La corruption fait perdre à l’Afrique 148 milliards de dollars par an, selon la Banque Mondiale



APA – Un document publié lundi sous le titre ‘’Stolen Asset Recovery Initiative: Challenges, Opportunities, and Action Plan’’, dans le cadre de l’Initiative STAR de la Banque mondiale (BM) et l’Office des Nations unies contre le crime et la drogue (ONUCD) pour faire face à la corruption à « l’échelle mondiale », a indiqué que la corruption, les activités criminelles et fraudes fiscales font perdre chaque année 25% du PIB des pays africains, soit 148 milliards de dollars américains, a appris APA auprès de la Banque mondiale.

La circulation transfrontalière du produit tiré, à l’échelle mondiale, d’activités criminelles, d’actes de corruption et de la fraude fiscale représenterait selon les estimations entre 1 000 et 1 600 milliards de dollars par an, indique le rapport.


Ce même rapport souligne que selon des « estimations prudentes », le montant des pots-de-vin perçus par des fonctionnaires de pays en développement et d’économies en transition se situerait entre 20 et 40 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de 20 à 40 % des apports d’aide publique au développement (APD).

Le Nigeria qui a engagé un processus de recouvrement des avoirs détournées par son ancien président Sani Abacha, décédé le 7 juin 1998 d’une crise cardiaque, a recouvré entre septembre 2005 et le début de 2006, 505 millions de dollars au titre d’avoirs du défunt chef d’Etat gelés et confisqués par les autorités suisses, indique le rapport, ajoutant qu’en juillet 2006, les autorités britanniques ont restitué 1,9 million de dollars de gains prétendument perçus de manière illicite par Diepreye Alamieyeseigha, gouverneur de l’État nigérian de Bayelsa, riche en pétrole.

« Il n’en reste pas moins que le recouvrement d’avoirs est une entreprise de longue haleine, qui exige des efforts parfois difficiles à maintenir durablement et de façon crédible, ce qui peut fortement décourager les politiques de s’atteler à la tâche », regrette le rapport.

Cette situation n’est pas prête de changer compte tenu du fait que la Ratification de la Convention des Nations unies contre la corruption n’a été signée que par la moitié des pays du G-8 (l’Allemagne, le Canada, l’Italie et le Japon ne l’ont pas ratifié), avertit le rapport.

La moitié des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont ratifié cette convention et sur les 54 juridictions classées comme centres financiers offshore par le FMI, 13 seulement l’ont ratifiée.

Lundi, à New York, la Banque mondiale et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont lancé une initiative en vue d’aider les pays en développement à recouvrer les avoirs volés par des dirigeants corrompus, à investir les fonds restitués dans des programmes de développement efficaces, et à combattre l’existence de refuges internationaux.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, le président de la BM, Robert B. Zoellick et le directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre le crime et la drogue (ONUDC), Antonio Maria Costa, ont déclaré lundi qu’il « faut faire en sorte que les avoirs dérobés soient restitués à leurs propriétaires légitimes », à l’occasion du lancement officiel de l’Initiative pour la restitution des avoirs volés, (STAR).

«Aucun refuge ne devrait exister pour ceux qui volent les pauvres », a soutenu Robert B. Zoellick.

L’Initiative pour le recouvrement des avoirs volés propose plusieurs actions concrètes, notamment le renforcement de la capacité institutionnelle des pays en développement celui de l’intégrité des marchés financiers, la facilitation du processus de recouvrement des avoirs et la surveillance des avoirs recouvrés.