence chez l'une de ses amis. "Elle s'était fait faire un lifting qui l'avait faite redevenir une jeune femme", explique-t-elle.
Une autre patiente européenne, Catherine M., est venue de France pour des implants mammaires. Elle avait regardé une émission à la télévision, "Le Droit de Savoir", l'an dernier, qui présentait la chirurgie esthétique en Tunisie, explique-t-elle à Magharebia, et avait décidé de tenter la démarche après avoir entendu "des témoignages rassurants et encourageants de nombreuses femmes". Après avoir diffusé cette émission en France, ajoute-t-elle, TF1 avait reçu plus de dix mille appels téléphoniques de gens recherchant les adresses de cliniques cosmétiques en Tunisie.
Cependant, un chirurgien tunisien qui a travaillé et étudié aux Etats-Unis s'attend à ce que les prix des opérations de chirurgie esthétique en Tunisie se rapprochent de ceux pratiqués en Europe. "Nous n'avons plus besoin de prouver notre valeur", explique le Dr Amir Chaibi. "La touche personnelle est ce qui distingue un bon chirurgien d'un mauvais", explique-t-il, ajoutant : "A l'avenir, la concurrence ne s'exercera pas entre ceux qui offrent les prix les plus bas, mais entre les meilleurs."
"Nous sommes désormais prêts à relever le défi", conclut-il.
Source : Magharebia
Photo credits: olympe-thalasso.com

Par Jamel Arfaoui -Magharebia - . La salle d'attente de la clinique du Dr Taher Djemal, chirurgien esthétique à Tunis, ne désemplit plus. Elle est remplie de Tunisiens, de Marocains et d'Européens de tous poids et de tous âges. Mais en dépit de cette grande variété de langues et de nationalités, les futurs patients ont une chose en commun : ils sont tous là pour se faire arranger le visage, remodeler le corps ou corriger un défaut néfaste à l'image qu'ils veulent donner d'eux-mêmes. Nombre d'entre eux sont nerveux, mais trois peintures accrochées au mur représentant Vénus, la déesse de la beauté, sont censées leur redonner force et espoir.
Pour le tout premier rendez-vous d'un patient, les assistants du Dr Djemal s'efforcent de créer une ambiance confortable. "Nous voulons mettre le client à l'aise psychologiquement", explique l'anesthésiste Noureddine Azri. "Le stress qu'il ou qu'elle ressent est tout à fait normal et naturel, et notre rôle est de répondre à toutes les questions, même si certaines sont ennuyeuses", ajoute-t-il.
La majorité des clients de chirurgie plastique en Tunisie sont des Européennes dont les visites sont scrupuleusement planifiées par des agences de voyage tunisiennes exclusivement spécialisées dans un créneau qui s'est très rapidement fait appeler le "tourisme-santé". Il y a trois ans, le nombre de touristes se rendant en Tunisie pour des raisons de santé ne dépassait pas les deux mille. Dans le droit fil de la croissance du secteur du tourisme en Tunisie, les agences de voyage ont rapidement perçu le potentiel du marché de la chirurgie esthétique et ont ouvert des agences spécialisées dans la capitale et dans villes comme Nabeul et Djerba. En 2007, 150 000 des quelque 6,4 millions de touristes en Tunisie étaient des touristes-santé, selon un rapport publié en janvier par la Chambre Nationale Syndicale des Cliniques Privées.
Le concept de tourisme-santé n'a rien de nouveau ; cela fait longtemps que les Britanniques se rendent au Pakistan ou aux Philippines pour des opérations de chirurgie plastique. Mais avec l'entrée de la Tunisie sur ce marché, de nombreux étrangers choisissent désormais des cliniques comme celle du Dr Djemal du fait de leur proximité et des prix abordables qui y sont pratiqués.
Il est vrai qu'à quelques heures seulement d'avion de l'Europe, la Tunisie attire ceux dont le temps et l'argent sont comptés. Ainsi par exemple, le coût d'un lifting facial en Tunisie est de 3 200 euros. En France, la même opération coûterait 5 000 euros ou plus. Les implants mammaires coûtent 6 000 euros en France, en Tunisie, le prix d'une telle opération est de 2 600 euros.
La rumeur selon laquelle la Tunisie offre une chirurgie esthétique à des prix modérés a tôt fait de se répandre dans les autres pays européens et au-delà. Aujourd'hui, les clients à la recherche d'un package relookage et vacances n'hésitent plus à venir de Suède, de Russie et des Etats-Unis. Rym El Balti, responsable du marketing chez Estetica Tour, une agence de voyage leader dans le domaine du tourisme esthétique, explique à Magharebia que la majorité des éventuels patients vient de France, de Belgique et de Suisse.
Agréés et réglementés par les Ministères tunisiens du Tourisme et de la Santé, les spécialistes du tourisme esthétique organisent les séjours des visiteurs jusque dans leurs moindres détails, de la réservation des billets d'avion aux rendez-vous avec les médecins, en passant par le lieu de séjour, habituellement dans des stations balnéaires, pour pemettre aux patients de passer une convalescence agréable.
Il y a quelques années, le Dr Djemal pouvait compter sur les doigts d'une seule main le nombre de patients par semaine. La plupart d'entre eux venaient du Maghreb, ajoute-t-il, ou étaient des "Européens à faible revenu" incapables de s'offrir des chirurgies esthétiques dans leurs pays. Il en va tout autrement aujourd'hui.
Aujourd'hui, dit-il, "[Nous] effectuons des opérations de chirurgie plastique tous les jours après nous être fait connaître dans le milieu et avoir gagné la confiance de nos clients, qui [à leur tour] se chargent de nous faire connaître. Un grand nombre de personnes qui prennent contact avec ma clinique sont des gens qui ont vu les changements dans la vie d'un voisin, d'un ami ou d'un collègue de travail." Il reconnaît que "les médias occidentaux, en particulier en France, jouent un rôle important pour faire connaître la chirurgie plastique en Tunisie, ce qui change radicalement la logique de la 'médecine du Nord' comparée à la 'médecine du Sud'."
Le Dr Djemal reconnaît qu'il a parfois des doutes quant à son travail, parce qu'il est "un chirurgien d'un pays en développement". Et d'ajouter : "En tant que chirurgien plastique d'un pays du Sud, je me devais de réussir. Je dois m'imposer par ma pratique de cette profession, dans laquelle la science chirurgicale se mélange à l'art du dessin et à la psychologie."
Une reconnaissance croissante à la fois des compétences des chirurgiens tunisiens et des bonnes infrastructures du pays dans le secteur de la santé a contribué au récent essor du tourisme-santé, selon Abou Bakr Zeghama, président de la Chambre Nationale Syndicale des Cliniques Privées.
Helen K., venue de Suisse en Tunisie pour une liposuccion abdominale, a parlé à Magharebia alors qu'elle était en convalescence dans un hôtel des quartiers nord de Tunis. "J'ai l'impression que l'on a retiré des tonnes de graisse de mon corps. Ma vie a changé, et je suis heureuse du résultat", affirme-t-elle. Elle avait envisagé de faire faire une chirurgie esthétique en Tunisie après avoir remarqué la différence chez l'une de ses amis. "Elle s'était fait faire un lifting qui l'avait faite redevenir une jeune femme", explique-t-elle.
Une autre patiente européenne, Catherine M., est venue de France pour des implants mammaires. Elle avait regardé une émission à la télévision, "Le Droit de Savoir", l'an dernier, qui présentait la chirurgie esthétique en Tunisie, explique-t-elle à Magharebia, et avait décidé de tenter la démarche après avoir entendu "des témoignages rassurants et encourageants de nombreuses femmes". Après avoir diffusé cette émission en France, ajoute-t-elle, TF1 avait reçu plus de dix mille appels téléphoniques de gens recherchant les adresses de cliniques cosmétiques en Tunisie.
Cependant, un chirurgien tunisien qui a travaillé et étudié aux Etats-Unis s'attend à ce que les prix des opérations de chirurgie esthétique en Tunisie se rapprochent de ceux pratiqués en Europe. "Nous n'avons plus besoin de prouver notre valeur", explique le Dr Amir Chaibi. "La touche personnelle est ce qui distingue un bon chirurgien d'un mauvais", explique-t-il, ajoutant : "A l'avenir, la concurrence ne s'exercera pas entre ceux qui offrent les prix les plus bas, mais entre les meilleurs."
"Nous sommes désormais prêts à relever le défi", conclut-il.
Source : Magharebia
Photo credits: olympe-thalasso.com





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