Par Adnane Ayari
Le double numéro du magazine « LEPOINT » paru en fin d’année 2011 n’a pas eu de chance car il n’a pas occupé sa place hebdomadaire sur les étals des marchands de journaux de certains pays arabes (Tunisie, Maroc, Arabie Saoudite…), à cause d’un dossier certainement jugé choquant, offusquant, ou même offensant pour les âmes sensibles des lecteurs des pays censeurs.
Dieu, telle est la question. Il s’agit d’une enquête qui traite de l’existence de Dieu, à travers des recueils de témoignages d’une Elite de bien-pensants de la société occidentale, mais aussi d’hommes et de femmes ayant une relation de près ou de loin avec la religion. Soixante-dix-neuf pages illustrées évoquant principalement les religions du monde, des histoires de prophètes et des pratiques religieuses, cela va sans dire qu’il y a le pour et le contre, ceux qui croient dur comme fer en l’existence d’un Dieu, et d’autres plus sceptiques en majorité les scientifiques qui mettent en avant la raison et le rationnel, agrémenté par de nombreuses images, iconographies et photos, l’enquête ou le dossier proposé par l’illustre hebdomadaire « LE POINT » crée le buzz.
En couverture, le ton est donné, en gros titre « Question et réponses sur l’existence de Dieu». Proposé en deuxième partie du numéro double du POINT, c’est Franz-Olivier Gisbert dit FOG, journaliste franco-américain et PDG de « LE POINT » qui ouvre le bal avec un édito où il site Nietzsche, en résumant l’œuvre de Nietzsche en meurtre « Nietzsche a tué Dieu », or Nietzsche n’a tué personne, et même s’il a réfuté les valeurs du christianisme, donc de l’église pour proposer un modèle de valeur en mettant l’homme devant tout et au centre de tout «le surhomme», il n’a pas tué Dieu, plutôt l’église et les valeurs qu’elle véhicule.
Voilà que le décor est planté, le sujet « Dieu » va être traité d’un point de vue occidentale et influencé par une culture judéo-chrétienne, on parlera des Dieux de toutes les religions ou presque, de toutes les civilisations ou presque à travers une vision unique celle de l’occident, si le recueil des témoignages se veut melting pot et haut en couleur, la critique ne sera pas objective et certaines informations s’avéreront erronées. A l’image de l’article de Jean d’Ormesson, un éternel membre de l’académie française, qui évoque Leibniz, Spinoza, Platon, saint-augustin, Jacques Monod et François Jacob et dresse un tableau pour mettre en avant les arguments des uns et des autres, les pours et les contres, ceux qui croient ou pas en l’existence de Dieu, à aucun moment dans cet article ou durant le dossier entier, l’on n’a cité un penseur arabe ou musulman, ni fait référence à Avicenne, Averroès, Al-Kindi, Al-Fârâbî , ou bien Ibn-Khaldoun pour ne citer que ceux-ci.
Et pourtant dans le vivier des penseurs arabo-musulmans se trouvent des philosophes, des scientifiques souvent pluridisciplinaires, de Bagdad du 8ème siècle à l’Andalousie du 12ème siècle, le monde arabo-musulman a offert à ce monde la fine fleur des savants, penseurs, mathématiciens, philosophes, médecins, cartographes, historiens et sociologues. Quelle est leur vision de Dieu ? Que pensent-ils de l’existence de Dieu ? Dans ce dossier nous ne le saurons jamais. En revanche nous savons que la communauté scientifique mondiale leurs doit beaucoup sinon tout, à titre d’exemple et sans s’attarder sur les détails, le savoir occidental a profité des traductions des œuvres des penseurs grecs effectuées par les savants arabes du 8ème siècle de Bagdad, au passage nous noterons donc leur absence criante d’un dossier qui aurait pu les concerner et auquel ils auraient pu y contribuer pour beaucoup.
Quelques pages plus loin, des témoignages d’acteurs, de producteurs, d’hommes d’église bref d’une élite qui exprime sa relation à Dieu, sa pensée et sa spiritualité, un reportage particulièrement plaisant attire l’attention sur une jeune femme américaine de 24 ans qui rentre dans les ordres et prend l’habit de nonne, sœur Marie-Thérèse du sacré cœur c’est ainsi qu’on l’appellera désormais, il s’agit d’un reportage de dix photos avec commentaires, réparti sur 7 pages, et qui met en valeur la vie du couvent new-yorkais, lieu du reportage, le visage de la future nonne rayonne entre deux portes, un sourire angélique témoigne de son bonheur et de sa joie pour sa future nouvelle vie, un reportage touchant qui nous dépeint un cadre idyllique, occupé par de belles personnes, cela respire l’innocence et la beauté, c’est la première fois que je vois un reportage aussi positif et aussi beau sur une femme qui va vêtir le voile, d’habitude, c’est des portraits de femmes opprimées et de sociétés rétrogrades surtout quand il s’agit du voile islamique.
Dans la continuité des reportages et parmi les élites qui s’expriment sur leur fois, deux représentants de la communauté musulmane, oui seulement deux, un rappeur français d’origine congolaise, et un mathématicien sénégalais, nos confrères du POINT excellent dans l’art de la diversité, cela dit, si l’on découpe et réunis le témoignage écrits de ces deux personnages, cela n’occuperait pas une page entière, loin de nous de contester l’intégrité des témoins encore moins l’intégrité du POINT, mais pour un prochain dossier, nous leurs suggérerons à titre d’exemples les personnes suivantes : Lauren Booth (belle-sœur de Tony Blair), Timothy Winter (professeur à Oxford), Merryl Wyn Davies (anthropologue et érudit musulmane) Sarah joseph (vedette de la télévision anglaise), Yussuf Islam plus connue sous le nom de Cat Stevens, tous sont représentants de la communauté musulmane, personnalités connues et médiatisées, à condition qu’on leur offre un espace plus important pour s’exprimer sur leurs fois et Dieu.
Jusque-là nous n’avons aucune réponse sur les questionnements relatifs à l’existence de Dieu, peut-être le témoignage des scientifiques nous éclairera-t-il ? Mais avant , nous relèverons un manquement de nos confrères du POINT concernant une date historique importante pour les religions, en effet entre la page 192 et la page 195, une échelle chronologique horizontale en bas de page retrace les évènements les plus importants et intitulée «L’homme et le sacré, une histoire qui dure depuis 5000 ans», depuis le néolithique jusqu’au siècle des lumières, toutes les dates importantes de l’histoire des religions sont citées sauf une, celle de la création de l’inquisition par le Pape Innocent III en 1199 ap-JC, pourquoi cette date serait-elle importante ? Parce que l’inquisition a mis sur le bûcher des femmes accusées de sorcellerie, mais a aussi condamner, opprimer et assassiner des savants et des scientifiques les accusant d’hérésie comme Copernic, De Servantes, Galilée, qui par son procès a inspiré à Descartes sa pensée et sa philosophie. Il est tout à fait normal que les scientifiques occidentaux se méfient des religions et des dieux, ils ont toujours combattu le dogme d’une église violente, pendant les siècles d’obscurantisme, ou cette même église détenait le savoir et prêchait la peur en comptant sur l’ignorance des hommes, le rejet des scientifiques du dogme religieux prend ici tout son sens, cela est vrai qu’au même moment où l’église lançait son inquisition et persécutait les penseurs et savants occidentaux, les savants du monde arabo-musulman jouissaient du soutien de l’establishment religieux, ils était eux-mêmes des références en religion, ce qui ne les a pas empêché de percer dans leur domaine scientifique, ils en avaient les moyens, les espaces, et toute la liberté de la découverte et du savoir. Des scientifiques musulmans contemporains existent et vivent leur fois sans aucun problèmes ni aucune forme de complexe, exemple feu le DR Maurice Bucaille (1920-1998) son œuvre peut nous suggérer quelques réponses concernant le sujet traité par LE POINT, mais malheureusement aucun des livres qu’il a écrit ni aucune référence à ses pensées n’a été proposée ni consulter dans ce dossier, dommage.
Les scientifiques, s’ils ne sont pas complètement athées, ils suggèrent la présence d’une forme ou d’une force intelligente, abstraite et non déterminé, mais ils s’interdisent de la définir comme Dieu ou de lui donner le nom de Dieu, entre les définitions de la physique et de la physique quantique, des biologistes philosophes et astrophysiciens, on même fait appel à l’ouvrage de Stephen Hawking, pour justifier l’improbable existence de Dieu, est-ce si surprenant de la part de scientifiques occidentaux ? bien sûr que non, à quoi cela aurait-il pu avancer de les questionner sur Dieu ?
Parler de dieux sans parler de leurs religions paraîtrait presque comme une hérésie, mais parler des religions en avançant de fausses informations aux lecteurs est plus grave que l’hérésie. En se basant sur les déclarations de Michael H. Hart concernant son livre qui classe les 100 hommes les plus influents de l’histoire de l’humanité : « Certains lecteurs seront peut-être étonnés de me voir placer Muhammad en tête des personnalités ayant exercer le plus d’influence en ce monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Muhammad est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les plans religieux et séculier. Quatorze siècles se sont écoulés, l’influence de Muhammad garde toujours son ampleur car il est le seul chef politique qui ait pu fonder un état prépondérant aussi bien religieusement que scientifiquement, et c’est pour cette raison qu’il a mérité le titre de l’homme le plus influent de l’histoire de l’humanité », nous pourrons encore citer Alphonse DE LA MARTINE ou Georges Bernard SHOW ou bien Thomas Carlyle. Nous signalerons par ailleurs l’article de Catherine GOLLIA dans ce dossier, qui a réduit le prophète Mohamed et ses compagnons à une horde d’assoiffés de sang et à des bandits de chemin affamés. L’art et la manière de détourner les vérités historiques pour se limiter aux effets d’annonce, les accusations sans fondement lancées contre le prophète de l’islam, ne lui causeront pas de tort, par contre les réflexions de Mme GOLLIA remettent en cause son honnêteté intellectuel, et engage sa crédibilité aux yeux des lecteurs et connaisseurs. Surtout quand on annonce en couverture « La vérité sur les prophètes ».
Le sujet de Dieu est un sujet vaste et lourd à traiter. Pour un hebdomadaire qui s’exporte dans plusieurs pays étrangers, un minimum de rigueur dans les recherches s’impose, nous ne sommes pas pour la censure, mais nous ne sommes pas non plus pour laisser passer des faussetés pareilles, après l’on a le droit de se demander pourquoi et pour quelle raison ce genre d’erreurs se glissent malgré l’abondance des références et des sources et lorsqu’il s’agit de prières, pourquoi publie-t-on une photo d’une communauté musulmane priant dans une caserne de pompiers devant une mosaïque de chaussures mise en avant plan, est-ce l’image que l’on a des prières des musulmans ou l’image que l’on veut véhiculer. De belles photos de prières ou de lieux saints ne manquent pas alors pourquoi choisi-t-on les pires.
L’enquête du POINT a fait ce qu’on attendait d’elle, créer le buzz et attiser les curiosités, mais fondamentalement, c’est un dossier vide qui ne répond pas aux attentes ni aux questions posées en couverture, il ne remplit pas sa part de contrat, celle d’informer et d’informer juste. Même dans les citations des textes saints, dans un même sujet sur un même texte, l’on se retrouve avec deux traductions différentes, en page 208 le verset 1 de sourate AL-Alaq commence par « Récite » et dans la page 209 le même verset de la même sourate commence par « Prêche », or dans le texte original ce n’est ni prêche ni récite, c’est « Lis ».
Il serait temps de revoir les priorités et de redéfinir la place des élites, de remettre en question le travail que font ceux qui détiennent le monopole, un reclassement les inciterait-ils à mieux faire dans l’avenir afin de mieux informer, informer juste et prendre en considération le poids de la responsabilité qui pèse sur leurs épaule au yeux d’un monde qui se réveille et qui les regarde, et n’a plus aujourd’hui l’intention de se taire.
Le double numéro du magazine « LEPOINT » paru en fin d’année 2011 n’a pas eu de chance car il n’a pas occupé sa place hebdomadaire sur les étals des marchands de journaux de certains pays arabes (Tunisie, Maroc, Arabie Saoudite…), à cause d’un dossier certainement jugé choquant, offusquant, ou même offensant pour les âmes sensibles des lecteurs des pays censeurs.
Dieu, telle est la question. Il s’agit d’une enquête qui traite de l’existence de Dieu, à travers des recueils de témoignages d’une Elite de bien-pensants de la société occidentale, mais aussi d’hommes et de femmes ayant une relation de près ou de loin avec la religion. Soixante-dix-neuf pages illustrées évoquant principalement les religions du monde, des histoires de prophètes et des pratiques religieuses, cela va sans dire qu’il y a le pour et le contre, ceux qui croient dur comme fer en l’existence d’un Dieu, et d’autres plus sceptiques en majorité les scientifiques qui mettent en avant la raison et le rationnel, agrémenté par de nombreuses images, iconographies et photos, l’enquête ou le dossier proposé par l’illustre hebdomadaire « LE POINT » crée le buzz.
En couverture, le ton est donné, en gros titre « Question et réponses sur l’existence de Dieu». Proposé en deuxième partie du numéro double du POINT, c’est Franz-Olivier Gisbert dit FOG, journaliste franco-américain et PDG de « LE POINT » qui ouvre le bal avec un édito où il site Nietzsche, en résumant l’œuvre de Nietzsche en meurtre « Nietzsche a tué Dieu », or Nietzsche n’a tué personne, et même s’il a réfuté les valeurs du christianisme, donc de l’église pour proposer un modèle de valeur en mettant l’homme devant tout et au centre de tout «le surhomme», il n’a pas tué Dieu, plutôt l’église et les valeurs qu’elle véhicule.

Voilà que le décor est planté, le sujet « Dieu » va être traité d’un point de vue occidentale et influencé par une culture judéo-chrétienne, on parlera des Dieux de toutes les religions ou presque, de toutes les civilisations ou presque à travers une vision unique celle de l’occident, si le recueil des témoignages se veut melting pot et haut en couleur, la critique ne sera pas objective et certaines informations s’avéreront erronées. A l’image de l’article de Jean d’Ormesson, un éternel membre de l’académie française, qui évoque Leibniz, Spinoza, Platon, saint-augustin, Jacques Monod et François Jacob et dresse un tableau pour mettre en avant les arguments des uns et des autres, les pours et les contres, ceux qui croient ou pas en l’existence de Dieu, à aucun moment dans cet article ou durant le dossier entier, l’on n’a cité un penseur arabe ou musulman, ni fait référence à Avicenne, Averroès, Al-Kindi, Al-Fârâbî , ou bien Ibn-Khaldoun pour ne citer que ceux-ci.
Et pourtant dans le vivier des penseurs arabo-musulmans se trouvent des philosophes, des scientifiques souvent pluridisciplinaires, de Bagdad du 8ème siècle à l’Andalousie du 12ème siècle, le monde arabo-musulman a offert à ce monde la fine fleur des savants, penseurs, mathématiciens, philosophes, médecins, cartographes, historiens et sociologues. Quelle est leur vision de Dieu ? Que pensent-ils de l’existence de Dieu ? Dans ce dossier nous ne le saurons jamais. En revanche nous savons que la communauté scientifique mondiale leurs doit beaucoup sinon tout, à titre d’exemple et sans s’attarder sur les détails, le savoir occidental a profité des traductions des œuvres des penseurs grecs effectuées par les savants arabes du 8ème siècle de Bagdad, au passage nous noterons donc leur absence criante d’un dossier qui aurait pu les concerner et auquel ils auraient pu y contribuer pour beaucoup.
Quelques pages plus loin, des témoignages d’acteurs, de producteurs, d’hommes d’église bref d’une élite qui exprime sa relation à Dieu, sa pensée et sa spiritualité, un reportage particulièrement plaisant attire l’attention sur une jeune femme américaine de 24 ans qui rentre dans les ordres et prend l’habit de nonne, sœur Marie-Thérèse du sacré cœur c’est ainsi qu’on l’appellera désormais, il s’agit d’un reportage de dix photos avec commentaires, réparti sur 7 pages, et qui met en valeur la vie du couvent new-yorkais, lieu du reportage, le visage de la future nonne rayonne entre deux portes, un sourire angélique témoigne de son bonheur et de sa joie pour sa future nouvelle vie, un reportage touchant qui nous dépeint un cadre idyllique, occupé par de belles personnes, cela respire l’innocence et la beauté, c’est la première fois que je vois un reportage aussi positif et aussi beau sur une femme qui va vêtir le voile, d’habitude, c’est des portraits de femmes opprimées et de sociétés rétrogrades surtout quand il s’agit du voile islamique.
Dans la continuité des reportages et parmi les élites qui s’expriment sur leur fois, deux représentants de la communauté musulmane, oui seulement deux, un rappeur français d’origine congolaise, et un mathématicien sénégalais, nos confrères du POINT excellent dans l’art de la diversité, cela dit, si l’on découpe et réunis le témoignage écrits de ces deux personnages, cela n’occuperait pas une page entière, loin de nous de contester l’intégrité des témoins encore moins l’intégrité du POINT, mais pour un prochain dossier, nous leurs suggérerons à titre d’exemples les personnes suivantes : Lauren Booth (belle-sœur de Tony Blair), Timothy Winter (professeur à Oxford), Merryl Wyn Davies (anthropologue et érudit musulmane) Sarah joseph (vedette de la télévision anglaise), Yussuf Islam plus connue sous le nom de Cat Stevens, tous sont représentants de la communauté musulmane, personnalités connues et médiatisées, à condition qu’on leur offre un espace plus important pour s’exprimer sur leurs fois et Dieu.
Jusque-là nous n’avons aucune réponse sur les questionnements relatifs à l’existence de Dieu, peut-être le témoignage des scientifiques nous éclairera-t-il ? Mais avant , nous relèverons un manquement de nos confrères du POINT concernant une date historique importante pour les religions, en effet entre la page 192 et la page 195, une échelle chronologique horizontale en bas de page retrace les évènements les plus importants et intitulée «L’homme et le sacré, une histoire qui dure depuis 5000 ans», depuis le néolithique jusqu’au siècle des lumières, toutes les dates importantes de l’histoire des religions sont citées sauf une, celle de la création de l’inquisition par le Pape Innocent III en 1199 ap-JC, pourquoi cette date serait-elle importante ? Parce que l’inquisition a mis sur le bûcher des femmes accusées de sorcellerie, mais a aussi condamner, opprimer et assassiner des savants et des scientifiques les accusant d’hérésie comme Copernic, De Servantes, Galilée, qui par son procès a inspiré à Descartes sa pensée et sa philosophie. Il est tout à fait normal que les scientifiques occidentaux se méfient des religions et des dieux, ils ont toujours combattu le dogme d’une église violente, pendant les siècles d’obscurantisme, ou cette même église détenait le savoir et prêchait la peur en comptant sur l’ignorance des hommes, le rejet des scientifiques du dogme religieux prend ici tout son sens, cela est vrai qu’au même moment où l’église lançait son inquisition et persécutait les penseurs et savants occidentaux, les savants du monde arabo-musulman jouissaient du soutien de l’establishment religieux, ils était eux-mêmes des références en religion, ce qui ne les a pas empêché de percer dans leur domaine scientifique, ils en avaient les moyens, les espaces, et toute la liberté de la découverte et du savoir. Des scientifiques musulmans contemporains existent et vivent leur fois sans aucun problèmes ni aucune forme de complexe, exemple feu le DR Maurice Bucaille (1920-1998) son œuvre peut nous suggérer quelques réponses concernant le sujet traité par LE POINT, mais malheureusement aucun des livres qu’il a écrit ni aucune référence à ses pensées n’a été proposée ni consulter dans ce dossier, dommage.
Les scientifiques, s’ils ne sont pas complètement athées, ils suggèrent la présence d’une forme ou d’une force intelligente, abstraite et non déterminé, mais ils s’interdisent de la définir comme Dieu ou de lui donner le nom de Dieu, entre les définitions de la physique et de la physique quantique, des biologistes philosophes et astrophysiciens, on même fait appel à l’ouvrage de Stephen Hawking, pour justifier l’improbable existence de Dieu, est-ce si surprenant de la part de scientifiques occidentaux ? bien sûr que non, à quoi cela aurait-il pu avancer de les questionner sur Dieu ?
Parler de dieux sans parler de leurs religions paraîtrait presque comme une hérésie, mais parler des religions en avançant de fausses informations aux lecteurs est plus grave que l’hérésie. En se basant sur les déclarations de Michael H. Hart concernant son livre qui classe les 100 hommes les plus influents de l’histoire de l’humanité : « Certains lecteurs seront peut-être étonnés de me voir placer Muhammad en tête des personnalités ayant exercer le plus d’influence en ce monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Muhammad est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les plans religieux et séculier. Quatorze siècles se sont écoulés, l’influence de Muhammad garde toujours son ampleur car il est le seul chef politique qui ait pu fonder un état prépondérant aussi bien religieusement que scientifiquement, et c’est pour cette raison qu’il a mérité le titre de l’homme le plus influent de l’histoire de l’humanité », nous pourrons encore citer Alphonse DE LA MARTINE ou Georges Bernard SHOW ou bien Thomas Carlyle. Nous signalerons par ailleurs l’article de Catherine GOLLIA dans ce dossier, qui a réduit le prophète Mohamed et ses compagnons à une horde d’assoiffés de sang et à des bandits de chemin affamés. L’art et la manière de détourner les vérités historiques pour se limiter aux effets d’annonce, les accusations sans fondement lancées contre le prophète de l’islam, ne lui causeront pas de tort, par contre les réflexions de Mme GOLLIA remettent en cause son honnêteté intellectuel, et engage sa crédibilité aux yeux des lecteurs et connaisseurs. Surtout quand on annonce en couverture « La vérité sur les prophètes ».
Le sujet de Dieu est un sujet vaste et lourd à traiter. Pour un hebdomadaire qui s’exporte dans plusieurs pays étrangers, un minimum de rigueur dans les recherches s’impose, nous ne sommes pas pour la censure, mais nous ne sommes pas non plus pour laisser passer des faussetés pareilles, après l’on a le droit de se demander pourquoi et pour quelle raison ce genre d’erreurs se glissent malgré l’abondance des références et des sources et lorsqu’il s’agit de prières, pourquoi publie-t-on une photo d’une communauté musulmane priant dans une caserne de pompiers devant une mosaïque de chaussures mise en avant plan, est-ce l’image que l’on a des prières des musulmans ou l’image que l’on veut véhiculer. De belles photos de prières ou de lieux saints ne manquent pas alors pourquoi choisi-t-on les pires.
L’enquête du POINT a fait ce qu’on attendait d’elle, créer le buzz et attiser les curiosités, mais fondamentalement, c’est un dossier vide qui ne répond pas aux attentes ni aux questions posées en couverture, il ne remplit pas sa part de contrat, celle d’informer et d’informer juste. Même dans les citations des textes saints, dans un même sujet sur un même texte, l’on se retrouve avec deux traductions différentes, en page 208 le verset 1 de sourate AL-Alaq commence par « Récite » et dans la page 209 le même verset de la même sourate commence par « Prêche », or dans le texte original ce n’est ni prêche ni récite, c’est « Lis ».
Il serait temps de revoir les priorités et de redéfinir la place des élites, de remettre en question le travail que font ceux qui détiennent le monopole, un reclassement les inciterait-ils à mieux faire dans l’avenir afin de mieux informer, informer juste et prendre en considération le poids de la responsabilité qui pèse sur leurs épaule au yeux d’un monde qui se réveille et qui les regarde, et n’a plus aujourd’hui l’intention de se taire.





Marwan Khouri - ßá ÇáÞÕÇÆÏ
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