Quand le glamour made in orient et occident se donnent rendez vous sur Paris !



Par Fériel Berraies Guigny. Paris
Le calendrier des défilés haute couture pour la saison printemps été 2007, a débuté le lundi 22 janvier 2007 et s’est clôt le 25 au soir, à Paris. Il a été ma foi fort consistant eu égard, aux 28 présentations, et aux nombre d’invités qui ont été deux fois plus nombreux que d’habitude. Nouvel engouement ou « Renaissance » de la haute Couture ? pour l’heure, la Haute Couture continue d’arborer fièrement ces lettres de noblesse, en restant le privilège de quelques rares bienheureux. La couture sur mesure n’a jamais eu autant de succès, un revirement qui réchauffe les cœurs des grandes maisons, faisant oublier pour un temps, la « période des vaches maigres » où l’on a vu pas mal de maisons de renom, fermer boutique. Ouf ! le prêt-à-porter de luxe n’est pas prêt de détrôner la « cour des grands ».
C’est que cette saison, une quinzaine de créateurs ont présenté leur travail en marge du calendrier officiel. Parmi eux les orientaux habituels, les cinq habitués libanais et un seul couturier venu du Golfe, Yahya El Bishri. De nouveaux créateurs ont également reçu un coup de pouce promotionnel par la Fédération française de la couture qui leur a permis une certaine reconnaissance, en diffusant en avant-première sur son site internet, quelques images de leurs collections. Une astuce pour leur permettre de prendre des commandes, de manière à engranger suffisamment de fonds pour financer un prochain défilé. Monsieur Grumbach il faut le dire, n’a pas lésiné sur les moyens d’encourager et on salue sa « largesse d’esprit ».
Mais à quand ces « largesses » aux couturiers de chez nous ?

Parmi les bénéficiaires de ce dispositif figurent des habitués du calendrier comme Felipe Oliveira Baptista ou Anne-Valérie Hash, mais aussi Richard René, lauréat du Festival des arts de la mode d'Hyères, ancien collaborateur d'Hermès et ancien assistant de Jean-Paul Gaultier. Autres bénéficiaires, Marc Le Bihan, également lauréat de Hyères, de retour après plusieurs saisons d'absence, et la styliste Cathy Pill, qui fait son entrée dans le calendrier.
La griffe anglaise Boudicca, du tandem Zowie Broach et Brian Kirby, est une nouvelle venue, de même que le duo français Lefranc-Ferrant (la styliste Béatrice Ferrant et Mario Lefranc, par ailleurs collaborateur d'Alber Elbaz chez Lanvin). Nicolas Le Cauchois et Gérald Watelet intègrent pour la première fois le programme officiel après avoir défilé en marge dans le passé
Comme les saisons précédentes, huit des dix membres de la Chambre syndicale de la haute couture ont présenté leurs collections (Adeline André, Chanel, Christian Dior, Christian Lacroix, Dominique Sirop, Franck Sorbier, Givenchy, Jean-Paul Gaultier). La maison Carven, qui avait fait son retour sur les podiums en juillet, répond à nouveau présent avec une exposition à l’espace Cardin.

A également présenté sa collection, Eymeric François, ancien assistant de Thierry Mugler et de Christian Lacroix, spécialiste du travail de corseterie et du détournement des matériaux de confection. Parallèlement aux 25 défilés du calendrier, Martin Margiela, invité permanent depuis la saison dernière, le Brésilien basé à Paris Gustavo Lins et le Britannique Adam Jones ont présenté leurs collections sur rendez-vous. Les Italiens Giorgio Armani et Valentino ont également participé aux défilés.
Mais derrière ces noms prestigieux, il y a également ces orientaux qui tiennent très bien « le rythme » et dont le talent reste incontestable pour certains. Devenus des habitués du calendrier off parisien, hormis Elie Saab qui est « invité » permanent de la Fédération de Haute Couture parisienne, il y a nos chouchous, tel que, Georges Chakra, Georges Hobeika, Robert Abi Nader. Le trio explosif, sans oublier leur benjamin Dany Atrache. Pas très loin derrière eux, un couturier du Golfe émerge, mais sans la puissance financière qui caractérise les libanais. On dirait même qu’il fait classe à part. Il est le seul de sa région et c’est tout dire, il s’agit de Yahya El Bishri. Il nous est revenu, cette saison avec un défilé très happening au Georges V, et bien qu’il y ait encore pas mal de boulot pour accéder au niveau des libanais, il fait son petit bonhomme de chemin.


S’agissant du prêt-à-porter, que nous aborderons prochainement vers le mois de mars, nous avons également certaines « traces orientales » comme la turque Dice Kayek et le grec chypriote Hussein Chalayan, à la différence que ce dernier, représente la « couture britannique » mais bon, on peut quand bien même s’enorgueillir et se dire qu’il y a toujours de l’ orientalisant dans la couture occidentale d’aujourd’hui.




Car moralité : Qu’importe que cela soit Made in Paris ou pas, la mode n’a plus de frontières et L’orient n’a pas fini de séduire !!!



Fériel Berraies Guigny

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