Ligue des champions - Real-Bayern: Cristiano Ronaldo, un doublé pour rien



tap - Premier Madrilène dans la série des tirs au but, et premier à échouer, battu par Neuer: Cristiano Ronaldo envoyait un signal de mauvais augure pour le Real Madrid, éliminé en demi-finale de la Ligue des champions par le Bayern Munich en dépit de son doublé en première période.

L'attaquant portugais de 27 ans a-t-il été frappé par la même malédiction que Messi? Son grand rival argentin avait expédié sur la barre transversale un penalty qui pouvait qualifier le Barça mardi contre Chelsea, qui allait finalement signer un nul qualificatif au Camp Nou (2-2, victoire 1-0 à l'aller). Et Ronaldo perdait lui aussi son duel fatidique à l'orée d'une séance qui vit un seul Merengue réussir sa tentative (Xabi Alonso). Il pensait certainement avoir fait le plus dur au bout du premier quart d'heure de jeu, quand le tableau d'affichage de Santiago-Bernabeu affichait 2-0 et la promesse d'une finale de C1 que le Real n'a plus connue depuis le dernier de ses neuf sacres, en 2002. Il pensait avoir fait le plus dur avec un penalty, justement, dès la 6e minute, réussi celui-là, d'un plat du pied sur le côté droit. Avant de doubler la mise à l'entrée de la surface, d'une frappe croisée cette fois (14e). Son 56e but en 51 matches toutes compétitions confondues! Il portait ainsi son compteur à 10 buts en C1 cette saison, son meilleur total dans la compétition. Encore loin du record de 14 réalisations réussi par Messi (et par Altafini avec l'AC Milan en 1962-1963). Mais avec une finale encore à jouer - pensait-il sans doute.


Comme dans le clasico, CR7 n'a pas brillé outre-mesure dans le jeu, mais s'est montré de nouveau décisif en diable. Débordant Lahm, il sème la pagaïe dans la surface allemande (26e), puis centre pour Benzema dont la frappe sans contrôle passe au-dessus des cages (70e). Hormis cela, ses coups de pied arrêtés sont demeuré vains: deux coups francs dans les bras de Neuer (37e, 69e), un dans les airs (72e).

Le Portugais a aussi semblé accuser la fatigue en prolongation, par des erreurs techniques relevant de l'incongruité, lorsque, seul à gauche, il marque un temps d'arrêt dans son contrôle ou son crochet et la défense bavaroise peut dégager (99e), puis en dévissant totalement une frappe du droit (108e).

Comme s'il s'éteignait au cours du match, lui le monstre athlétique, le fou de rab en travail physique, l'amateur de pompes et abdos.

La fatigue physique perçait-elle au bout d'une saison au cours de laquelle il a fait valoir une extraordinaire assiduité? Si la suffisance, qui lui collait aux basques dans sa période Manchester United (2003-2009), a presque disparu de sa panoplie, il en reste des traces, comme cette passe de la poitrine destinée à ?zil, directement sur un adversaire, alors qu'il y avait un bon coup à jouer (19e), ou cette frappe excentrée et non cadrée dans les dernières secondes du temps réglementaire, oubliant ses partenaires dans l'axe.

Il pensait peut-être aussi avoir fait le plus dur samedi, lorsque son but décisif offrait le clasico joué au Camp Nou au Real (2-1) et par la même occasion quasiment le titre de champion, après trois ans d'hégémonie du Barça.
Mais le Bayern était plus dur encore.



Commentaires


0 de 0 commentaires pour l'article 48846