Faiza Guène «la jeune Sagan des Banlieues» sort son dernier ouvrage «Du rêves pour les oufs »



De la journaliste franco tunisienne. Fériel Berraies Guigny. Paris
Les banlieues il faut le croire,continuent d’inspirer les talents artistiques, après les comédiens devenus désormais confirmés comme Samy Nacery, Rochdy Zem, Sami Bouajila, sans oublier les professionnels du Stand Up dont Jamel Debbouze, et la myriade de talents du pop dont Laam,Amel Bent, Nadiya, Chimène Badi, il est plus que probable que de la «zone » ne sorte pas uniquement la racaille !

Et oui, le déterminisme du milieu n’est pas une fatalité inéluctable et peut même contribuer à créer certaines vocations. Et le talent n’attend pas s’agissant du jeune auteur Faiza Guéne. Révélée par son premier ouvrage « Kiffe kiffe demain » faiza Guéne nous revient cette rentrée 2006, avec « des rêves pour les oufs » !

Cette jeune française d'origine algérienne, née à Bobigny, vit avec ses parents à Pantin, en Seine-Saint-Denis. C’est dans la cité des Courtilières, ou elle vit depuis l'âge de huit ans, qu’elle puise sa création littéraire. Et à l’instar de certains de ses compatriotes, elle revendique son arabité malgré le fait qu’ elle soit née en France.

Diplômée d’un IUT de carrières sociales en animation sociale et socioculturelle, Faiza Guéne possède un style bien à elle, afficionada du portrait, la lecture de son premier roman nous livre une fresque humaine, sur fond de la vie de Cités. Elle nous conte Doria, jeune fille de 15 ans abandonnée par son père et vivant seule avec sa mère dans une banlieue parisienne. Autobiographie ou fiction qui se mêle à vie perso, il reste que l’on ne peut écrire à merveille que ce l’on vit !
Dans son second roman, une femme est encore le protagoniste principal. Et Faiza l’explique en ces termes « C'est un choix. J'ai la conviction que le changement passera par les femmes.
Ce livre pourrait être en quelque sorte un hommage aux femmes des Cités pour mettre en lumière leur combat quotidien ; « Elles ont les épaules solides et en même temps elles sont fragiles comme une brindille qui tombe sur un simple coup de vent. .
La plume de Faiza Guéne nous offre un style calqué sur un parcours personnel que l’on retrouve aussi dans ses premiers courts métrages, RTT Rumeurs (2002, Rien que des mots (2004)) ainsi que dans le documentaire Mémoires du 17 octobre 61 (2002).
Aujourd’hui ce jeune talent est devenue le symbole d’espoir pour les jeunes filles du quartier, presque malgré elle.
Elle le confie, il est parfois difficile de devenir la figure emblématique de toute une génération désenchantée. Le poids est d’autant plus difficile à porter, que les réussites se comptent sur le bout des doigts et qu’il ne sert à rien d’entretenir certaines chimères. La fortune et la gloire ne sont que pour certains.
Aujourd’hui nous sommes à même de nous poser certaines questions, à savoir :
Que penser de ceux qui ont fait de la Banlieue leur « fond de commerce » ? Où commence le désir de faire bouger les choses et la recherche du profit personnel à tout les prix ? Des empires ont été battis sur la thématique du banlieusard arabe et parfois nous-mêmes, finissons par rire jaune !
Quitte à rire de ses semblables !!! Une filière que beaucoup d’humoristes et de comédiens d’origine maghrébine ont choisie… parodier un quotidien infernal pour beaucoup n’améliorera certainement pas
l’espoir social. Et pour ce qui est des mentalités réductrices, il est à craindre que l’on ne sorte jamais de certains stigmates sociaux.



Fériel Berraies Guigny

www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr

Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 8994

Zahraten  (samira.baccouche@topnet.t)  |Mercredi 01 Novembre 2006 à 00h 12m |           
Pourriez vous nous dire, à titre indicatif, quelles sont les librairies du grand Tunis qui vendent les romans de la jeune GUENE?