Par Slah ELFALEH
«Si tu es neutre en situations d’injustices, tu as choisi le parti de l’oppresseur » Desmond Tutu
Depuis quelques semaines, j’entends autour de moi des personnes exprimant un regret sur l’époque de ZABA à cause des problèmes de «sécurité», principalement. Ce refrain, on le retrouve dans des commentaires suite à des articles de presse ou sur facebook. Certains disent même qu’ils sont neutres, ils ne sont contre personne ni contre aucun parti.
Je leur réponds : votre «nostalgie» de l’époque ZABA est le reflet de votre complaisance avec une dictature qui vous a dompté à coup de bâton et vous a «dirigé» en adoptant la stratégie de la médiocrité. Cette stratégie consiste à encourager à se complaire dans la médiocrité, en encourageant le fait d’être vulgaire et inculte, en érigeant en statut d’idoles et de modèles les personnes les plus stupides possibles, au travers d’émissions de divertissement les plus aliénantes et abrutissantes.
Certains, sont médiocres à l’image de ZABA, culturellement et intellectuellement. D’autres profitaient du «système», qui était biaisé, pour des avantages et des privilèges. Tous ont contribué à la «comédie» du miracle économique et sociologique tunisien. Ceux-là éprouvent aujourd’hui une «nostalgie», car ils ont beaucoup perdu, matériellement et «moralement». Ces regrets émanent aussi d’une certaine élite d’affairistes, d’universitaires, de pseudo-politiciens. A l’époque, ces élites décidaient de ce qui était bon ou non pour les tunisiens : projet sociétal, éducatif, culturel et économique… Ces quelques intellectuels affichaient leur animosité pour notre culture arabo-musulmane sans crainte. Malheureusement, et c’est un fait, ce sont des francophones laïques loin du peuple et de ses problèmes (on dirait qu’ils se sont réveillés après le 14 janvier!). Au nom de la liberté d’expression, qu’ils refuseraient aux autres s’ils en avaient la possibilité, ils s’attaquaient aux symboles de notre culture. Ce sont des «colonisés mentaux», plus colonisés que ne l’était mon père (avant le 20 mars 1956). Cette élite nous a joué la comédie de l’étonnement à la découverte de l’extrême pauvreté dans laquelle se trouvent beaucoup de régions du pays. Cette pauvreté honteuse léguée par le régime précédent, qu’ils ont supporté en étant le porte-voix de la politique menée, nous dit-on, qui était «éclairée». Pour se donner bonne conscience, cette élite s’est mobilisée, avec quelques associations, pour apporter une aide à ces démunis.
Après les résultats des élections du 23 octobre 2011, cette «élite», ZABAiste et une grande partie de la Gauche, a changé de discours. Elle s’est focalisée sur une campagne de dénigrement et d’attaques, à tort ou à raison, contre la triade et en particulier Ennahdha, au lieu de jouer une opposition constructive pouvant présenter une «alternative».
Durant l’hiver 2012, l’ouest tunisien a connu des inondations (cela rappelle les inondations de septembre 1969) et des chutes de neiges sans précédent. La solidarité entre tunisiens a fonctionné: pour la première fois le tunisien sent que ce qu’il donne sera utilisé à bon escient. En 1969, des aides ont profité à certains destouriens ou ont été revendu (il y a même eu un procès où l’UNFT (Union National des Femmes Tunisiennes) était impliquée). Alors que l’accès était difficile, voire déconseillé, le comportement de certains était étonnant : des «visites» organisées pour découvrir ou faire découvrir à leurs enfants la neige tout en contemplant, avec compassion, la misère de ces gens. Cela m’a rappelé l’attitude des français lors de l’exposition coloniale des années 1930 en contemplant les indigènes, amenés des différentes colonies. C’était un manque de décence.
Les nostalgiques de ZABA n’ont sûrement pas le sens du patriotisme, qui n’est pas un beau mot. Ils ont contribué à marginaliser ces régions et même à appauvrir le pays. Ils ont soutenu une dictature qui a torturé ses opposants (parfois jusqu’à la mort), qui a pillé, qui a corrompu une bonne partie de la population, qui a fabriqué des incultes (souvent enrichi illégalement), des arrivistes, des magouilleurs … et qui a favorisé le clientélisme. Certains ont participé activement à quadriller le pays en faisant partie des «Comité de Quartiers», qui étaient en fait une police politique à la solde du parti au pouvoir. Par leur «passivité», ces nostalgiques ont participé à des injustices subits par une partie des tunisiens. Le sentiment de citoyenneté était absent, inexistant (c’est le chacun pour soi), même le sentiment de fierté a été «détruit» chez beaucoup d’entre eux. Ces nostalgiques ont contribué à la manipulation de l’opinion.
Le miracle économique n’a pas eu lieu : tout était faux, falsifié, manipulé… Le pays était à «genou». La population croulait sous la désespérance. Les inégalités se sont creusées et les tensions sociales couvaient et s’accentuaient. Les injustices politiques (absence de démocratie), sociales (la marginalisation et les laisser pour compte) et économiques (pillage des richesses par une petite minorité oligarchique en un temps très court) a fini par faire germer la révolte. La volonté de retrouver la dignité, la volonté de ne plus être à la merci d’un Etat policier totalement arbitraire, étaient les catalyseurs de cette révolte. Et la révolution balaya ZABA, ce voyou voleur misérable intellectuel, avec son parti. La corruption a tellement gangréné le pays qu’il faut du temps et une persévérance vigilante pour s’en débarrasser.
Ceux qui regrettent ZABA sont la génération de la médiocrité et de la corruption, érigée en «philosophie politique et sociale». Combien de «kilos» de connivence et de «kilos» de silence complice ont-ils vendu/acheté à ZABA? Ils nous veulent du bien disent-ils : s’ils accèdent au pouvoir cela sera autrement et tout se «passera très bien». Ils ont eu presque ¼ de siècle de pouvoir et au lieu de construire et de consolider la justice et la démocratie, ils ont rabaissé, méprisé, ignoré et spolié le peuple. Ils veulent faire du neuf avec du vieux, bonne logique!
La population a exprimé son désir d’un autre mode de gouvernance. Tout est à reconstruire, avec des marges considérables de progrès, qui demandent beaucoup d’efforts et d’investissements matériels et personnels. La réhabilitation de la culture de l’effort, du travail, de la justice, de l’éducation, du civisme et de l’Etat de droit est une nécessité. Cela demande la contribution de TOUS, nous pouvons nous en sortir car les lois existent et les institutions sont là. Nous voulons que la Tunisie redevienne un symbole d’espoir. Certes, cela risque d’être long mais il faut être patient, surtout pour les jeunes.
«Si tu es neutre en situations d’injustices, tu as choisi le parti de l’oppresseur » Desmond Tutu
Depuis quelques semaines, j’entends autour de moi des personnes exprimant un regret sur l’époque de ZABA à cause des problèmes de «sécurité», principalement. Ce refrain, on le retrouve dans des commentaires suite à des articles de presse ou sur facebook. Certains disent même qu’ils sont neutres, ils ne sont contre personne ni contre aucun parti.
Je leur réponds : votre «nostalgie» de l’époque ZABA est le reflet de votre complaisance avec une dictature qui vous a dompté à coup de bâton et vous a «dirigé» en adoptant la stratégie de la médiocrité. Cette stratégie consiste à encourager à se complaire dans la médiocrité, en encourageant le fait d’être vulgaire et inculte, en érigeant en statut d’idoles et de modèles les personnes les plus stupides possibles, au travers d’émissions de divertissement les plus aliénantes et abrutissantes.
Certains, sont médiocres à l’image de ZABA, culturellement et intellectuellement. D’autres profitaient du «système», qui était biaisé, pour des avantages et des privilèges. Tous ont contribué à la «comédie» du miracle économique et sociologique tunisien. Ceux-là éprouvent aujourd’hui une «nostalgie», car ils ont beaucoup perdu, matériellement et «moralement». Ces regrets émanent aussi d’une certaine élite d’affairistes, d’universitaires, de pseudo-politiciens. A l’époque, ces élites décidaient de ce qui était bon ou non pour les tunisiens : projet sociétal, éducatif, culturel et économique… Ces quelques intellectuels affichaient leur animosité pour notre culture arabo-musulmane sans crainte. Malheureusement, et c’est un fait, ce sont des francophones laïques loin du peuple et de ses problèmes (on dirait qu’ils se sont réveillés après le 14 janvier!). Au nom de la liberté d’expression, qu’ils refuseraient aux autres s’ils en avaient la possibilité, ils s’attaquaient aux symboles de notre culture. Ce sont des «colonisés mentaux», plus colonisés que ne l’était mon père (avant le 20 mars 1956). Cette élite nous a joué la comédie de l’étonnement à la découverte de l’extrême pauvreté dans laquelle se trouvent beaucoup de régions du pays. Cette pauvreté honteuse léguée par le régime précédent, qu’ils ont supporté en étant le porte-voix de la politique menée, nous dit-on, qui était «éclairée». Pour se donner bonne conscience, cette élite s’est mobilisée, avec quelques associations, pour apporter une aide à ces démunis.

Après les résultats des élections du 23 octobre 2011, cette «élite», ZABAiste et une grande partie de la Gauche, a changé de discours. Elle s’est focalisée sur une campagne de dénigrement et d’attaques, à tort ou à raison, contre la triade et en particulier Ennahdha, au lieu de jouer une opposition constructive pouvant présenter une «alternative».
Durant l’hiver 2012, l’ouest tunisien a connu des inondations (cela rappelle les inondations de septembre 1969) et des chutes de neiges sans précédent. La solidarité entre tunisiens a fonctionné: pour la première fois le tunisien sent que ce qu’il donne sera utilisé à bon escient. En 1969, des aides ont profité à certains destouriens ou ont été revendu (il y a même eu un procès où l’UNFT (Union National des Femmes Tunisiennes) était impliquée). Alors que l’accès était difficile, voire déconseillé, le comportement de certains était étonnant : des «visites» organisées pour découvrir ou faire découvrir à leurs enfants la neige tout en contemplant, avec compassion, la misère de ces gens. Cela m’a rappelé l’attitude des français lors de l’exposition coloniale des années 1930 en contemplant les indigènes, amenés des différentes colonies. C’était un manque de décence.
Les nostalgiques de ZABA n’ont sûrement pas le sens du patriotisme, qui n’est pas un beau mot. Ils ont contribué à marginaliser ces régions et même à appauvrir le pays. Ils ont soutenu une dictature qui a torturé ses opposants (parfois jusqu’à la mort), qui a pillé, qui a corrompu une bonne partie de la population, qui a fabriqué des incultes (souvent enrichi illégalement), des arrivistes, des magouilleurs … et qui a favorisé le clientélisme. Certains ont participé activement à quadriller le pays en faisant partie des «Comité de Quartiers», qui étaient en fait une police politique à la solde du parti au pouvoir. Par leur «passivité», ces nostalgiques ont participé à des injustices subits par une partie des tunisiens. Le sentiment de citoyenneté était absent, inexistant (c’est le chacun pour soi), même le sentiment de fierté a été «détruit» chez beaucoup d’entre eux. Ces nostalgiques ont contribué à la manipulation de l’opinion.
Le miracle économique n’a pas eu lieu : tout était faux, falsifié, manipulé… Le pays était à «genou». La population croulait sous la désespérance. Les inégalités se sont creusées et les tensions sociales couvaient et s’accentuaient. Les injustices politiques (absence de démocratie), sociales (la marginalisation et les laisser pour compte) et économiques (pillage des richesses par une petite minorité oligarchique en un temps très court) a fini par faire germer la révolte. La volonté de retrouver la dignité, la volonté de ne plus être à la merci d’un Etat policier totalement arbitraire, étaient les catalyseurs de cette révolte. Et la révolution balaya ZABA, ce voyou voleur misérable intellectuel, avec son parti. La corruption a tellement gangréné le pays qu’il faut du temps et une persévérance vigilante pour s’en débarrasser.
Ceux qui regrettent ZABA sont la génération de la médiocrité et de la corruption, érigée en «philosophie politique et sociale». Combien de «kilos» de connivence et de «kilos» de silence complice ont-ils vendu/acheté à ZABA? Ils nous veulent du bien disent-ils : s’ils accèdent au pouvoir cela sera autrement et tout se «passera très bien». Ils ont eu presque ¼ de siècle de pouvoir et au lieu de construire et de consolider la justice et la démocratie, ils ont rabaissé, méprisé, ignoré et spolié le peuple. Ils veulent faire du neuf avec du vieux, bonne logique!
La population a exprimé son désir d’un autre mode de gouvernance. Tout est à reconstruire, avec des marges considérables de progrès, qui demandent beaucoup d’efforts et d’investissements matériels et personnels. La réhabilitation de la culture de l’effort, du travail, de la justice, de l’éducation, du civisme et de l’Etat de droit est une nécessité. Cela demande la contribution de TOUS, nous pouvons nous en sortir car les lois existent et les institutions sont là. Nous voulons que la Tunisie redevienne un symbole d’espoir. Certes, cela risque d’être long mais il faut être patient, surtout pour les jeunes.




Sonia Mbarek - زهر الليمون
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