CSS- Al Ahly : Le rêve brisé



Un score de (1-1), acquis à l'extérieur lors d'une finale aller est toujours vicieux. Insidieux. Mais quand on a une équipe d'Al Ahly comme adversaire, le mieux serait de ne pas faire de mystère.

Car, avec eux, ça passe ou ça casse. Pas de demi-mesures. Un match défensif lors d'une finale retour, c'est comme cela que M'rad Mahjoub et les siens ont fait hara-kiri. Et puis, les Sfaxiens sont faits pour jouer au football. Ils ne gagnent qu'en jouant l'attaque. S'ils renoncent à cette façon de faire, c'est toute leur culture du football qui dépérit. Hier, ce fut le cas.


Nous craignions, en effet, un raz de marée ahlaoui, dès l'entrée du jeu. Un fauve blessé est dangereux. Un Pharaon démystifié chez lui est capable de tout... Entre autres d'un pressing asphyxiant sur la défense sfaxienne, sur toute l'équipe sfaxienne d'emblée, acculée dans ses ultimes retranchements.

Ce que tous les supporters tunisiens - nous disons bien tunisiens et non exclusivement sfaxiens - ce que nous redoutions le plus, tout le long d'une semaine de jubilation, jaculatoire, de béatitude triomphatrice, c'est justement le poids de la pression qu'inévitablement nous faisions peser sur nos joueurs. De surcroît, les joueurs sfaxiens furent systématiquement joignables durant toute une semaine, ce qui n'était pas sans provoquer un relâchement de la tension. Peut-être est-ce là l'art de vivre le football à la sfaxienne. Cette finale retour, Mahjoub et les siens l'auront préparée comme à la bonne franquette.

Le stade de Radès est un petit bijou. Auréolé des couleurs sfaxiennes et finalement de toutes les couleurs. Voilà qu'il se transforme en une place, une véritable place de football ; haut lieu de ce qui se pratique de mieux actuellement en Afrique ; véritable capitale d'un football africain qui prend le nôtre - ce sont là nos incroyables paradoxes - pour repère. Mais attention, tout autour des gradins et rivés à leurs téléviseurs, il n'y avait pas que les Sfaxiens. Mais la Tunisie tout entière. A la fin, nous déchantions.
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Raouf KHALSI

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