L'ONU exhorte l'Afrique à  investir dans la recherche-développement



APA-Addis-Abeba - L’ONU a appelé les pays africains à investir dans la recherche-développement afin de réaliser sur le continent la croissance et le développement nécessaires, a appris APA mardi dans la capitale éthiopienne.

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) qui organise actuellement un forum régional sur les technologies de l’information et de le Communication (TIC) à Addis-Abeba, a révélé que l’Afrique investit très peu dans la recherche, appelant à un changement rapide de cette situation.


« Les emplois dans le secteur des services liés à la connaissance ont augmenté de 31% en Europe en 2005 contre seulement moins de 14 % dans les autres services. L’Afrique doit revoir et s’occuper de l’expertise et des compétences de base qui existent sur le continent si elle veut profiter des avantages de l’économie du savoir », a déclaré Abdoulie Janneh, le Secrétaire Exécutif de la CEA.

Il a indiqué qu’en 2005, plus de 40 % de la main d’œuvre européenne travaillait dans les industries basées sur la connaissance, alors que leurs collègues d’Afrique sont encore très loin de pouvoir tirer profit de ce secteur.

« Le danger pour l’Afrique, c’est qu’elle risque de perdre sa main d’œuvre hautement qualifiée, par le biais de la fuite des cerveaux vers les pays qui ont déjà une grande avance dans les industries de la connaissance et qui recherchent toujours plus de travailleurs qualifiés et à un coût relativement moindre », a estimé M. Janneh.

Il par ailleurs indiqué qu’il y avait dans ce domaine une masse critique de spécialistes africains de la diaspora alors que le continent continuait à souffrir de la fuite des cerveaux.

« Si cette tendance se poursuit, l’Afrique partirait à nouveau avec un gros désavantage, avec un chômage exacerbé et une réduction de la capacité de ses ressources humaines à soutenir valablement les entreprises locales basées sur la connaissance », a t-il averti.

Le secrétaire exécutif de la CEA a fait savoir que pour éviter une fuite continuelle des cerveaux, « les pays africains doivent créer les moyens par lesquels ils peuvent utiliser leur main d’œuvre qualifiée et trouver des moyens de recycler la main d’œuvre existante pour l’adapter aux nouveaux défis ».

Selon le Rapport 2004 sur l’Afrique du Forum économique mondial, l’indice de technologie place l’Afrique du Sud en tête, suivie par l’Ile Maurice, la Tunisie et le Botswana sur 25 pays, alors que le Kenya et l’Ouganda viennent en 8ème et 10ème position respectivement en ce qui concerne le niveau de pénétration de la technologie dans l’économie.

« En consacrant 3 % de son PIB à la recherche, la Corée du Sud a pu réaliser une série d’avancées fulgurantes dans le domaine des technologies de l’information. L’investissement dans la recherche s’était alors traduite par un niveau élevé de brevetage et des avantages technologiques avec des ventes à l’étranger de matériels électroniques dépassant 100 milliards de dollars au début de l’année 2006 », a ajouté M. Janneh qui demande à l’Afrique de s’inspirer de cette expérience.

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