Tunisie: Les leaders du Maghreb réfléchissent au rôle de l'Etat dans l'encouragement aux entrepreneurs



Les leaders du Maghreb réfléchissent une fois encore à la manière dont bureaucrates et entrepreneurs peuvent travailler ensemble dans une économie mondiale caractérisée par l'après crise et semée d'écueils, selon les participants d'un forum qui s'est tenu les 11 et 12 décembre à l'extérieur de Tunis.

L'Institut arabe des Entrepreneurs a organisé cet événement, intitulé les Journées de l'Entreprise, dans la ville côtière de Sousse, à 150km de la capitale tunisienne. Les participants à ce Forum, venus de Tunisie, du Maroc et du monde arabe ont posé un regard critique sur la relation unissant l'Etat et les entreprises privées, dans le sillage en particulier de la crise financière mondiale.


"Le libéralisme absolu, qui laisse libre cours au marché, sans régulation possible, et qui rejette tout rôle tenu par l'Etat, est devenu très discutable et son abandon est devenu probable", a déclaré le Premier Ministre tunisien Mohammed Ghannouchi dans son discours d'ouverture devant le Forum.
Ghannouchi a également proposé des programmes "exceptionnels" pour aider les économies émergentes qui ont été frappées par le déclin global. Par de tels programmes, les institutions financières globales et des conglomérats économiques majeurs pourraient offrir à ces pays des financements supplémentaires à échéances accessibles.
Les participants ont également évoqué les services administratifs, la gouvernance, les capacités, l'emploi, la loi et les transactions de marché.

Samedi, l'ancien Premier Ministre français Jean-Pierre Raffarin a vivement conseillé la création d'une zone euro-africaine, en tant que nouveau pôle de développement qui permettrait d'amener "l'équilibre" dans la région méditerranéenne.
L'idée amenée par Raffarin a été reprise par l'homme d'affaires libyen Youssed Aiib, qui a déclaré que les entreprises privées "ont besoin de l'intervention de l'Etat, pour les protéger des secousses comme celles causées par le dernier étranglement du crédit qui a laissé de nombreuses personnes sans logis."
Aiib a dit aux autres participants du forum que l'intervention de l'Etat ne nuirait pas à la liberté économique et qu'elle n'entraverait pas l'activité entrepreneuriale.
"L'Etat crée les conditions nécessaires pour faciliter les opérations des entreprises privées, pour maintenir une distribution juste des richesses entre les citoyens, et empêcher certains individus de devenir extrêmement riches aux dépens des autres", a ajouté l'homme d'affaires.
Le Président de l'Institut arabe des Entrepreneurs, Chekib Nouira, a déclaré à Magharebia que les petites et moyennes entreprises ne pouvaient surmonter des crises majeures à elles seules.



"Des opérations efficaces appellent toujours l'intervention des Etats", dit Nouira, ajoutant que, même si le taux de croissance de la Tunisie a pu ces dernières années atteindre les 6%, il ne devrait pas dépasser 30% cette année.
Dans une autre session du forum, Zouhaier M'Dhaffar, à la tête du service civil et du développement administratif tunisiens, a évoqué les services de l'administration et les gouvernements d'entreprises. Il a déclaré que les entreprises privées avaient besoin d'un climat favorable afin de devenir plus compétitives.
Les personnes présentes ont également parlé des minces perspectives de démarrage des économies du Maghreb, si celles-ci devaient agir dans l'isolement.
Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la Banque Européenne d'Investissement, a affirmé qu'aucun pays - qu'il soit européen, maghrébin ou arabe - n'avait suffisamment de pouvoir pour déterminer seul les nouvelles règles émergentes de gouvernance de l'économie mondiale.
Il y a déjà des efforts variés visant à encourager l'entrepreneuriat au Maghreb.
L'Institut du Leadership des Organisations de la Société Civile, lancé au mois de janvier à Casablanca, sert de siège à la MENA (Moyen-Orient - Afrique du Nord) pour le programme de Formation des Entrepreneurs du Moyen Orient (MEET).
Le programme MEET utilise un processus d'entretiens visant à sélectionner les participants qui ont témoigné de leurs aptitudes au leadership dans leurs entreprises et dans leurs communautés. C'est une Initiative du Partenariat Moyen-Orient, parrainée par un Département d'Etat américain, qui sélectionne et recrute des entrepreneurs talentueux, à fort potentiel, des cadres et des managers d'entreprises concentrées sur la croissance.
((© magharebia.com))

Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 18638

Poudreosyeux  (France)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 09h 59m |           
On parle du maghreb y aucune representation des pays magrebins et encore un representant francais qui donne ces idees c est comme nous on en a que des incompetens puisque c est comme ca tous ce qui sont present sont eleves nuls et incompetents suposer un seul instant un ministre present (maroc,tunisie,lybie) de cette assemble donne ces idees aux francais ou a un autres pays europeens impossible et ca se fera jamais,la dessension est la presente
quand on parle du maghreb c est tous le maghreb .y en a qui sont accroches a la france qui les aide personnellement et non pour l interet des peuples ca arrange tres bien la france et ces sbires.

Leila  (United States)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 02h 48m |           
L'état providence n'est plus d'actualité par les temps qui courent,l'avenir est au libre marché régulé et contrôlé par l'etat,les hommes d'affaires doivent jouer le jeu et surtout accepter de viser le moyen et le long terme et se debarasser de cette mentalité du gain immediat et ensuite après moi le déluge!
une concertation est on ne peut plus necesseaire entre les differentes forces économiques du pays.