Par Fériel Berraies Guigny. Paris
Dans le dernier ouvrage d’Eric Aeschiman et de Christophe Boltanski, paru aux (ةditions Grasset/2006), le règne de Chirac qui touche à sa fin, est passé au peigne fin. Les deux journalistes de Libération passent en revue les grands axes de sa politique arabe. L’heure est au bilan, et il est sévère pour le Président. Des Zones d’ombres et de lumières subsistent, dans un parcours qui n’est pas sans fautes. On se rappelle bien que le plus fervent opposant de la guerre en Irak, avait été pendant un temps, l’ami intime de l’ancien dictateur. On se rappelle également, qu’il avait été financé pour son parti par des « largesses » irakiennes, saoudiennes, qataries et marocaines. Connaisseur du monde arabe, certes mais dans une vision déformée et quelque peu paternaliste : Chirac s’est toujours fait inviter aux frais des « princes et
princesses « de la région.
Ambivalent dans son discours, s’agissant de la démocratie dans le monde arabe, il s’était dressé comme défenseur des opprimés et en même temps, étalait sa franche camaraderie avec certains « Seigneurs » et Chef d’Etat arabes peu exemplaires. Eu égard à sa vision condescendante « les dirigeants arabes ont parfois des méthodes qui ne sont pas les nôtres. Mais je me refuse à juger les régimes politiques à l’aune de nos traditions, au nom de je ne sais quel ethnocentrisme ». Tous les sondages d’opinion indiquent qu’aujourd’hui aux yeux des Français, le principal élément positif qui surnage de douze années de mandat chaotique, fut sa décision de s’opposer à la guerre en Irak.
A en croire les français, Chirac pourrait rester dans l’histoire comme celui qui, dans une phase de tension extrême entre les Etats-Unis et le monde musulman, a prôné inlassablement le dialogue. L’ami des Arabes, en somme ?! La réalité est bien moins simple, moins flatteuse aussi. Fruit de deux ans d’enquête et de cent cinquante entretiens exclusifs, Chirac d’Arabie brosse le portrait inédit d’un homme qui a beaucoup misé sur le monde arabe. C’est là qu’il aurait trouvé ses meilleurs soutiens. A commencer par Saddam Hussein, car le livre publie des lettres inédites de Chirac au feu ancien président irakien. On découvre aussi le lien profond qui unissait le président français au Libanais Rafic Hariri. Ce qui a déterminé de façon décisive la politique française vis-à-vis de la Syrie et du Liban. Et il raconte pourquoi, après avoir longtemps mis un tabou sur le dossier palestinien - pour ne pas fâcher l’électorat juif de Paris -, Jacques Chirac s’est pris d’une passion tardive pour Yasser Arafat. Il est question également du marocain Mohammed VI, de l’émir d’Abu Dhabi cheikh Zayed, de l’algérien Bouteflika. Entre Paris et les capitales arabes, beaucoup de choses ont circulé : l’amitié, les conseils, les contrats,...
Mais à travers le récit d’un homme dont les convictions n’ont pas cessé de changer au gré de conjonctures personnelles, c’est aussi le fameux mythe de la « politique arabe de la France » qui est disséqué sans complaisances. En prenant à partie les soldats israéliens dans la vieille ville de Jérusalem, en défiant George Bush, en se faisant applaudir à Alger, Jacques Chirac a voulu faire perdurer le mythe de la grandeur française. Il s’est fait l’ami des Arabes pour trouver une place parmi les grands de ce monde. Aujourd’hui des questions cruciales subsistent : A-t-il sciemment vendu la technologie nucléaire à l’Irak ? A-t-il conseillé à Yasser Arafat de refuser l’accord avec Israël en octobre 2000 ? A-t-il retardé la libération des otages françaises au Liban avant les élections de mars 1986 ? S’est-il montré trop complaisant avec le syrien Hafez el-Assad ?
A-t-il bénéficié des largesses de dirigeants arabes ? Et pourquoi aujourd’hui la nouvelle génération qui a accédé au pouvoir de la Palestine au Maroc se méfie-t-elle tant de lui ?
Toutes ces questions sont habilement posées dans cet ouvrage, qui nous dévoile la face cachée d’un homme et nous livre tout un champ de réflexion sur les fondements et l’avenir de la politique française par rapport à notre région.
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Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr
Dans le dernier ouvrage d’Eric Aeschiman et de Christophe Boltanski, paru aux (ةditions Grasset/2006), le règne de Chirac qui touche à sa fin, est passé au peigne fin. Les deux journalistes de Libération passent en revue les grands axes de sa politique arabe. L’heure est au bilan, et il est sévère pour le Président. Des Zones d’ombres et de lumières subsistent, dans un parcours qui n’est pas sans fautes. On se rappelle bien que le plus fervent opposant de la guerre en Irak, avait été pendant un temps, l’ami intime de l’ancien dictateur. On se rappelle également, qu’il avait été financé pour son parti par des « largesses » irakiennes, saoudiennes, qataries et marocaines. Connaisseur du monde arabe, certes mais dans une vision déformée et quelque peu paternaliste : Chirac s’est toujours fait inviter aux frais des « princes et
princesses « de la région. Ambivalent dans son discours, s’agissant de la démocratie dans le monde arabe, il s’était dressé comme défenseur des opprimés et en même temps, étalait sa franche camaraderie avec certains « Seigneurs » et Chef d’Etat arabes peu exemplaires. Eu égard à sa vision condescendante « les dirigeants arabes ont parfois des méthodes qui ne sont pas les nôtres. Mais je me refuse à juger les régimes politiques à l’aune de nos traditions, au nom de je ne sais quel ethnocentrisme ». Tous les sondages d’opinion indiquent qu’aujourd’hui aux yeux des Français, le principal élément positif qui surnage de douze années de mandat chaotique, fut sa décision de s’opposer à la guerre en Irak.
A en croire les français, Chirac pourrait rester dans l’histoire comme celui qui, dans une phase de tension extrême entre les Etats-Unis et le monde musulman, a prôné inlassablement le dialogue. L’ami des Arabes, en somme ?! La réalité est bien moins simple, moins flatteuse aussi. Fruit de deux ans d’enquête et de cent cinquante entretiens exclusifs, Chirac d’Arabie brosse le portrait inédit d’un homme qui a beaucoup misé sur le monde arabe. C’est là qu’il aurait trouvé ses meilleurs soutiens. A commencer par Saddam Hussein, car le livre publie des lettres inédites de Chirac au feu ancien président irakien. On découvre aussi le lien profond qui unissait le président français au Libanais Rafic Hariri. Ce qui a déterminé de façon décisive la politique française vis-à-vis de la Syrie et du Liban. Et il raconte pourquoi, après avoir longtemps mis un tabou sur le dossier palestinien - pour ne pas fâcher l’électorat juif de Paris -, Jacques Chirac s’est pris d’une passion tardive pour Yasser Arafat. Il est question également du marocain Mohammed VI, de l’émir d’Abu Dhabi cheikh Zayed, de l’algérien Bouteflika. Entre Paris et les capitales arabes, beaucoup de choses ont circulé : l’amitié, les conseils, les contrats,...
Mais à travers le récit d’un homme dont les convictions n’ont pas cessé de changer au gré de conjonctures personnelles, c’est aussi le fameux mythe de la « politique arabe de la France » qui est disséqué sans complaisances. En prenant à partie les soldats israéliens dans la vieille ville de Jérusalem, en défiant George Bush, en se faisant applaudir à Alger, Jacques Chirac a voulu faire perdurer le mythe de la grandeur française. Il s’est fait l’ami des Arabes pour trouver une place parmi les grands de ce monde. Aujourd’hui des questions cruciales subsistent : A-t-il sciemment vendu la technologie nucléaire à l’Irak ? A-t-il conseillé à Yasser Arafat de refuser l’accord avec Israël en octobre 2000 ? A-t-il retardé la libération des otages françaises au Liban avant les élections de mars 1986 ? S’est-il montré trop complaisant avec le syrien Hafez el-Assad ?
A-t-il bénéficié des largesses de dirigeants arabes ? Et pourquoi aujourd’hui la nouvelle génération qui a accédé au pouvoir de la Palestine au Maroc se méfie-t-elle tant de lui ?
Toutes ces questions sont habilement posées dans cet ouvrage, qui nous dévoile la face cachée d’un homme et nous livre tout un champ de réflexion sur les fondements et l’avenir de la politique française par rapport à notre région.
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Fériel Berraies Guigny
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