Par Farouk Ben Ammar
Dans cet essai, je ne parlerais pas de l’effet de l’Épargne sur la Croissance Économique, un sujet qui nourrit encore des débats très vifs entre économistes, mais je traiterais brièvement de la relation entre la « Petite Épargne » et la « Croissance Rurale », en évitant, autant que possible, de m’emmêler les pinceaux dans mes calculs.

Au 30 juin 2012, la Tunisie compte 24 Banques avec 1 424 Agences réparties sur le territoire, et un Ratio moyen de 7 500 H/A (Habitants/Agence).
On enregistre le ratio le plus bas à Tunis (2 933), les plus hauts à Kasserine (27 313), Sidi Bouzid (23 111) et à Siliana (19 583) : Des constats alarmants !
Le tableau ci-dessous récapitule ce Ratio par Région :

On note la grande disparité entre les régions, et une évidente corrélation avec l’activité économique et le chômage conséquence directe d’un accès quasi-absent aux crédits.
Au demeurant, fait positif, le taux de bancarisation en Tunisie, qui est à l’échelle macro, un indicateur du niveau de développement économique, est de l’ordre de 60%, contre 40% au Maroc, et un taux de 99% en France.
Dans la zone UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine) ce taux n’est que de 10% !
Si les banques tunisiennes n’ont pas de filiales dans les zones rurales, c’est que la population n’a pas encore la « Culture Bancaire ». Mais les banquiers de la place ne font rien pour attirer les petits épargnants : DES MILLIONS.
En Tunisie, le taux de pénétration des agences bancaires par habitant est bien en dessous de la moyenne mondiale. Constat explicable aussi par le fait que les services bancaires sont assez couteux et conséquemment en limitent l’accès à des populations disposant en majorité de maigres ressources.
Fait plus grave, l’accès aux crédits et microcrédits est difficile voire impossible aux habitants de ces régions défavorisées et très faiblement industrialisées : Un héritage pré-révolution.
La grande majorité des travailleurs journaliers, les petits commerçants, artisans, et les acteurs du secteur économique informel, n’ont pas de comptes bancaires et conséquemment n’ont pas d’accès aux services financiers et aux crédits.
Cette catégorie de tunisiens, en général de faible niveau d’éducation ou’ l’on enregistre le plus fort taux d’illettrisme, préfère garder ses revenus chez eux et ne trouvent pas un intérêt à avoir des comptes en banque et d’épargne faiblement rémunérés et des agios assez conséquents qu’il faut par ailleurs moduler selon les revenus.
Cela va sans dire que les retraités (CNRPS : 247 000 en 2012) gardent aussi leurs pécules chez eux, puisque la grande majorité perçoit sa pension par mandat postal, c’est plus simple, surtout pour les veuves qui sont parfois analphabètes :
Certains petits commerçants, préfèrent, comme à l’ancienne, thésauriser leurs épargnes : Or, Terrains, etc...
Aussi, les ménages tunisiens, surendettés, essayent de renverser la vapeur, en rationalisant leurs revenus, surtout avec la nouvelle circulaire de la Banque Centrale qui réglemente les crédits ménagers, au grand dam des économistes qui prêchent qu’une économie qui ne s'endette pas assez, est une économie qui ne croit pas en l'avenir.
MAIS POUR LES ANNÉES A VENIR, L'AIR DU TEMPS INCITE A LA FRUGALITÉ ET A L’ÉPARGNE, POUR SAUVER UN SYSTÉME BANCAIRE QUI PREND DE L’EAU.
L’épargne n’est pas seulement utile pour générer des profits, ou pour les investissements, mais aussi pour protéger les foyers contre les aléas économiques et les aider à amortir les chocs financiers qui peuvent replonger les familles rurales, voire urbaine, dans la pauvreté.
Aussi, un programme de BANCARISATION du pays doit être développé et mis en œuvre pour encourager l’épargne et faciliter l’accès aux microcrédits à la classe pauvre des zones de l’intérieur et surtout pour la femme rurale. Cette classe ne s’élèverait au dessus de sa condition qu’en accédant à des crédits qui leur sont conçus.
Etant donné l’attitude négative envers les banques, et aussi la non rentabilité des agences bancaires dans les zones rurales, des efforts doivent être consentis pour confectionner des SERVICES BANCAIRES bien adaptés à cette grande frange de Tunisiens qui compte des millions !
En outre, une culture financière doit être infusée à la fois aux micro-entreprises et aux travailleurs de faibles revenus, et développer au sein des banques des compétences financières pour développer et gérer la « Petite Épargne » et les microcrédits, et instaurer un cadre juridique de protection des petits épargnants pour les rassurer.
En Tunisie, l'expérience de la Banque Postale, par sa proximité et prolifération dans les zones rurales, est une réussite, au demeurant insuffisante car celle-ci ne donne pas accès aux crédits. Une première sur le continent africain qui commence à faire des émules, mais qui doit encourager l’épargne et surtout l’accès facile aux microcrédits.
Certains pays en Afrique, ont développé des programmes ciblant des villageois qui n’ont pas d’accès aux institutions financières classiques.
Des programmes spéciaux peuvent être conçus pour la femme rurale, principale génératrice de richesses, qui produit de tout, des articles artisanaux aux petits produits agricoles, pour l’encourager à épargner une partie de ce qu’elle gagne, en lui accordant en retour et après une certaine période (3 ans) des microcrédits pour développer son business aussi petit soit-il.
Une BANQUE MOBILE, ou le « MOBILE BANKING », une expérience qui a fait florès et ses preuves dans quelques pays en voie de développement, serait une solution envisageable.
Une Banque Mobile qui collecterait régulièrement les dépôts des villageois des zones rurales et octroierait des microcrédits pour la création ou l’expansion de petits projets générateurs de revenus durables et pourvoyeurs d’emplois :
Dans cet essai, je ne parlerais pas de l’effet de l’Épargne sur la Croissance Économique, un sujet qui nourrit encore des débats très vifs entre économistes, mais je traiterais brièvement de la relation entre la « Petite Épargne » et la « Croissance Rurale », en évitant, autant que possible, de m’emmêler les pinceaux dans mes calculs.

Au 30 juin 2012, la Tunisie compte 24 Banques avec 1 424 Agences réparties sur le territoire, et un Ratio moyen de 7 500 H/A (Habitants/Agence).
On enregistre le ratio le plus bas à Tunis (2 933), les plus hauts à Kasserine (27 313), Sidi Bouzid (23 111) et à Siliana (19 583) : Des constats alarmants !
Le tableau ci-dessous récapitule ce Ratio par Région :

On note la grande disparité entre les régions, et une évidente corrélation avec l’activité économique et le chômage conséquence directe d’un accès quasi-absent aux crédits.
Au demeurant, fait positif, le taux de bancarisation en Tunisie, qui est à l’échelle macro, un indicateur du niveau de développement économique, est de l’ordre de 60%, contre 40% au Maroc, et un taux de 99% en France.
Dans la zone UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine) ce taux n’est que de 10% !
LES BANQUES ET LES ZONES RURALES
Si les banques tunisiennes n’ont pas de filiales dans les zones rurales, c’est que la population n’a pas encore la « Culture Bancaire ». Mais les banquiers de la place ne font rien pour attirer les petits épargnants : DES MILLIONS.
En Tunisie, le taux de pénétration des agences bancaires par habitant est bien en dessous de la moyenne mondiale. Constat explicable aussi par le fait que les services bancaires sont assez couteux et conséquemment en limitent l’accès à des populations disposant en majorité de maigres ressources.
Fait plus grave, l’accès aux crédits et microcrédits est difficile voire impossible aux habitants de ces régions défavorisées et très faiblement industrialisées : Un héritage pré-révolution.
LE TUNISIEN ET L’ÉPARGNE
La grande majorité des travailleurs journaliers, les petits commerçants, artisans, et les acteurs du secteur économique informel, n’ont pas de comptes bancaires et conséquemment n’ont pas d’accès aux services financiers et aux crédits.
Cette catégorie de tunisiens, en général de faible niveau d’éducation ou’ l’on enregistre le plus fort taux d’illettrisme, préfère garder ses revenus chez eux et ne trouvent pas un intérêt à avoir des comptes en banque et d’épargne faiblement rémunérés et des agios assez conséquents qu’il faut par ailleurs moduler selon les revenus.
Cela va sans dire que les retraités (CNRPS : 247 000 en 2012) gardent aussi leurs pécules chez eux, puisque la grande majorité perçoit sa pension par mandat postal, c’est plus simple, surtout pour les veuves qui sont parfois analphabètes :
VIVEMENT LES BAS DE LAINES POUR LES ÉCONOMIES !
Certains petits commerçants, préfèrent, comme à l’ancienne, thésauriser leurs épargnes : Or, Terrains, etc...
DES MILLIARDS DE TND HORS DU CIRCUIT FINANCIER POUR LA PROMOTION DES INVESTISSEMENTS.
Aussi, les ménages tunisiens, surendettés, essayent de renverser la vapeur, en rationalisant leurs revenus, surtout avec la nouvelle circulaire de la Banque Centrale qui réglemente les crédits ménagers, au grand dam des économistes qui prêchent qu’une économie qui ne s'endette pas assez, est une économie qui ne croit pas en l'avenir.
MAIS POUR LES ANNÉES A VENIR, L'AIR DU TEMPS INCITE A LA FRUGALITÉ ET A L’ÉPARGNE, POUR SAUVER UN SYSTÉME BANCAIRE QUI PREND DE L’EAU.
DES SOLUTIONS ?
L’épargne n’est pas seulement utile pour générer des profits, ou pour les investissements, mais aussi pour protéger les foyers contre les aléas économiques et les aider à amortir les chocs financiers qui peuvent replonger les familles rurales, voire urbaine, dans la pauvreté.
Aussi, un programme de BANCARISATION du pays doit être développé et mis en œuvre pour encourager l’épargne et faciliter l’accès aux microcrédits à la classe pauvre des zones de l’intérieur et surtout pour la femme rurale. Cette classe ne s’élèverait au dessus de sa condition qu’en accédant à des crédits qui leur sont conçus.
Etant donné l’attitude négative envers les banques, et aussi la non rentabilité des agences bancaires dans les zones rurales, des efforts doivent être consentis pour confectionner des SERVICES BANCAIRES bien adaptés à cette grande frange de Tunisiens qui compte des millions !
En outre, une culture financière doit être infusée à la fois aux micro-entreprises et aux travailleurs de faibles revenus, et développer au sein des banques des compétences financières pour développer et gérer la « Petite Épargne » et les microcrédits, et instaurer un cadre juridique de protection des petits épargnants pour les rassurer.
FACE A LA CRISE ET A LA PAUVRETÉ, LE PIRE N'EST PAS TOUJOURS SUR.
En Tunisie, l'expérience de la Banque Postale, par sa proximité et prolifération dans les zones rurales, est une réussite, au demeurant insuffisante car celle-ci ne donne pas accès aux crédits. Une première sur le continent africain qui commence à faire des émules, mais qui doit encourager l’épargne et surtout l’accès facile aux microcrédits.
Certains pays en Afrique, ont développé des programmes ciblant des villageois qui n’ont pas d’accès aux institutions financières classiques.
Des programmes spéciaux peuvent être conçus pour la femme rurale, principale génératrice de richesses, qui produit de tout, des articles artisanaux aux petits produits agricoles, pour l’encourager à épargner une partie de ce qu’elle gagne, en lui accordant en retour et après une certaine période (3 ans) des microcrédits pour développer son business aussi petit soit-il.
Une BANQUE MOBILE, ou le « MOBILE BANKING », une expérience qui a fait florès et ses preuves dans quelques pays en voie de développement, serait une solution envisageable.
Une Banque Mobile qui collecterait régulièrement les dépôts des villageois des zones rurales et octroierait des microcrédits pour la création ou l’expansion de petits projets générateurs de revenus durables et pourvoyeurs d’emplois :




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