Santé Maghreb : la création de la fédération maghrébine de la polyarthrite rhumatoïde



A l'initiative de l'Association Marocaine de lutte contre la Polyarthrite Rhumatoïde « AMP » et avec le soutien scientifique des laboratoires Roche, s’est tiendra, le 03 avril 2008 à l'hôtel Palace d'Anfa à Casablanca à 18h00, une conférence-débat consacrée à la présentation des résultats de l'étude intitulée : « Le fardeau de la polyarthrite rhumatoïde (PR) et l'accès aux traitements »

Cette recherche qui a été réalisée en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Afrique, avait pour principal but l’évaluation des aspects pharmaco-économiques du traitement de la maladie dans ces pays.


Des nombreux résultats retenus, il ressort que la PR est une maladie qui a un impact économique considérable sur la société d’autant plus qu’elle touche une catégorie d’âge assez jeune. Sur le plan thérapeutique, d’importantes avancées ont été réalisées dans le traitement de la PR., particulièrement grâce à l’utilisation des nouveaux médicaments biologiques. Ceux-ci ont un effet positif sur le fardeau de la maladie et ses coûts directs en terme de perte de production. Toutefois, il existe de grands écarts dans l’utilisation de ces médicaments entre les pays couverts par l’étude.

Concernant les pays du Maghreb, la polyarthrite rhumatoïde représente un véritable problème de santé publique. Outre les souffrances physiques qu’elle engendre, cette maladie nécessite un traitement long et onéreux. A cela s’ajoute la difficulté d’accéder aux traitements innovants issus notamment de la biotechnologie, ainsi qu’à des soins de qualité.

Une telle situation, révélatrice des dysfonctionnements détectés à des degrés divers dans les pays du Maghreb, s’accentue davantage en l’absence d’une prise en charge totale de la maladie par les instances concernées. Le patient se trouve ainsi contraint de supporter seul des dépenses qui dépassent, dans la majorité des cas, ses capacités financières. D’où l’intérêt de consentir les efforts pour remédier à cette problématique.

Dans ce cadre, il importe de signaler que cette rencontre à laquelle ont pris part des professionnels de la santé venant de l’Algérie, de la Tunisie de la Libye et le Maroc, a été marquée par l’annonce de la création de la fédération maghrébine de la polyarthrite rhumatoïde. Baptisée « RA Maghreb » (Rheumatoide Arthritis Maghreb), son principal objectif est de mettre en place un dispositif visant à améliorer la situation des personnes atteintes de la polyarthrite rhumatoïde.

L’AMP, en tant qu’investigatrice de ce projet d’envergure, tient à créer un espace de dialogue et d’échange d’expérience au niveau régional afin de mettre en place les assises d’une stratégie de lutte globale commune contre ce mal qui altère considérablement la qualité de vie des personnes qui en souffrent.

La création de la fédération maghrébine de la polyarthrite rhumatoïde « RA Maghreb » vient ainsi combler une lacune de taille en matière d’information, de sensibilisation, de formation et de prise en charge de cette maladie dans les pays du Maghreb, sachant que l’AMP est la première association travaillant spécifiquement sur cette maladie au Maroc, et au Maghreb .

Convaincue du rôle important de la société civile dans la lutte contre les maladies longues et évolutives comme la polyarthrite rhumatoïde, cette nouvelle ONG ne peut que contribuer efficacement à l’amélioration de la qualité de vie des patients comme en témoigne l’expérience fructueuse de l’AMP.

En effet, à peine créée en mai 2007, cette association a pu accumuler à son actif une série d’actions attestant de son dynamisme et son dévouement pour cette cause. Réalisation de supports de communication, édition d’une revue trimestrielle, organisation de conférences… bref un bilan d’activités riche et varié, couronné par l’instauration de la journée nationale de la polyarthrite rhumatoïde. Et ce n’est qu’une échelle pour le futur puisqu’elle s’est fixée de nouveaux objectifs dont la création d’un site web entièrement dédié au grand public pour un accès plus facile à l’information.

Cette conférence-débat a été également l’occasion pour les intervenants d’étudier l'impact économique de la mauvaise prise en charge de la PR sur les budgets de santé des pays concernés.
Dans une optique anticipative, il a été aussi question de mener une réflexion sur l’analyse de la capacité des systèmes de santé maghrébins à prendre en charge correctement le nombre important de malades qui seront diagnostiqués dans les 10 années à venir, en termes de personnel médical et paramédical, établissements de soins, médicaments, dépistage précoce…