Sarkozy en Tunisie, La coopération franco-tunisienne en chiffres



Le président français, Nicolas Sarkozy, entame aujourd’hui une visite d’Etat en Tunisie, dans un contexte d’embellie des relations bilatérales et des échanges commerciaux entre la Tunisie et la France, selon des observateurs et des officiels dans les deux pays.

Selon la Secrétaire d’Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, les entretiens qu’aura Sarkozy avec le chef de l’Etat tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, et les responsables tunisiens, ont pour objectif de «préparer les grandes initiatives économiques qui pourront être prises».


Ces initiatives vont se décliner à travers la conclusion d’un nouvel accord de partenariat économique et financier destiné à renforcer la compétitivité tunisienne, la construction d’une centrale nucléaire à usage civil ainsi que plusieurs grands contrats dont la construction probable d’un port en eau profonde à Enfidha, à 100 km au sud de Tunis.

Une centrale électrique est également prévue à Ghannouch, dans le Golfe de Gabes.
La France est le principal partenaire économique de la Tunisie, premier pays du sud de la Méditerranée à signer l’Accord de libre-échange avec l’Union européenne, en janvier 2008.

Le volume des échanges franco-tunisiens a quadruplé durant les dix dernières années, atteignant 7 milliards d’euros en 2007. (APA)


La coopération franco-tunisienne en chiffres



- 6,1 milliards d'euros est le montant des échanges commerciaux bilatéraux en 2006, avec un léger déficit pour la France (78 millions d'euros). Soit une croissance de 14% par rapport à 2005. La Tunisie occupe ainsi la 23ème place dans le commerce extérieur de la France, devant le Maroc, un pays trois fois plus peuplé. La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie : premier fournisseur avec 23% de parts de marché et premier client avec 32% des exportations tunisiennes (essentiellement des composants électriques et électroniques et des produits textiles). Le maintien des flux d'échanges bilatéraux est étroitement lié à la forte présence en Tunisie d'entreprises françaises ou liées à la France ;
- 80 millions d'euros est le montant des investissements directs français en Tunisie en 2006, en hausse de 33%, hors énergie ;
- 169 nouveaux projets français ont vu le jour en Tunisie en 2006 (contre 130 en 2005), qui ont généré plus de 4 600 nouveaux emplois ;
- 1 150 est le nombre d'entreprises à participation française en Tunisie, qui emploient près de 98 000 personnes. La France est traditionnellement le premier investisseur dans notre pays ;
- 149 millions d'euros est le montant record de l'aide publique française à la Tunisie en 2005, qui représente 68% de l'aide bilatérale nette reçue par notre pays, qui reste le premier pays bénéficiaire de l'aide française au développement par tête d'habitant ;

- 8 millions d'euros est le montant alloué à la construction d'une enceinte de confinement des déchets dans le cadre du financement du projet d'assainissement du site de Taparura, à Sfax (octobre 2006);
- 23 millions d'euros alloués au financement par la France de l'achat de neuf rames de tramway pour le métro léger de Tunis (février 2007) ;
- 147 millions d'euros est le montant de l'aide bilatérale nette allouée par la France à notre pays, en 2005, dans le cadre de l'aide publique au développement (PDP) ;
- 1,2 million est le nombre de touristes français entrés dans notre pays (18% du total des entrées touristiques), qui permet à la France de rester le premier marché touristique tunisien ;
- 1182 millions d'euros est le montant des engagements de l'Agence française de développement (AFD, 948 ME) et de PROPARCO (234 ME) depuis leur implantation dans notre pays en 1992. En 2006, les engagements de ces deux institutions se sont établis à, respectivement, 142 ME et 32 ME ;
- 2 600 enfants tunisiens effectuent leur scolarité au sein d'établissements français en Tunisie ;
- 12,7 millions d'euros est le budget alloué au service de coopération et d'action culturelle ;
- 290 étudiants tunisiens sont boursiers du gouvernement tunisien (3ème cycle et grandes écoles) ;
- 9 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études supérieures en France, dont la moitié sont issus de familles résidant en France ;
- 20 000 Français vivent en Tunisie dont 16 000 inscrits au consulat de France (+60% depuis 2001), 70 % d'entre eux sont des binationaux.
- 73 800 visas ont été délivrés en 2006 aux Tunisiens (contre 69 500 en 2005), avec un taux d'acceptation supérieur à 87% (contre 84% en 2005 et 81% en 2004) ;
- 1 361 familles tunisiennes - soit 2311 personnes - ont été introduites en France dans le cadre du regroupement familial (avec une baisse de 1% par rapport à 2005) ;
- 8 500 est le nombre de ressortissant(e)s bénéficiant des activités du service des anciens combattants attaché à l'ambassade de France en Tunisie ;
- Les anciens soldats (tunisiens) de l'armée française ont vu leurs pensions tripler depuis 2005;
- 10 000 ressortissants tunisiens bénéficient de ces pensions.



Priorités de la coopération tuniso-française pour la période 2006-2010


Source : Document Cadre de Partenariat France-Tunisie - DCP - (2006-2010)

Selon le Document Cadre de Partenariat France-Tunisie - DCP - (2006-2010), les priorités de la coopération bilatérale sont définies par rapport à celles de la Tunisie, telles qu’exprimées dans le XIème Plan de développement, notamment par le soutien au secteur productif afin de favoriser « l’accélération du rythme de croissance » et la création d’entreprises. Assurant l’équilibre et la durabilité de ce développement, les deux autres priorités choisies en accord avec les objectifs du XIème Plan mettent l’accent sur les volets « social » (amélioration des conditions de vie des populations par le renforcement des infrastructures de base) et « environnemental » (gestion des ressources naturelles, efficacité énergétique) de la croissance économique. Sur ces secteurs de concentration, comme sur les domaines transversaux, l’offre française est particulièrement sollicitée lorsqu’elle apporte un appui à la mise en œuvre de réformes ou de projets pilotes (restructuration financière des entreprises, mise à niveau du secteur hôtelier, réhabilitation des quartiers anciens, partenariats dans la formation professionnelle, modernisation du secteur public...) et sert, sur ces mêmes secteurs, de levier pour mobiliser l’aide additionnelle d’autres bailleurs de fonds.
Ces priorités tiennent compte en effet des orientations retenues par les autres bailleurs de fonds, avec lesquelles elles s’articulent étroitement, notamment avec la Banque mondiale. Elles complètent sur certains points les efforts des institutions multilatérales et ceux des grands partenaires bilatéraux de la Tunisie que sont notamment l’Italie, l’Allemagne ou l’Espagne. Sur d’autres points au contraire, l’affichage d’une relation bilatérale vigoureuse trouve sa justification dans le fait que la référence française demeure réellement attendue et susceptible d’appuyer le mouvement général de modernisation.