De la journaliste franco tunisienne Fériel Berraies Guigny.Paris
Avant même sa sortie sur les écrans, qu'importe le secret habilement entretenu par la production, on avait, pour peu qu'on tende l'oreille, l'impression de tout savoir du célébrissime Da Vinci Code. Projeté dans l'Hexagone sur près de 800 écrans, le thriller Da Vinci Code a connu, mercredi 17 mai, un démarrage moins fulgurant qu'anticipé compte tenu du battage médiatique l'accompagnant, attirant plus de 230 000 spectateurs. Il n'a pas été très bien accueilli par les journalistes de Cannes (sifflet, ricanement, pas d'applaudissement). Il est un peu difficile à suivre pour ceux qui n'ont pas lu le roman.
Ce best-seller hors normes vendu à 40 millions d'exemplaires a soulevé des débats passionnés. Irritation des théologiens. Colère de l'Opus Dei. Crédulité déconcertante d'une partie du lectorat. Le film de Ron Howard précédé d'une énorme campagne promotionnelle, a fait l’ouverture à Cannes. Tremplin idéal pour une sortie planétaire. Bien que le film, tout comme le roman, soit américain, il a bénéficié indéniablement d’un cachet international. Inspirée des travaux d'un maître italien, lancée à Paris, poursuivie à Londres, l'intrigue combine quelques symboles dont la renommée dépasse largement les frontières nationales. Léonard de Vinci, le Louvre, le Graal, Jésus. Tout le monde s'y retrouve...
Et pourtant cette formule gagnante nous a laissé sur notre faim. Le film de Ron Howard, illustration besogneuse,
peine à décoller. Le cinéaste ne parvient jamais à donner une nouvelle vie au roman. Certes, il met en images les récits des personnages, ce qui a certainement contribué à faire grimper le budget de cette superproduction. Et ce, même si on a mal lorsque le moine albinos se mortifie, se lacérant le dos et portant un cilice qui lui meurtrit la chair. Mais au-delà de la visualisation efficace des indices laissés par le conservateur du Louvre, et quelques plongées qui rappellent clairement le poids du destin sur les protagonistes, le cinéaste ne paraît pas à l'aise dans l'univers pictural et symbolique de Dan Brown. Aussi noie-t-il son film d'une musique souvent très lourde et risque-t-il d'égarer ceux qui n'auraient pas encore lu la nouvelle bible des libraires....
Le jeu des deux acteurs principaux ne le sert aucunement. L'alliance franco-américaine tombe ici à plat. Audrey Tautou paraît complètement dénuée du charme et du charisme qui l'ont révélée chez Jean-Pierre Jeunet. Peut-être est-ce l'anglais. Ou simplement que son personnage paraît avoir moins d'initiative que dans le roman. Quant à Tom Hanks, il ne parvient jamais à donner vie au professeur Langdon et donne la triste impression d'être tout bêtement congestionné. Aucune chimie entre eux. Niveau zéro. Ian McKellen, grandiloquent, s'en tire beaucoup mieux dans le rôle de Teabing.
Paradoxalement le marketing fonctionne malgré ces couacs car les séances affichent pratiquement toutes complet, Da Vinci Code a néanmoins connu un très bon départ, se classant même au quatrième rang des meilleurs démarrages de l'année 2006 après Les Bronzés 3 amis pour la vie, L'Age de glace 2 et Camping.
Les critiques incendiaires émanant de Cannes ne devraient pas davantage miner la performance de ce film événement du côté de l'Atlantique, où sa sortie est attendue ce vendredi. Les experts prédisent même des gains oscillant entre 50 millions $US et 80 millions $US au cours d'un premier week-end d'exploitation en territoire nord-américain.

Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr
Le Da Vinci Code (The Da Vinci Code) est un roman écrit par Dan Brown en 2003. Le titre de la 1re édition francophone était Le Code de Vinci.
Avant même sa sortie sur les écrans, qu'importe le secret habilement entretenu par la production, on avait, pour peu qu'on tende l'oreille, l'impression de tout savoir du célébrissime Da Vinci Code. Projeté dans l'Hexagone sur près de 800 écrans, le thriller Da Vinci Code a connu, mercredi 17 mai, un démarrage moins fulgurant qu'anticipé compte tenu du battage médiatique l'accompagnant, attirant plus de 230 000 spectateurs. Il n'a pas été très bien accueilli par les journalistes de Cannes (sifflet, ricanement, pas d'applaudissement). Il est un peu difficile à suivre pour ceux qui n'ont pas lu le roman.
Ce best-seller hors normes vendu à 40 millions d'exemplaires a soulevé des débats passionnés. Irritation des théologiens. Colère de l'Opus Dei. Crédulité déconcertante d'une partie du lectorat. Le film de Ron Howard précédé d'une énorme campagne promotionnelle, a fait l’ouverture à Cannes. Tremplin idéal pour une sortie planétaire. Bien que le film, tout comme le roman, soit américain, il a bénéficié indéniablement d’un cachet international. Inspirée des travaux d'un maître italien, lancée à Paris, poursuivie à Londres, l'intrigue combine quelques symboles dont la renommée dépasse largement les frontières nationales. Léonard de Vinci, le Louvre, le Graal, Jésus. Tout le monde s'y retrouve...
Et pourtant cette formule gagnante nous a laissé sur notre faim. Le film de Ron Howard, illustration besogneuse,
peine à décoller. Le cinéaste ne parvient jamais à donner une nouvelle vie au roman. Certes, il met en images les récits des personnages, ce qui a certainement contribué à faire grimper le budget de cette superproduction. Et ce, même si on a mal lorsque le moine albinos se mortifie, se lacérant le dos et portant un cilice qui lui meurtrit la chair. Mais au-delà de la visualisation efficace des indices laissés par le conservateur du Louvre, et quelques plongées qui rappellent clairement le poids du destin sur les protagonistes, le cinéaste ne paraît pas à l'aise dans l'univers pictural et symbolique de Dan Brown. Aussi noie-t-il son film d'une musique souvent très lourde et risque-t-il d'égarer ceux qui n'auraient pas encore lu la nouvelle bible des libraires....Le jeu des deux acteurs principaux ne le sert aucunement. L'alliance franco-américaine tombe ici à plat. Audrey Tautou paraît complètement dénuée du charme et du charisme qui l'ont révélée chez Jean-Pierre Jeunet. Peut-être est-ce l'anglais. Ou simplement que son personnage paraît avoir moins d'initiative que dans le roman. Quant à Tom Hanks, il ne parvient jamais à donner vie au professeur Langdon et donne la triste impression d'être tout bêtement congestionné. Aucune chimie entre eux. Niveau zéro. Ian McKellen, grandiloquent, s'en tire beaucoup mieux dans le rôle de Teabing.
Paradoxalement le marketing fonctionne malgré ces couacs car les séances affichent pratiquement toutes complet, Da Vinci Code a néanmoins connu un très bon départ, se classant même au quatrième rang des meilleurs démarrages de l'année 2006 après Les Bronzés 3 amis pour la vie, L'Age de glace 2 et Camping.
Les critiques incendiaires émanant de Cannes ne devraient pas davantage miner la performance de ce film événement du côté de l'Atlantique, où sa sortie est attendue ce vendredi. Les experts prédisent même des gains oscillant entre 50 millions $US et 80 millions $US au cours d'un premier week-end d'exploitation en territoire nord-américain.

Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr
Le Da Vinci Code (The Da Vinci Code) est un roman écrit par Dan Brown en 2003. Le titre de la 1re édition francophone était Le Code de Vinci.





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