Slah ELFALEH (*)
L’ancien Premier Ministre monsieur Béji Caïd Essebsi, qui n’est plus un «bleu» en politique, déclarait dans le quotidien «Le Maghreb», daté du 28/12/2012, qu’il a été menacé d’assassinat lors de sa dernière visite à Jerba. Ce qu’il avançait est basé sur les dires d’un policier qui l’a empêché de sortir de l’hôtel, pour sa protection.
A ma connaissance, l’assassinat n’est pas une tradition chez la nouvelle classe politique, arrivée aux affaires suite à des élections transparentes. Mais, l’assassinat des opposants, sous la torture, a bien commencé depuis les années soixante et a culminé dans les années quatre-vingt-dix. Monsieur le Premier Ministre était un «témoin» de ces périodes.
Le long de l’interview, l’ancien Premier Ministre, chef de file d’un parti regroupant des destouriens et d’anciens RCDistes, montre une «assurance» dans certaines réponses concernant une loi en préparation. Cette loi empêchera les anciens collaborateurs de ZABA d’être éligibles pour une certaine période.
Il commençait par nous affirmer que l’adoption de cette loi prouverait qu’«ils» sont contre l’intérêt de la Tunisie, que cette loi montre une faiblesse et que les corrompus sont une infime minorité: monsieur le Premier Ministre pourquoi croyez-vous que vous et votre parti (et éventuellement les autres partis qui vous rejoindront) sont les seuls garants de l’intérêt de la Tunisie? Monsieur le Premier Ministre le nombre des «corrompus politiques» n’est pas insignifiant comme vous le prétendez, puisque dans la suite vous citez 30000 concernés (cherchez l’erreur)! Cette loi ne montre aucune faiblesse car il faut protéger cette Révolution des perdants. Ces derniers ont les moyens financiers (avec ce que le RCD et d’autres ont volé avec ZABA) pour «acheter» les voix et les consciences, profitant de la pauvreté des gens. Monsieur le Premier Ministre, ceux qui ont travaillé avec ZABA sont complices par leur silence et leur connivence, beaucoup sont «coupables» car ils ont laissé «faire». Certains ont tiré leur révérence au bout de quelques années, mais ils sont néanmoins «responsables». Monsieur le Premier Ministre, l’article 5 alinéa 4 du décret 106 (du 22 octobre 2011) précise que la prescription, pour les plaintes concernant la torture des prisonniers politiques (ou autre), est fixée à 15 ans : tous les torturés d’avant 1997 n’auront aucun recourt devant les tribunaux pour déposer plainte contre leurs tortionnaires. Avec ce décret la torture restera impunie. Est-ce une façon pour protéger les tortionnaires de ZABA? Ou certains de vos amis destouriens/RCDistes compromis dans cette «machine à torturer et à tuer»?
Ensuite, il continuait par affirmer que cette loi ne touche pas son parti mais uniquement quatre membres son Instance Politique. Il précisait que son parti prendra une décision une fois la loi approuvée/passée, puis il ajoutait avec le sourire que l’actuel majorité (en fait il veut dire Ennahdha) quittera le pouvoir avant la promulgation de cette loi et avant les élections. Monsieur le Premier Ministre ce que vous avez dit est très grave : vous affirmez que ce pouvoir va tomber avant même les élections, cela veut dire que vous préparez «un coup d’Etat», avec l’aide d’autres partenaires ou sans. Vous et vos partenaires allez provoquer des «troubles» sociaux afin de faire chuter ce gouvernement légitime? Vous allez dissoudre la Constituante, élue démocratiquement? Est-ce que les pays du nord de la méditerranée approuvent votre «plan»? Ou bien, vous allez travailler sur l’«éclatement» de la triade, en jouant sur les ambitions des uns et des autres? De plus, dans le projet de la Constitution, l’article 67 précise que l’âge limite pour se présenter aux élections présidentielles est de 75 ans. Par conséquent, votre candidature pour les Présidentielles est compromise. Est-ce pour cela que vous vouliez pratiquer la politique de la terre brûlée afin d’annuler tout et pouvoir prétendre à ce poste? En somme, un coup d’Etat à la ZABA, mais plus «sanglant».
A lire votre interview monsieur le Premier Ministre, je commence à douter fort de votre sens de la démocratie et du «patriotisme» que vous ne manquiez pas de le répéter. Vous êtes prêt à aller à l’encontre de la légitimité pour arriver à vos «objectifs». La fin justifie les moyens. J’ai cru que vous étiez un homme d’Etat, un Sage qui a du recul sur beaucoup de sujets, qui veut le bien de notre pays (ceux qui sont aujourd’hui aux affaires veulent aussi le bien du pays mais manquent d’expériences et de moyens, et pour cause!)... Je découvre un politicien semblable à ceux qui ont servi ZABA. Vous auriez pu être mieux que votre père spirituel Bourguiba (il a fait de bonnes choses pour la Tunisie, même s’il considérait l’opposition comme un «microbe») : plus ouvert, plus juste, plus rassembleur et plus démocrate.
Pour finir, je vous invite, monsieur le Premier Ministre, à méditer sur deux phrases (notées sur mon cahier «Selecta n°35», jauni depuis) avec lesquelles mon professeur de Sciences Politiques clôtura son cours: «La politique n’est pas affaire de basses intrigues, d’intérêt cupide et de sotte vanité. La politique est faite de rares instants où, par la puissance de symbole, elle se confond avec l’Histoire». Monsieur le Premier Ministre, j’aurai aimé que vous «colliez» plutôt à la deuxième phrase.
(*)citoyen tunisien, croyant en la démocratie
L’ancien Premier Ministre monsieur Béji Caïd Essebsi, qui n’est plus un «bleu» en politique, déclarait dans le quotidien «Le Maghreb», daté du 28/12/2012, qu’il a été menacé d’assassinat lors de sa dernière visite à Jerba. Ce qu’il avançait est basé sur les dires d’un policier qui l’a empêché de sortir de l’hôtel, pour sa protection.
A ma connaissance, l’assassinat n’est pas une tradition chez la nouvelle classe politique, arrivée aux affaires suite à des élections transparentes. Mais, l’assassinat des opposants, sous la torture, a bien commencé depuis les années soixante et a culminé dans les années quatre-vingt-dix. Monsieur le Premier Ministre était un «témoin» de ces périodes.
Le long de l’interview, l’ancien Premier Ministre, chef de file d’un parti regroupant des destouriens et d’anciens RCDistes, montre une «assurance» dans certaines réponses concernant une loi en préparation. Cette loi empêchera les anciens collaborateurs de ZABA d’être éligibles pour une certaine période.

Il commençait par nous affirmer que l’adoption de cette loi prouverait qu’«ils» sont contre l’intérêt de la Tunisie, que cette loi montre une faiblesse et que les corrompus sont une infime minorité: monsieur le Premier Ministre pourquoi croyez-vous que vous et votre parti (et éventuellement les autres partis qui vous rejoindront) sont les seuls garants de l’intérêt de la Tunisie? Monsieur le Premier Ministre le nombre des «corrompus politiques» n’est pas insignifiant comme vous le prétendez, puisque dans la suite vous citez 30000 concernés (cherchez l’erreur)! Cette loi ne montre aucune faiblesse car il faut protéger cette Révolution des perdants. Ces derniers ont les moyens financiers (avec ce que le RCD et d’autres ont volé avec ZABA) pour «acheter» les voix et les consciences, profitant de la pauvreté des gens. Monsieur le Premier Ministre, ceux qui ont travaillé avec ZABA sont complices par leur silence et leur connivence, beaucoup sont «coupables» car ils ont laissé «faire». Certains ont tiré leur révérence au bout de quelques années, mais ils sont néanmoins «responsables». Monsieur le Premier Ministre, l’article 5 alinéa 4 du décret 106 (du 22 octobre 2011) précise que la prescription, pour les plaintes concernant la torture des prisonniers politiques (ou autre), est fixée à 15 ans : tous les torturés d’avant 1997 n’auront aucun recourt devant les tribunaux pour déposer plainte contre leurs tortionnaires. Avec ce décret la torture restera impunie. Est-ce une façon pour protéger les tortionnaires de ZABA? Ou certains de vos amis destouriens/RCDistes compromis dans cette «machine à torturer et à tuer»?
Ensuite, il continuait par affirmer que cette loi ne touche pas son parti mais uniquement quatre membres son Instance Politique. Il précisait que son parti prendra une décision une fois la loi approuvée/passée, puis il ajoutait avec le sourire que l’actuel majorité (en fait il veut dire Ennahdha) quittera le pouvoir avant la promulgation de cette loi et avant les élections. Monsieur le Premier Ministre ce que vous avez dit est très grave : vous affirmez que ce pouvoir va tomber avant même les élections, cela veut dire que vous préparez «un coup d’Etat», avec l’aide d’autres partenaires ou sans. Vous et vos partenaires allez provoquer des «troubles» sociaux afin de faire chuter ce gouvernement légitime? Vous allez dissoudre la Constituante, élue démocratiquement? Est-ce que les pays du nord de la méditerranée approuvent votre «plan»? Ou bien, vous allez travailler sur l’«éclatement» de la triade, en jouant sur les ambitions des uns et des autres? De plus, dans le projet de la Constitution, l’article 67 précise que l’âge limite pour se présenter aux élections présidentielles est de 75 ans. Par conséquent, votre candidature pour les Présidentielles est compromise. Est-ce pour cela que vous vouliez pratiquer la politique de la terre brûlée afin d’annuler tout et pouvoir prétendre à ce poste? En somme, un coup d’Etat à la ZABA, mais plus «sanglant».
A lire votre interview monsieur le Premier Ministre, je commence à douter fort de votre sens de la démocratie et du «patriotisme» que vous ne manquiez pas de le répéter. Vous êtes prêt à aller à l’encontre de la légitimité pour arriver à vos «objectifs». La fin justifie les moyens. J’ai cru que vous étiez un homme d’Etat, un Sage qui a du recul sur beaucoup de sujets, qui veut le bien de notre pays (ceux qui sont aujourd’hui aux affaires veulent aussi le bien du pays mais manquent d’expériences et de moyens, et pour cause!)... Je découvre un politicien semblable à ceux qui ont servi ZABA. Vous auriez pu être mieux que votre père spirituel Bourguiba (il a fait de bonnes choses pour la Tunisie, même s’il considérait l’opposition comme un «microbe») : plus ouvert, plus juste, plus rassembleur et plus démocrate.
Pour finir, je vous invite, monsieur le Premier Ministre, à méditer sur deux phrases (notées sur mon cahier «Selecta n°35», jauni depuis) avec lesquelles mon professeur de Sciences Politiques clôtura son cours: «La politique n’est pas affaire de basses intrigues, d’intérêt cupide et de sotte vanité. La politique est faite de rares instants où, par la puissance de symbole, elle se confond avec l’Histoire». Monsieur le Premier Ministre, j’aurai aimé que vous «colliez» plutôt à la deuxième phrase.
(*)citoyen tunisien, croyant en la démocratie




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