Collections prêt-à-porter hiver 2007 d’EKJO, YOISHI NAGASAWA et CHAPURIN



Par Fériel Berraies Guigny. paris
Le prêt-à-porter parisien accueille de plus en plus de talentueux créateurs étrangers. Du Japon, à la Corée, à la Russie, les podiums parisiens nous ouvrent cette fenêtre vers une certaine couture ethnique qui rentre peu à peu dans les mœurs européennes. Toutes les influences sont confondues pour le grand bonheur d’une couture qui trempe dans la diversité des styles et des tendances.

Collection prêt-à-porter hiver 2007 d’EKJO : Si une couture naturelle, m’était contée…



La jeune styliste sud coréenne, Ekjo est une amoureuse de la nature. Une sensibilité qu’elle a su transposer dans sa création. Loin des artifices du marketing à tout prix et du surfait de la mode contemporaine, elle envisage la mode comme un feeling, une ambiance, plutôt qu’une « tendance ».Des chants d’ oiseaux,une fleur,des images furtives collées à certains souvenirs d’enfance, tout cela fait parti du monde intérieur dans lequel puise la talentueuse et si gracieuse styliste.

COURTESY OF EKJO PARIS

Le style Ekjo est un doux mélange d’humanisme et de spiritualité, un naturalisme qu’elle réinterprète à travers des silhouettes épurées, des étoffes d’une grande noblesse, mêlant pour cette saison hivernale 2007, de savants mélanges de roux, gris et beige. Le noir très chic et sobre est aussi au rendez vous. Pas de chichis, de provocation ou de trash, mais une couture tout en douceur et harmonie qui vient respecter notre féminité.


COURTESY OF EKJO PARIS

La femme Ekjo est légère, libre dans sa tête et dans son corps, suivant le mouvement de la terre et les battements de son cœur. Elégante mais femme de son temps elle réinterprète la mode selon sa personnalité et son humeur du moment,elle n’en est jamais esclave. Pour son premier défilé parisien, la griffe a reçu un accueil très enthousiaste au Carrousel du Louvres. Nous avons déjà hâte de découvrir la prochaine collection !

Collection prêt-à-porter hiver 2007 de YOISHI NAGASAWA : hommage au militaire nippon style !


La mode nipponne n’a plus besoin de faire ses preuves. Le « maître ayant surpassé l’élève », la couture européenne s’incline aujournd’hui face au génie nippon. Autre talent prometteur après Kenzo, Yohji Yamamoto, Junya Watanabe, Issey Miyake, voici donc un autre dernier né prometteur, Yoichi Nagasawa. Ce talentueux couturier pour la saison hivernale 2007 n’hésite pas à revisiter la mode militaire en lui donnant une part de féminité insoupçonnée. Le costume d’apparat est à l’honneur et les silhouettes exposent des détails très remarqués entre les galons dorés sur brodés, les blousons petits et courts, les vestes épaulées étroites, tous les ingrédients du style cavalier sont à l’honneur.

Nous remarquons également les knickers et pantalons droits, portés avec des manteaux resserrés à la taille, du plus bel effet ! Mais la touche féminine reste au rendez vous avec des robes princesses très minimalistes, qui ajoutent un peu plus de légèreté à une ligne restée volontairement austère, rehaussée par la rigueur des vestes structurées. Les matières ont été confectionnées pour et par le créateur, c’est ainsi que nous retrouvons toute une gamme de drap de laine, lainage, dentelle, mouton retourné ou rebrodé, panne de velours, imprimés foulards cachemire. La couleur est au bleu marine, noir, beiges et aux bruns et marrons. Pour rehausser le tout quelques pièces en bordeaux et or en surpiqûre et arrangements. L’univers des costumes de cérémonie a trouvé cette saison au Carrousel du Louvres, grâce à ce « maître japonais », son plus remarquable exutoire.

COURTESY OF YOICHINAGASAWA PARIS
Crédits :
Accessoires Koutoku Botan
Chaussures : Advan
Collants Dim


Collection prêt-à-porter hiver 2007 de CHAPURIN. La mode Moscovite à Paris !


Pour son deuxième défilé parisien, Chapurin revient après sa première version du ballet Bolchoï, aux vestiges de l’Empire russe. C’est ainsi que pour la saison hiver 2007, le créateur nous laisse entrapercevoir à travers sa ligne de saison, un pan de l’histoire de son pays. Fin de la monarchie et d’une certaine manière de vivre versus un style plus construit, utilitariste et militaire. Des signes coutures qui ne trompent pas avec des boutonnières, des attaches, des couleurs austères. S’inspirant d’Anastasia, princesse descendante rescapée des Roumanov, il évoque les tumultes qui ont secoué son pays. Si le style militaire est ostentatoirement affiché, Chapurin reste un nostalgique d’une certaine douceur de vivre qu’a connu son pays et à travers sa ligne nous offre en contraste quelques pièces plus romantiques. Comme ces manteaux délicats, les pulls tricotés en raffia naturel. Histoire de dire que la noblesse désargentée a gardé une certaine conscience de l’opulence et du raffiné. Ainsi, pour parer au dénuement, milles astuces sont permises, on substitue le jersey à la soie, le constructivisme au lieu de l’ornementalisme. L’opulence se fait moins criarde, moins tape à l’œil, au profit de la discrétion. Comme par exemple, avec le taffetas craquant, les bouclés de laine mousseux, les millefeuilles de mohair et de tulle.

COURTESY OF CHAPURIN PARIS
Crédits:
Bijoux Swarowski
Fourrures Kopenhagen Furs

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Fériel Berraies Guigny

www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr

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