Par les temps qui courent, c’est un exercice de funambule
Conduite par un système bancaire et financier en perpétuelle évolution et par une conjoncture internationale fluctuante, la politique monétaire tunisienne a connu ces dernières années des mutations profondes en corrélation avec celles de la sphère financière caractérisée principalement par la libéralisation des taux d'intérêt créditeurs, la libéralisation des taux d'intérêt débiteurs, la réforme du marché monétaire, l'introduction du contrôle prudentiel sans omettre les nouvelles modalités de financement de l'Etat et la modernisation de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunisie (BVMT).
La Banque Centrale de Tunisie (BCT) fixe comme objectifs ultimes la stabilité du taux de change et la maîtrise de l'inflation à des taux faibles et adopte actuellement une politique d'absorption de liquidité excédentaire.
L'objectif intermédiaire retenu par la BCT consiste à garantir une croissance de la masse monétaire (M3)* en utilisant la base monétaire comme objectif opérationnel. Il est à noter que l'objectif intermédiaire concerne le plus souvent un taux d'intérêt à court terme alors que l'objectif opérationnel renvoie à un taux de croissance d'un agrégat monétaire, à un taux de change ou à un taux d'inflation.
Contrariée de trouver le juste équilibre entre l'objectif de la maîtrise de l'inflation et celui de la déréglementation de l'activité, la BCT privilégie actuellement une approche quantitative en agissant sur la base monétaire par le bais des nouveaux instruments de politique monétaire comme les opérations d'open market qui permettent de favoriser le développement du marché secondaire et de contrôler le niveau global de la liquidité bancaire.
L'utilisation des agrégats monétaires comme objectif intermédiaire n'a toujours pas procuré les résultats escomptés par les autorités monétaires vu leurs rythmes flottants dus principalement à la conduite de la demande ou encore des banques. De plus, la BCT n'a pas toujours réussi à atteindre les cibles intermédiaires qu'elle s'est fixé et ce qui explique la substitution la masse M2 ciblée durant les années 90 par la masse M3.
Néanmoins, cette orientation est justifiable par les objectifs d'assurer la crédibilté de la BCT, de préserver son rôle régulateur du marché financier et essentiellement d'intervenir en cas de changements inopinés de la conjoncture nationale ou internationale.
En résumé, la Tunisie poursuit toujours la politique monétaire de contrôle de l'offre de la monnaie pour atteindre l'objectif ultime de maîtrise du taux d'inflation à des niveaux inférieurs. Ainsi selon les économistes : à court terme l'équilibre monétaire détermine le taux d'intérêt nominal et à long terme, il détermine les niveaux des prix.
En dépit des aléas de la conjoncture, la politique d'absorption de liquidité excédentaire poursuivie par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a contribué à limiter l'impact des flux externes sur la masse monétaire et l'inflation. D'ailleurs, la mission du Fonds Monétaire International a encouragé la BCT à poursuivre ces efforts de d'absorption de tout excédent (dont la privatisation de Tunisie-Télécom). Cette politique permettra selon les prévisions une croissance de la masse monétaire à la fin de l'année en cours et une croissance des crédits à l'économie de près de 7%, tout en maîtrisant l'inflation.
Par ailleurs, l'équilibre du système financier projeté par la BCT pour 2006 table sur une croissance de 7,5% de la masse monétaire M3, une baisse du taux de croissance ressources ou des contreparties de 9,4% (2004/2005) à 6,4% (2005/2006), une baisse des créances nettes sur l'Etat de 341 MDT en 2005 à 250 MDT en 2006 contre une croissance des concours à l'économie de 5,3%(2004), 6,4%(2005) à 7,4% (prévison 2006).
A signaler que les contreparties de la masse monétaire désignent les créances correspondant aux agrégats monétaires . Il existe trois grands types de créances :créances nettes sur l'extérieur, les créances nettes sur l'Etat et les concours à l'économie.
Les dernières statistiques puliées par la BCT exhibent que sur le plan monétaire, l'agrégat M3 s'est accru en juin 2006 au taux de 6,1% contre 3,4% une année auparavant. Du côté des contreparties, il y a lieu de relever particulièrement la poursuite de la baisse des créances nettes sur l'extérieur et l'accroissement des concours à l'économie.
Concernant la situation sur le marché monétaire, elle a connu un resserrement pour le quatrième mois consécutif. Ainsi, la Banque Centrale est-elle intervenue sur le marché monétaire pour injecter une enveloppe moyenne globale de 232 MDT en juin 2006 contre 207 MDT le mois précédent.
Au cours du mois de juillet, le taux du marché monétaire a enregistré des fluctuations plus larges, ce qui a porté le TMM au 20 juillet 2006 à 5,06%.
En dépit des progrès réalisés par le ciblage de la masse monétaire, les fluctuations plus larges du taux du marché monétaire (5,07% le 24/07/06) suite aux flux continus de la masse monétaire, soutiennent les recommandations du FMI relatives à une plus grande consolidation budgétaire, à une intensification du remboursement de la dette extérieure et à une grande flexibilité du taux de change en plus de la politique monétaire. A la lumière des données disponibles au mois de juillet, le conseil de la BCT a décidé de maintenir inchangé son taux directeur tout en étant vigilant sur l'évolution des prix. En l'asbsence de lien de causalité entre la monnaie et le prix, la politique de stabilisation du système bancaire semble primer l'objectif de stabilisation des prix.
Yosr GUERFEL
Glossaire
* Les agrégats monétaires (M1, M2, M3, M4) : sont des indicateurs statistiques qui regroupent dans des ensembles homogènes les moyens de paiement détenus par les agents non financiers résidents, ainsi que les composants de leurs placements financiers sur le territoire national qui en constituent de proches substituts. Les agrégats emboîtés partent des composantes les plus liquides au moins liquides, reflétant le caractère plus ou moins immédiat du pouvoir libératoire.
M1 : Billets, monnaie divisionnaire, dépôts à vue en dinars mobilisables
M2 : M1 + livrets bancaires ordinaires, comptes d'épargne logement et placements à vue (peuvent sans risque et presque immédiatement être convertis en moyens de paiement).
M3 : M2 + dépôts de devises, placements à terme non négociables (comptes à terme, bons de caisse, bons d'épargne des banques, bons du Trésor), titres de créances négociables émis par des établissements de crédit, titres d'OPCVM court terme (SICAV). [Placements à risques qui demeurent très liquides parce que très facilement et rapidement négociables sur un marché]
Conduite par un système bancaire et financier en perpétuelle évolution et par une conjoncture internationale fluctuante, la politique monétaire tunisienne a connu ces dernières années des mutations profondes en corrélation avec celles de la sphère financière caractérisée principalement par la libéralisation des taux d'intérêt créditeurs, la libéralisation des taux d'intérêt débiteurs, la réforme du marché monétaire, l'introduction du contrôle prudentiel sans omettre les nouvelles modalités de financement de l'Etat et la modernisation de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunisie (BVMT).
La Banque Centrale de Tunisie (BCT) fixe comme objectifs ultimes la stabilité du taux de change et la maîtrise de l'inflation à des taux faibles et adopte actuellement une politique d'absorption de liquidité excédentaire.
L'objectif intermédiaire retenu par la BCT consiste à garantir une croissance de la masse monétaire (M3)* en utilisant la base monétaire comme objectif opérationnel. Il est à noter que l'objectif intermédiaire concerne le plus souvent un taux d'intérêt à court terme alors que l'objectif opérationnel renvoie à un taux de croissance d'un agrégat monétaire, à un taux de change ou à un taux d'inflation.
Contrariée de trouver le juste équilibre entre l'objectif de la maîtrise de l'inflation et celui de la déréglementation de l'activité, la BCT privilégie actuellement une approche quantitative en agissant sur la base monétaire par le bais des nouveaux instruments de politique monétaire comme les opérations d'open market qui permettent de favoriser le développement du marché secondaire et de contrôler le niveau global de la liquidité bancaire.
L'utilisation des agrégats monétaires comme objectif intermédiaire n'a toujours pas procuré les résultats escomptés par les autorités monétaires vu leurs rythmes flottants dus principalement à la conduite de la demande ou encore des banques. De plus, la BCT n'a pas toujours réussi à atteindre les cibles intermédiaires qu'elle s'est fixé et ce qui explique la substitution la masse M2 ciblée durant les années 90 par la masse M3.
Néanmoins, cette orientation est justifiable par les objectifs d'assurer la crédibilté de la BCT, de préserver son rôle régulateur du marché financier et essentiellement d'intervenir en cas de changements inopinés de la conjoncture nationale ou internationale.
En résumé, la Tunisie poursuit toujours la politique monétaire de contrôle de l'offre de la monnaie pour atteindre l'objectif ultime de maîtrise du taux d'inflation à des niveaux inférieurs. Ainsi selon les économistes : à court terme l'équilibre monétaire détermine le taux d'intérêt nominal et à long terme, il détermine les niveaux des prix.
En dépit des aléas de la conjoncture, la politique d'absorption de liquidité excédentaire poursuivie par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a contribué à limiter l'impact des flux externes sur la masse monétaire et l'inflation. D'ailleurs, la mission du Fonds Monétaire International a encouragé la BCT à poursuivre ces efforts de d'absorption de tout excédent (dont la privatisation de Tunisie-Télécom). Cette politique permettra selon les prévisions une croissance de la masse monétaire à la fin de l'année en cours et une croissance des crédits à l'économie de près de 7%, tout en maîtrisant l'inflation.
Par ailleurs, l'équilibre du système financier projeté par la BCT pour 2006 table sur une croissance de 7,5% de la masse monétaire M3, une baisse du taux de croissance ressources ou des contreparties de 9,4% (2004/2005) à 6,4% (2005/2006), une baisse des créances nettes sur l'Etat de 341 MDT en 2005 à 250 MDT en 2006 contre une croissance des concours à l'économie de 5,3%(2004), 6,4%(2005) à 7,4% (prévison 2006).
A signaler que les contreparties de la masse monétaire désignent les créances correspondant aux agrégats monétaires . Il existe trois grands types de créances :créances nettes sur l'extérieur, les créances nettes sur l'Etat et les concours à l'économie.
Les dernières statistiques puliées par la BCT exhibent que sur le plan monétaire, l'agrégat M3 s'est accru en juin 2006 au taux de 6,1% contre 3,4% une année auparavant. Du côté des contreparties, il y a lieu de relever particulièrement la poursuite de la baisse des créances nettes sur l'extérieur et l'accroissement des concours à l'économie.
Concernant la situation sur le marché monétaire, elle a connu un resserrement pour le quatrième mois consécutif. Ainsi, la Banque Centrale est-elle intervenue sur le marché monétaire pour injecter une enveloppe moyenne globale de 232 MDT en juin 2006 contre 207 MDT le mois précédent.
Au cours du mois de juillet, le taux du marché monétaire a enregistré des fluctuations plus larges, ce qui a porté le TMM au 20 juillet 2006 à 5,06%.
En dépit des progrès réalisés par le ciblage de la masse monétaire, les fluctuations plus larges du taux du marché monétaire (5,07% le 24/07/06) suite aux flux continus de la masse monétaire, soutiennent les recommandations du FMI relatives à une plus grande consolidation budgétaire, à une intensification du remboursement de la dette extérieure et à une grande flexibilité du taux de change en plus de la politique monétaire. A la lumière des données disponibles au mois de juillet, le conseil de la BCT a décidé de maintenir inchangé son taux directeur tout en étant vigilant sur l'évolution des prix. En l'asbsence de lien de causalité entre la monnaie et le prix, la politique de stabilisation du système bancaire semble primer l'objectif de stabilisation des prix.
Yosr GUERFEL
Glossaire
* Les agrégats monétaires (M1, M2, M3, M4) : sont des indicateurs statistiques qui regroupent dans des ensembles homogènes les moyens de paiement détenus par les agents non financiers résidents, ainsi que les composants de leurs placements financiers sur le territoire national qui en constituent de proches substituts. Les agrégats emboîtés partent des composantes les plus liquides au moins liquides, reflétant le caractère plus ou moins immédiat du pouvoir libératoire.
M1 : Billets, monnaie divisionnaire, dépôts à vue en dinars mobilisables
M2 : M1 + livrets bancaires ordinaires, comptes d'épargne logement et placements à vue (peuvent sans risque et presque immédiatement être convertis en moyens de paiement).
M3 : M2 + dépôts de devises, placements à terme non négociables (comptes à terme, bons de caisse, bons d'épargne des banques, bons du Trésor), titres de créances négociables émis par des établissements de crédit, titres d'OPCVM court terme (SICAV). [Placements à risques qui demeurent très liquides parce que très facilement et rapidement négociables sur un marché]





Abdelwahab - ÍíÇÊí ÃäÊ
Commentaires
0 de 0 commentaires pour l'article 8508