Farouk Ben Ammar
…Oui, la paix sociale et politique peut être établie dans notre pays, sans recours à la violence mais à coups de savants compromis…

Comme l’illustrent les tristes événements de Siliana, qui ont enfiévré le pays ces derniers temps, il est bien clair pour le lecteur averti, qu’aucune approche n’est susceptible de rendre compte de l’extrême complexité des révolutions.
Les derniers troubles de Siliana qui se sont vite propagés au Kef, Sidi Bouzid, etc.… ne sont pas des faits fortuits motivés seulement par le chômage, l’indigence ou par la redistribution des terres agricoles de l’État dans le cadre des prémices d’une reforme agraire. Il s’agit de tout autre chose.
Pourquoi Siliana ? Bien que Siliana soit le gouvernorat le moins peuplé du nord-ouest, son emplacement géographique stratégique en fait un excellent épicentre pour la propagation rapide d’un quelconque mouvement de contestation.
Au lieu du blé, c’est les graines de la jacquerie qui ont été semées dans les terres de ce qui fut, naguère, le grenier de Rome.
Des contestations soutenues et initiées, par le représentant historique des travailleurs qui voulait simplement tenir la dragée haute au gouvernement en annonçant une grève générale et qui fut, apparemment, manipulée par une opposition plutôt clandestine et probablement noyautée par des partisans du RCD menacés d’exclusion de la vie politique.

Une grève qui a failli entrainer le pays dans une spirale de violence quasi-incontrôlable. Et ca continue !
Est-ce une tentative pour discréditer le gouvernement provisoire, qui par ailleurs, il faut l’avouer, a adopté des moyens de répression qui prêtent le flanc à la critique nationale et internationale ?
Bref, pour changer de gouvernement, sans passer par les urnes, trois (3) scenarii, se présentent à une opposition, manipulée peut-être, qui veut presser le pas, dont les conséquences sont catastrophiques :
1. Scénario 1 : Une Motion de Censure.
2. Scénario 2 : Un Coup d’État Militaire.
3. Scénario 3 : Un État de Siège.
SCÉNARIO 1 : MOTION DE CENSURE.
Que nenni, le gouvernement ne peut être destitué par une motion de censure, conformément à Loi constituante 2011-6, relative à l'organisation provisoire des pouvoirs publics du 16 Décembre 2011, dans son article 19 du chapitre IV, section II.
En effet, même après la défection de quelques élu(e)s, la Troïka détient encore plus de 53% des sièges de l’ANC, cela va sans compter l’éventuel ralliement de quelques indépendants, ce qui se traduirait par l’impossibilité de briguer une majorité absolue pour le bloc de l’opposition au sein de l’ANC !
En effet, avec la défection de 22 députés parmi les 49 des alliés d’Ennahdha au sein de la Troïka, on peut dresser le tableau suivant :

Mathématiquement il faudrait au moins huit (8) défections supplémentaires pour que la Troïka ne puisse obtenir la majorité absolue, et bloquer toute motion de censure, encore faut-il compter les indépendants, encore volatiles, qui pourraient se rallier à la Troika au grand dam du bloc de l’opposition.
Par réaction aux récentes déclarations du locataire de Carthage, dans son dernier discours, qui a pris tout le monde de court, des propos qui ont indisposé le gouvernement, Ennahdha décida d’entamer une motion de censure contre lui, étant certaine d’obtenir la majorité absolue sachant qu’elle peut compter sur ses alliés et quelques députés réputés « indépendants » qui se plaisent à tourner casaques.
SCÉNARIO 2 : COUP D’ÉTAT MILITAIRE.
Il faut s’assurer que l’armée placerait un gouvernement de salut non-issu de la Troïka, avec la dissolution de l’ANC, et le risque de l’établissement d’une dictature militaire : Le Pouvoir Corrompt, dit-on !
Un gouvernement composé de « Technocrates » formés à la française et loyaux à la France. Une France qui par ailleurs a lancé une grande campagne contre la Tunisie avec ses médias, au point que le Maire de Paris, dépité, en révéla les vrais desseins non orthodoxes.
Les « Technocrates » qui sont-ils ? Des caciques de l’ancienne dictature, qui sont passés sans coup férir d'une incontestable sympathie pour le régime, balayé par la révolution, à un engagement volontariste dans le mouvement de la révolution : Soit le retour à une Dictature douce et sournoise, ce qui risque de déclencher une guerre entre les clans politiques et par la suite une guerre civile et conséquemment à la proclamation de l’État de Siège dont les conséquences peuvent être désastreuses comme présenté ci-après.
L’Hypothétique Ingérence de l’Algérie
Le Secrétaire Général du FLN, parti qui a la réalité du pouvoir en Algérie, déclara en Octobre 2012 que « l’Algérie ne restera pas silencieuse, si Ennahdha ou autre essaient de changer le modèle sociétal tunisien, et l’armée algérienne n’acceptera pas l’effusion d’une seule goutte de sang tunisien ». Propos récemment récusés par le FLN.
En d’autres termes, en cas de guerre civile, l’armée algérienne interviendrait, de concert avec les forces armées françaises, en invoquant le DROIT D’INGÉRENCE HUMANITAIRE !
L’Exemple Unique du Soudan
En 1985, le Soudan était paralysé par une situation économique ardue, des manifestations antigouvernementales, et une grève générale qui aboutit à une guerre civile.
En avril 1985, un groupe d'officiers de l'armée, mené par le général S.Al-Dhahab, renversa le président J.M.Nemeyri sans effusion de sang en devenant le président du conseil militaire transitionnel.
Des élections démocratiques furent tenues en 1986, et S.Al-Dhahab céda pacifiquement le pouvoir au gouvernement de S.Al-Mahdi. Une exception. Ce qui n’empêcha pas un autre coup d’État en 1989 !
Peut-on transposer cette expérience unique en Tunisie ! La réponse sera d’emblée fausse.
SCÉNARIO 3 : ÉTAT DE SIEGE.
Il faut s’évertuer à créer des troubles dans le pays de façon que les forces de la police régulière n’arrivent plus ni à protéger les institutions de l’État ni les citoyens.
Dans ce climat, le président provisoire, en sa qualité de chef suprême des forces armées, serait amené à proclamer l’État de Siège.
L’armée prendrait en main la sécurité du pays, tout en espérant que cette même armée, encore, ne prenne pas les rennes du pouvoir (On n’est pas au Soudan).
Dans la même veine, cette situation pourrait déclencher une guerre civile, que l’armée régulière ne pourrait jamais contenir avec ses 35000 - 45 000 hommes, celle-ci ou le président ferait, vraisemblablement, appel à des forces étrangères, voire des Qataris, avec la bénédiction et le soutien logistique des USA, alors bonjour au Califat !
Ne pas oublier les derniers protocoles de coopération militaires avec le Qatar signée le 20 Novembre à Doha, dont le vrai contenu est tenu secret : Une matière à réflexion.
L’un des deux (2) documents est un Protocole de détachement de militaires tunisiens auprès des forces armées qataries. Le Qatar, ne pouvant disposer d’une armée à la hauteur des ambitions de son Émir, constitue ainsi des forces en intégrant des unités d’armées arabes.
Lors de la guerre de Libye, les Forces Armées du Qatar ont été coordonnées avec celles de l’OTAN dirigé par les USA : A bon entendeur demi-mot.
Il est patent, que les trois (3) scénarii, auraient des conséquences désastreuses sur le pays, son indépendance, sa souveraineté, et sur sa stabilité sur les plans politique et social.
En voulant secouer le cocotier, l’opposition ne sait pas ce qui peut nous tomber sur la tête : On se confond tous dans un destin commun !
ATTENDEZ LE VERDICT DES URNES, SINON LA TUNISIE ENTRERAIT DANS UN PROCESSUS IRREVERSIBLE DE REDICTATURISATION !
…Oui, la paix sociale et politique peut être établie dans notre pays, sans recours à la violence mais à coups de savants compromis…

Comme l’illustrent les tristes événements de Siliana, qui ont enfiévré le pays ces derniers temps, il est bien clair pour le lecteur averti, qu’aucune approche n’est susceptible de rendre compte de l’extrême complexité des révolutions.
Les derniers troubles de Siliana qui se sont vite propagés au Kef, Sidi Bouzid, etc.… ne sont pas des faits fortuits motivés seulement par le chômage, l’indigence ou par la redistribution des terres agricoles de l’État dans le cadre des prémices d’une reforme agraire. Il s’agit de tout autre chose.
Pourquoi Siliana ? Bien que Siliana soit le gouvernorat le moins peuplé du nord-ouest, son emplacement géographique stratégique en fait un excellent épicentre pour la propagation rapide d’un quelconque mouvement de contestation.
Au lieu du blé, c’est les graines de la jacquerie qui ont été semées dans les terres de ce qui fut, naguère, le grenier de Rome.
Des contestations soutenues et initiées, par le représentant historique des travailleurs qui voulait simplement tenir la dragée haute au gouvernement en annonçant une grève générale et qui fut, apparemment, manipulée par une opposition plutôt clandestine et probablement noyautée par des partisans du RCD menacés d’exclusion de la vie politique.

Une grève qui a failli entrainer le pays dans une spirale de violence quasi-incontrôlable. Et ca continue !
Est-ce une tentative pour discréditer le gouvernement provisoire, qui par ailleurs, il faut l’avouer, a adopté des moyens de répression qui prêtent le flanc à la critique nationale et internationale ?
Bref, pour changer de gouvernement, sans passer par les urnes, trois (3) scenarii, se présentent à une opposition, manipulée peut-être, qui veut presser le pas, dont les conséquences sont catastrophiques :
1. Scénario 1 : Une Motion de Censure.
2. Scénario 2 : Un Coup d’État Militaire.
3. Scénario 3 : Un État de Siège.
SCÉNARIO 1 : MOTION DE CENSURE.
Que nenni, le gouvernement ne peut être destitué par une motion de censure, conformément à Loi constituante 2011-6, relative à l'organisation provisoire des pouvoirs publics du 16 Décembre 2011, dans son article 19 du chapitre IV, section II.
En effet, même après la défection de quelques élu(e)s, la Troïka détient encore plus de 53% des sièges de l’ANC, cela va sans compter l’éventuel ralliement de quelques indépendants, ce qui se traduirait par l’impossibilité de briguer une majorité absolue pour le bloc de l’opposition au sein de l’ANC !
En effet, avec la défection de 22 députés parmi les 49 des alliés d’Ennahdha au sein de la Troïka, on peut dresser le tableau suivant :

Mathématiquement il faudrait au moins huit (8) défections supplémentaires pour que la Troïka ne puisse obtenir la majorité absolue, et bloquer toute motion de censure, encore faut-il compter les indépendants, encore volatiles, qui pourraient se rallier à la Troika au grand dam du bloc de l’opposition.
Par réaction aux récentes déclarations du locataire de Carthage, dans son dernier discours, qui a pris tout le monde de court, des propos qui ont indisposé le gouvernement, Ennahdha décida d’entamer une motion de censure contre lui, étant certaine d’obtenir la majorité absolue sachant qu’elle peut compter sur ses alliés et quelques députés réputés « indépendants » qui se plaisent à tourner casaques.
SCÉNARIO 2 : COUP D’ÉTAT MILITAIRE.
Il faut s’assurer que l’armée placerait un gouvernement de salut non-issu de la Troïka, avec la dissolution de l’ANC, et le risque de l’établissement d’une dictature militaire : Le Pouvoir Corrompt, dit-on !
Un gouvernement composé de « Technocrates » formés à la française et loyaux à la France. Une France qui par ailleurs a lancé une grande campagne contre la Tunisie avec ses médias, au point que le Maire de Paris, dépité, en révéla les vrais desseins non orthodoxes.
Les « Technocrates » qui sont-ils ? Des caciques de l’ancienne dictature, qui sont passés sans coup férir d'une incontestable sympathie pour le régime, balayé par la révolution, à un engagement volontariste dans le mouvement de la révolution : Soit le retour à une Dictature douce et sournoise, ce qui risque de déclencher une guerre entre les clans politiques et par la suite une guerre civile et conséquemment à la proclamation de l’État de Siège dont les conséquences peuvent être désastreuses comme présenté ci-après.
L’Hypothétique Ingérence de l’Algérie
Le Secrétaire Général du FLN, parti qui a la réalité du pouvoir en Algérie, déclara en Octobre 2012 que « l’Algérie ne restera pas silencieuse, si Ennahdha ou autre essaient de changer le modèle sociétal tunisien, et l’armée algérienne n’acceptera pas l’effusion d’une seule goutte de sang tunisien ». Propos récemment récusés par le FLN.
En d’autres termes, en cas de guerre civile, l’armée algérienne interviendrait, de concert avec les forces armées françaises, en invoquant le DROIT D’INGÉRENCE HUMANITAIRE !
L’Exemple Unique du Soudan
En 1985, le Soudan était paralysé par une situation économique ardue, des manifestations antigouvernementales, et une grève générale qui aboutit à une guerre civile.
En avril 1985, un groupe d'officiers de l'armée, mené par le général S.Al-Dhahab, renversa le président J.M.Nemeyri sans effusion de sang en devenant le président du conseil militaire transitionnel.
Des élections démocratiques furent tenues en 1986, et S.Al-Dhahab céda pacifiquement le pouvoir au gouvernement de S.Al-Mahdi. Une exception. Ce qui n’empêcha pas un autre coup d’État en 1989 !
Peut-on transposer cette expérience unique en Tunisie ! La réponse sera d’emblée fausse.
SCÉNARIO 3 : ÉTAT DE SIEGE.
Il faut s’évertuer à créer des troubles dans le pays de façon que les forces de la police régulière n’arrivent plus ni à protéger les institutions de l’État ni les citoyens.
Dans ce climat, le président provisoire, en sa qualité de chef suprême des forces armées, serait amené à proclamer l’État de Siège.
L’armée prendrait en main la sécurité du pays, tout en espérant que cette même armée, encore, ne prenne pas les rennes du pouvoir (On n’est pas au Soudan).
Dans la même veine, cette situation pourrait déclencher une guerre civile, que l’armée régulière ne pourrait jamais contenir avec ses 35000 - 45 000 hommes, celle-ci ou le président ferait, vraisemblablement, appel à des forces étrangères, voire des Qataris, avec la bénédiction et le soutien logistique des USA, alors bonjour au Califat !
Ne pas oublier les derniers protocoles de coopération militaires avec le Qatar signée le 20 Novembre à Doha, dont le vrai contenu est tenu secret : Une matière à réflexion.
L’un des deux (2) documents est un Protocole de détachement de militaires tunisiens auprès des forces armées qataries. Le Qatar, ne pouvant disposer d’une armée à la hauteur des ambitions de son Émir, constitue ainsi des forces en intégrant des unités d’armées arabes.
Lors de la guerre de Libye, les Forces Armées du Qatar ont été coordonnées avec celles de l’OTAN dirigé par les USA : A bon entendeur demi-mot.
Il est patent, que les trois (3) scénarii, auraient des conséquences désastreuses sur le pays, son indépendance, sa souveraineté, et sur sa stabilité sur les plans politique et social.
En voulant secouer le cocotier, l’opposition ne sait pas ce qui peut nous tomber sur la tête : On se confond tous dans un destin commun !
ATTENDEZ LE VERDICT DES URNES, SINON LA TUNISIE ENTRERAIT DANS UN PROCESSUS IRREVERSIBLE DE REDICTATURISATION !




Sonia Mbarek - زهر الليمون
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