Les Tunisiens, entre satisfaction du résultat et critiques des choix tactiques



«Le verre à demi plein ou à demi vide ?». Cette manchette de l’un des quotidiens tunisiens dans sa parution de jeudi, résume tout sur la réaction de la rue tunisienne après le match nul (2-2) qui a sanctionné la première sortie des Aigles de Carthage contre le Sénégal mercredi, dans le cadre du premier match du Groupe D de la CAN 2008.

Plusieurs observateurs considèrent que le nul est plus que satisfaisant parce qu’il a été réalisé « contre un adversaire de gros calibre ». Des journaux, ainsi qu’une frange de l’opinion publique, se sont félicités du but d’égalisation de Mejdi Traoui en fin de partie, le qualifiant de bel exploit.


Mais la plupart des Tunisiens n’ont pas été satisfaits de la prestation de leur équipe et s’en sont pris aux choix du coach Roger Lemerre et aux prestations de quelques joueurs, notamment Silvas Dos Santos, Jawhar Mnari, Cheker Zoughi et autres Radhi Jaïdi.

«Le but de Traoui a sauvé Lemerre et compagnie», titrait pour sa part un hebdomadaire tunisois.

«Face à une équipe sénégalaise qui n’était pas, mercredi, imbattable, et malgré un début de match idéal, les nôtres ont tout simplement été à côté du sujet », ont fait remarquer des commentateurs sportifs au cours d’une émission de Hannibal TV, une chaîne tunisienne privée.

« A part les premières dix minutes, nous ne sommes entrés dans le match qu’en toute fin du jeu, quand Lemerre s’est réveillé et a effectué les changements (de joueurs et de tactique) qui s’imposaient», fait remarquer un commentateur.

« Le résultat lui-même (2-2) n’est pas mauvais mais, ajoute-t-il, la physionomie de ce palpitant Tunisie-Sénégal a quelque part confirmé les craintes d’une grande frange des Tunisiens. «Les choix tactiques et stratégiques de Lemerre sont devenus archaïques et appris par cœur par nos adversaires, déclare un Tunisien croisé dans un café de Tunis juste après le match.

«L’équipe de Tunisie n’a certes pas perdu, mais n’a pas produit non plus son meilleur jeu en raison d’un flagrant déséquilibre dans ses rangs », pense l’ancien gardien de but Chokri El-Ouaer. «En jouant avec un seul attaquant, Santos, encore une fois timide; puis sans attaquant alors qu’on était menés au score avant d’injecter Ben Dhifallah, la Tunisie a eu du mal à afficher son jeu habituel», regrette-t-il.

«Les choix tactiques ont empêché le onze national de saisir carrément sa chance face à une équipe sénégalaise qui n’était pas une foudre de guerre », estime pour sa part l’ancien attaquant international Zyed Tlemssani. «Le 4-4-2 est notre force, ce style nous sied énormément et je ne comprends pas pourquoi Lemerre et ses collaborateurs n’y ont pas recouru ».

«Avec sept joueurs à profil défensif, dont trois pivots défensifs statiques, on ne peut vraiment parler de football », lance pour sa part Faouzi Benzarti, actuel sélectionneur de la Libye.

«Je crois qu’il serait préférable de titulariser Ben Dhifallah à la place de Santos (contre l’Afrique du Sud, dimanche) vu son meilleur niveau de compétition, sa fraîcheur et sa confiance», conseille M. Benzarti.

Après lu nul entre l’Angola et l’Afrique du Sud dans le deuxième match du groupe, les Tunisiens craignent maintenant une élimination précoce, ce qui, selon eux, sera «catastrophique » au vu du niveau actuel du football tunisien et les moyens financiers et logistiques mis à la disposition de l’équipe nationale.
APA

Commentaires


0 de 0 commentaires pour l'article 12486